Le ministre des travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi a ouvert les travaux de la Conférence semestrielle des Services centraux et déconcentrés du Ministère des Travaux Publics (MINTP), le 5 février 2026, à Yaoundé. Placée sous le thème évocateur « Relèvement du réseau routier à l’aune du septennat des Grandes Espérances : un enjeu de la relance économique », cette rencontre s’est tenue en présence de ses pairs issus des Ministères de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) et des Marchés publics (MINMAP). Elle souligne la détermination du gouvernement à prioriser la réhabilitation et la modernisation des infrastructures routières, considérées comme un levier essentiel pour la croissance et le développement durable du pays, dans une conjoncture économique qui exige des stratégies audacieuses et une gouvernance renforcée.

Cette assise ministérielle se déroule dans un contexte où le réseau routier national, épine dorsale de l’économie, est confronté à d’importants défis. De nombreux axes structurants, tels que les corridors Yaoundé–Douala et Bekoko–Pont du Nkam–Bandjoun, ainsi que les routes Yaoundé–Ayos–Bonis, Bertoua–Garoua Boulaï, Edéa–Kribi et Bekoko–Limbé–Idénau, présentent des signes de dégradation significatifs nécessitant des interventions urgentes et planifiées. Bien que des avancées remarquables aient été enregistrées, matérialisées par le bitumage de 2 460 km de routes sur une cible ambitieuse de 3 000 km dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement (SND30), la préservation du patrimoine routier actuel et l’extension de son maillage demeurent une priorité absolue.
Le Ministre des Travaux Publics a, dans son allocution d’ouverture, explicitement indiqué que l’action du MINTP pour l’année 2026 sera résolument axée sur des interventions d’urgence visant à améliorer la praticabilité des axes stratégiques, parallèlement à une dynamique de reconstruction soutenue par des Partenaires Techniques et Financiers (PTF). Il a précisé que si de nombreux projets ont été menés à terme sous l’égide du « Septennat des Grandes Opportunités », d’autres continuent leur cours, des initiatives nouvelles sont lancées et un ensemble de programmations futures est déjà défini, témoignant d’une vision multilatérale et d’une planification stratégique de long terme pour le secteur.

Au bilan dressé au 31 décembre 2025, il ressort que 2 442 km de nouvelles routes ont été livrées, approchant l’objectif intermédiaire de 3 600 km fixé par la SND30, avec un linéaire de 1 158 km restant à bitumer pour atteindre l’amition totale. Parmi les axes routiers majeurs achevés, on peut citer les réalisations significatives sur le tronçon Batchenga–Ntui–Yoko–Lena–Tibati–Ngatt, le corridor Olama–Bingambo, les routes Sangmélima–Bikoula–Djoum, Maroua–Mora, Mintom–Lele–Ntam, Maroua–Bogo et Grand-Zambi–Kribi. Parallèlement, 832,54 km de routes bitumées ont bénéficié de travaux de réhabilitation sur un objectif intermédiaire de 1 800 km, laissant un écart de 967 km à combler. Des sections importantes comme Yaoundé–Bafoussam–Babadjou–Bamenda figurent au rang des axes réhabilités et offerts à la circulation. Les efforts de déploiement continuent activement sur des corridors stratégiques en cours de réalisation, à l’image des travaux entre Mora–Dabanga–Kousseri et sur l’axe vital Ngaoundéré–Garoua.

La rencontre a également été une plateforme d’échanges fructueux entre les principaux acteurs du secteur des Travaux Publics et de l’Ingénierie, axés sur l’amélioration continue des performances dans la conduite des projets routiers. Les discussions ont porté sur des leviers essentiels tels que le renforcement de la gouvernance, l’encouragement de l’utilisation des matériaux locaux pour une plus grande résilience et une économie durable, une contractualisation plus rigoureuse, un suivi optimisé des projets sur le terrain, et une maîtrise budgétaire stricte de l’exécution du budget 2026, particulièrement dans un contexte de ressources financières contraintes. Un point d’attention particulier a été accordé aux mesures visant à consolider l’application des techniques HIMO (Hautes Intensités de Main d’œuvre) dans les travaux routiers, une approche favorisant l’insertion socioprofessionnelle et le développement local.

Les échanges profonds et constructifs menés durant cette conférence aboutiront à des recommandations concrètes visant à \”faire davantage dans un environnement économique et financier préoccupant\”, comme l’a souligné le MINTP. Les travaux prendront fin le 6 février 2026, par la restitution des conclusions des groupes de travail et une cérémonie d’échanges de vœux, marquant ainsi la clôture de cet événement stratégique et le lancement de nouvelles dynamiques pour le secteur des Travaux Publics.
Oscar Abessolo, source, Mintp


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