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Insalubrité à Yaoundé : la commune de Yaoundé 5 confirme son statut de modèle d’exception

Alors que la capitale politique camerounaise semble s’enliser sous une crise de gestion des déchets ménagers de plus en plus préoccupante, une municipalité refuse de céder à la fatalité. Sous l’impulsion de son maire, Augustin Bala, la commune d’arrondissement de Yaoundé 5 s’illustre une nouvelle fois par une démonstration de force dans la lutte contre l’insalubrité. Récemment sacrée commune la plus propre du département du Mfoundi, elle s’apprête désormais à représenter le siège des institutions au concours national « Ville Propre », dont le verdict final est attendu dans les prochaines semaines.

Le contraste est saisissant, presque irréel, pour quiconque traverse la cité capitale en ces temps de crise sanitaire et environnementale. Dans de nombreuses communes d’arrondissement de Yaoundé, le paysage urbain s’est dégradé au point d’offrir un spectacle désolant : les bacs à ordures, saturés depuis des jours, voire des semaines, débordent massivement sur les trottoirs et finissent par grignoter la chaussée. Dans certains quartiers populeux, ces montagnes de détritus imposent une nouvelle loi aux automobilistes et aux piétons, contraints d’opérer des déviations périlleuses ou de circuler en file indienne pour contourner des monticules de déchets qui dégagent des odeurs pestilentielles. Cette situation, qui frise l’urgence de santé publique, semble pourtant épargner un bastion de résistance citoyenne. À Yaoundé 5, l’ordre et la propreté ne sont pas de vains mots, mais une réalité palpable qui s’offre au regard du visiteur dès qu’il franchit les limites territoriales de cette municipalité.

Cette performance remarquable n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’une stratégie rigoureuse et d’une volonté politique inébranlable. Si ailleurs l’on pointe du doigt les défaillances de la société collectrice habituelle, Yaoundé 5 a choisi d’anticiper en diversifiant ses leviers d’action. En plus des passages réguliers de la société Hysacam, l’exécutif municipal a pris le pari de l’autonomie et de la proximité en signant des partenariats stratégiques avec plusieurs entreprises privées spécialisées dans la collecte et le traitement des ordures ménagères. Cette approche hybride permet de couvrir les zones parfois délaissées par les grands circuits de collecte et assure une réactivité optimale face à l’accumulation des déchets. La municipalité ne se contente plus d’attendre l’intervention de l’État ou des prestataires nationaux ; elle prend son destin environnemental en main, investissant des ressources propres pour garantir un cadre de vie sain à ses administrés.

L’un des piliers de cette réussite repose indéniablement sur l’implication de la jeunesse locale. Le maire Augustin Bala a fait le choix audacieux d’allier propreté urbaine et insertion sociale en engageant plus de 600 jeunes au sein de sa commune. Ces « soldats de l’environnement » sont déployés quotidiennement sur l’ensemble du territoire communal pour assurer le balayage des rues, le curage des caniveaux et la sensibilisation des ménages aux bonnes pratiques d’hygiène. Cette force de frappe humaine permet de maintenir les rues dans un état de propreté constant, même en période de forte production de déchets. En transformant la lutte contre l’insalubrité en un véritable gisement d’emplois saisonniers et permanents, la mairie de Yaoundé 5 fait d’une pierre deux coups : elle redonne de la dignité à sa jeunesse tout en embellissant son paysage urbain. Ces jeunes, équipés et encadrés, sont devenus les ambassadeurs d’une citoyenneté active, prouvant que la propreté d’une ville est d’abord une question d’organisation humaine avant d’être une question de gros moyens technologiques.

Ce récent sacre au niveau départemental vient confirmer une trajectoire d’excellence qui s’inscrit dans la durée. Il convient de rappeler que la commune de Yaoundé 5 n’est pas une novice sur le podium de la propreté au Cameroun. Il y a quelques années, elle avait déjà décroché le titre prestigieux de commune la plus propre du pays, une distinction qui avait marqué les esprits et suscité une saine émulation. Contrairement à d’autres municipalités qui peinent à maintenir leurs standards après avoir reçu un prix, Yaoundé 5 a su faire preuve d’une résilience rare. Elle demeure l’une des rares communes du pays à s’être maintenue de façon quasi ininterrompue dans le « top 10 » national après son sacre initial. Cette constance témoigne de la mise en place d’un système pérenne, capable de survivre aux aléas budgétaires et aux changements de priorités. La propreté est ici devenue une culture, une marque de fabrique que l’exécutif municipal défend avec une fierté légitime.

Alors que les résultats du concours national « Ville Propre » sont attendus avec impatience, les yeux sont rivés sur cette municipalité qui porte désormais les espoirs de tout le département du Mfoundi. Au-delà de la compétition, l’exemple de Yaoundé 5 interpelle les autres maires de la capitale. Il démontre qu’avec une gestion rigoureuse, des partenariats innovants et une implication réelle de la communauté, il est possible de vaincre la fatalité de la saleté urbaine. Dans un contexte où Yaoundé cherche à redorer son blason de « ville aux sept collines », la méthode Augustin Bala apparaît comme une boussole. La bataille pour la propreté est loin d’être gagnée à l’échelle de la métropole, mais Yaoundé 5 prouve chaque jour qu’il est possible de transformer une vision politique en une réalité quotidienne, pour le bien-être de tous.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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