Axée sur la rigueur et l’anticipation, c’est cette démarche stratégique qui anime le Ministère des Travaux Publics (MINTP) dans sa gestion budgétaire. La conférence semestrielle en cours a donné l’occasion à ce département ministériel de dresser un bilan des performances réalisées, tout en esquissant les contours des ajustements nécessaires pour optimiser la mobilisation et l’allocation des ressources financières. L’objectif principal demeure la consolidation des acquis et l’amélioration continue de l’efficacité opérationnelle du ministère, garantissant ainsi la vitalité des infrastructures nationales.

Les travaux placés sous la modération avisée de Monsieur Essai Moussa, Administrateur du Fonds Routier, a vu Abanda Joseph, Directeur des Affaires Générales, présenter une analyse approfondie des indicateurs budgétaires. Cette réunion, rassemblant les services centraux et déconcentrés, a offert une plateforme essentielle pour évaluer les avancées, identifier les points de friction et définir collectivement les orientations futures. Si les performances passées sont à souligner, une vigilance constante et une adaptation proactive aux évolutions macroéconomiques et réglementaires s’imposent pour relever les défis à venir.
Les chiffres présentés témoignent de la complexité de la gestion des finances publiques, particulièrement dans un contexte marqué par des réaménagements budgétaires. Suite à l’ordonnance du 11 juillet 2025, modifiant la loi de finances, le budget du MINTP a connu une révision significative, passant de 638,576 milliards FCFA à 611,488 milliards FCFA. Cette baisse, représentant une diminution de 4,42 %, s’est spécifiquement concentrée sur les ressources externes. Il est à noter que cette contraction, bien que notable, n’a pas eu d’impact préjudiciable majeur sur la capacité du ministère à déployer et exécuter ses programmes et activités. Le budget définitif s’est ainsi structuré autour de 110,736 milliards FCFA dédiés au fonctionnement, incluant une provision de 50 milliards FCFA pour le Fonds Routier et 44 milliards FCFA destinés au paiement des loyers dans le cadre des projets de Partenariats Public-Privé (PPP). L’investissement public, quant à lui, a mobilisé la majeure partie des fonds, s’élevant à 500,752 milliards FCFA, répartis entre les ressources d’origine interne et externe.

L’examen de l’exécution budgétaire au 31 décembre 2025 a révélé une maîtrise opérationnelle particulièrement encourageante concernant les ressources internes gérées centralement. Ces ressources ont atteint un taux d’engagement de 235 milliards FCFA sur une dotation globale de 235,7 milliards FCFA, soit un taux d’exécution impressionnant de 99,7 %. Ce résultat témoigne d’une excellente appropriation des procédures administratives et financières par les services compétents et d’une exécution rigoureuse des engagements.
Au-delà des engagements globaux, la Direction des Affaires Générales a géré un volume conséquent de projets de contrats. Au total, 164 projets ont été soumis, représentant une valeur financière globale de 164,79 milliards FCFA. Parmi ceux-ci, une large majorité, soit 133 contrats, ont reçu le visa budgétaire nécessaire pour une enveloppe totalisant 156,95 milliards FCFA. Cependant, un nombre de 31 contrats, d’une valeur de 7,84 milliards FCFA, sont restés en attente de visa, soulignant des points de blocage potentiels qui nécessitent une attention particulière afin de ne pas retarder le lancement des projets associés. Parallèlement, à l’approche du nouvel exercice, les décomptes en attente d’engagement sous le budget 2026 s’accumulent à un montant de 83,76 milliards FCFA, une situation qui appelle impérativement une gestion des priorités d’une rigueur absolue.
Pour l’exercice 2026, le MINTP a annoncé l’intégration de plusieurs mesures nouvelles visant à optimiser les processus et à renforcer l’efficacité. L’une des innovations majeures est la prise en compte obligatoire de l’approche à Haute Intensité de Main-d’Œuvre (HIMO) dans les marchés de travaux publics lorsque cela est pertinent. Cette approche vise à favoriser la création d’emplois locaux et le développement des compétences, tout en assurant la qualité des ouvrages. Par ailleurs, afin d’améliorer significativement le taux d’exécution des projets d’infrastructures, il est désormais requis que la signature des marchés planifiés intervienne avant la fin du premier trimestre, soit avant fin avril 2026. Cette mesure vise à fluidifier la chaîne d’exécution et à éviter les retards récurrents.
En matière de contrôle et de sécurité financière, les dispositifs sont renforcés, notamment à travers la mise en place de l’authentification numérique du Certificat de Non Exclusion. Cette initiative vise à garantir la régularité et la légalité des entreprises candidates aux marchés publics et à lutter contre la fraude. Dans un esprit de rationalisation des dépenses publiques, la circulaire budgétaire pour 2026 clarifie désormais un point crucial relatif à la rémunération des agents publics mis en détachement : cette charge incombera désormais entièrement à la structure d’accueil. Cette directive vise à prévenir les doubles paiements et à optimiser l’allocation des ressources au sein de l’administration publique.
Fort de ces clarifications et avec la volonté affirmée de consolider ses performances, le MINTP place l’anticipation au cœur de sa stratégie opérationnelle. Plusieurs leviers sont actionnés pour maintenir un niveau d’exécution budgétaire élevé et stable. Parmi eux figurent la notification précoce des crédits alloués aux collectivités territoriales, permettant à ces dernières d’engager leurs procédures plus sereinement. La passation anticipée des marchés pour les ouvrages critiques, qu’il s’agisse d’ouvrages effondrés ou de routes coupées, est également une priorité pour assurer une réactivité maximale en cas de besoin. L’élaboration proactive de plans de passation et d’engagement des dépenses, la mobilisation efficace des fonds de contrepartie nécessaires au financement des projets, ainsi que l’apurement rigoureux des restes à payer issus des exercices antérieurs, sont autant de démarches structurantes. Enfin, la préparation du lancement prochain de l’application PROBMIS IA (Programme de Budget et de Modernisation des Systèmes d’Information) promet de révolutionner la gestion et le suivi des projets, en intégrant des outils d’intelligence artificielle pour une meilleure prise de décision et une efficacité accrue. Ces mesures, prises dans leur ensemble, dessinent une trajectoire résolue vers l’excellence dans la gestion des travaux publics et la concrétisation des ambitions nationales en matière d’infrastructures.
Oscar Abessolo, Source, Mintp


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