Sept ans. C’est le temps qu’il aura fallu aux habitants de Nkolndom-Carrière pour voir le précieux liquide couler à nouveau dans leurs concessions. Ce 18 septembre 2026 marque une rupture nette avec une ère de pénurie chronique qui avait fini par façonner le quotidien des riverains. Grâce à une intervention technique au carrefour Fouda, la Camwater redonne vie à un quartier longtemps contraint aux files d’attente interminables et aux systèmes D.

Pour comprendre l’ampleur du soulagement actuel, il faut se replonger dans le quotidien de ces sept dernières années. Dans ce secteur de Yaoundé, la vie était réglée par la rareté. Dès l’aube, les silhouettes des riverains, seaux en main, arpentaient les rues à la recherche de points de vente informels ou de forages privés dont le coût pesait lourdement sur les budgets des ménages. Ce n’était pas seulement une question de confort, mais un défi quotidien où chaque goutte était comptée. La pénurie imposait un rythme épuisant, marqué par des corvées physiques et une dépendance constante envers des ressources incertaines. Pour beaucoup, l’image du robinet sec était devenue une fatalité, presque une normalité géographique dont personne ne pensait pouvoir s’extraire.
Le basculement s’est opéré au carrefour Fouda. Sous l’impulsion du Dr Blaise Moussa, Directeur Général de la Camwater, une stratégie de réhabilitation a été déployée avec une intensité particulière. Une équipe dédiée, composée du Chef de Secteur Nord et du Sous-directeur Technique, a orchestré une manœuvre de terrain décrite par les observateurs locaux comme titanesque. L’objectif était de renforcer le réseau existant pour rétablir une pression suffisante là où elle avait disparu depuis près d’une décennie. Durant plusieurs jours, le ballet des engins et l’expertise des techniciens ont transformé le carrefour en un chantier à ciel ouvert, où la coordination était le maître-mot pour éviter toute erreur de branchement.

La remise en eau a révélé une efficacité technique remarquable. Dès les premiers essais, la pression a surpris par sa régularité. Plus impressionnant encore, l’eau a atteint le sommet de la colline, ce point culminant qui, jusqu’alors, était systématiquement ignoré par les flux du réseau. Ce succès technique démontre que le relief accidenté de Yaoundé ne doit plus être une excuse pour l’absence de service. La maîtrise des flux et l’ajustement des infrastructures au carrefour Fouda ont prouvé qu’une planification rigoureuse permet de vaincre les contraintes topographiques qui privaient des centaines de foyers d’un accès basique.
Sur le terrain, l’ambiance a radicalement changé. Là où régnait la tension des files d’attente, on observe désormais le calme retrouvé des ménages qui n’ont plus à s’inquiéter de leur réserve quotidienne. Les habitants expriment un soulagement unanime : le retour du flux dans les canalisations domestiques est perçu comme une renaissance pour Nkolndom-Carrière. Il ne s’agit pas seulement de technique, mais de dignité retrouvée pour ces familles qui, désormais, peuvent compter sur une eau courante disponible, stable et accessible sans les tracasseries d’antan.
Le travail ne s’arrête pas à cette première victoire. Consciente que le besoin demeure immense, la direction de la Camwater a déjà défini la prochaine étape de sa stratégie. Dès la semaine prochaine, une vaste campagne de branchement sera lancée. L’ambition est de raccorder définitivement plusieurs centaines de foyers qui, bien qu’à proximité immédiate des conduites principales, restaient jusqu’ici exclus du réseau officiel. Ce projet vise à pérenniser l’accès à l’eau potable en transformant chaque raccordement en un engagement de service public durable. Pour les résidents de Nkolndom-Carrière, ces travaux ne représentent pas seulement une amélioration ponctuelle, mais la promesse d’une stabilité retrouvée, ancrée dans une gestion opérationnelle qui, après sept années d’oubli, a su placer le besoin des populations au cœur de ses priorités techniques.
Oscar Abessolo

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