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Yaoundé 4: la méthode choc d’Alexandre Essomba pour sauver la fin du mandat

Le Dr Alexandre Thomas Essomba, Maire par intérim depuis le décès de Gabriel Biyina Effila, a transformé le paysage politique de Yaoundé IV en remplaçant les discours partisans par l’action directe sur le terrain. Face à l’enclavement chronique de certains quartiers, l’administration communale a opté pour une stratégie d’intervention lourde et immédiate, marquant une rupture nette avec la gestion habituelle des infrastructures.

La disparition de Gabriel Biyina Effila a laissé un vide que beaucoup craignaient de voir se transformer en inertie administrative. Pourtant, le Dr Alexandre Thomas Essomba a refusé d’attendre la période de deuil pour engager la machine municipale. Dès sa prise de fonction, le nouveau Maire par intérim a compris que la légitimité ne s’acquerrait pas dans les bureaux de l’Hôtel de ville, mais dans les zones les plus délaissées de la commune. Cette approche, qualifiée par certains observateurs locaux de méthode choc, est avant tout une réponse aux urgences sanitaires et infrastructurelles qui paralysaient le quotidien des riverains depuis plusieurs décennies. Le 17 septembre 2026, l’opération lancée à Mimboman a illustré cette nouvelle donne.

À Mimboman, précisément derrière le centre Don Bosco, les habitants vivaient avec une montagne d’ordures qui obstruait totalement la voie publique. Ce n’était pas un simple désagrément esthétique, mais un véritable blocage économique et social. La circulation était coupée, et les services d’urgence ne pouvaient plus accéder aux habitations. En arrivant sur les lieux, accompagné du Sous-Préfet, le Dr Essomba n’a pas convoqué de commission technique. Il a fait débarquer les engins lourds de la voirie municipale et le Service d’Hygiène. Pendant plusieurs heures, le ballet des camions bennes et le vrombissement des engins ont rythmé la journée, évacuant des tonnes de déchets accumulés sur des mois, voire des années. Lorsque la chaussée a été dégagée, c’est tout un quartier qui a repris son souffle, prouvant que la volonté politique peut, en une matinée, résoudre des blocages que la bureaucratie laissait pourrir.

Le lendemain, vendredi 18 septembre, le choc s’est déplacé vers Kondengui. Ici, le défi était différent. Sur l’axe reliant la Prison Centrale à la station Mobil, l’état de la voirie était critique. Selon les témoignages recueillis auprès de M. Ekobena, responsable technique du chantier, aucun entretien sérieux n’avait été effectué sur ce tronçon depuis 1970. Cinquante-cinq ans d’oubli, de nids-de-poule profonds et de poussière constante. À quinze heures, sous l’impulsion directe du Maire, les niveleuses sont entrées en action pour un reprofilage de fond. La scène était presque irréelle pour les habitants qui, habitués au désintérêt des autorités, ne croyaient plus possible une telle intervention. Cette opération a agi comme une réconciliation symbolique entre la mairie et une population qui se sentait reléguée aux marges de la capitale.

Derrière ces interventions spectaculaires, il existe une structure de gouvernance que le Dr Essomba appelle le triumvirat de la Renaissance. Ce groupe de travail réunit l’Honorable Essono Francis Lin Mathieu, qui définit la vision stratégique à long terme, le Sous-Préfet Akondi Elvis Mbahangwen, garant de la rigueur administrative indispensable pour débloquer les moyens communaux, et enfin le Maire Essomba, qui assure l’exécution technique. Cette synergie est ce qui différencie cette période de gestion des mandats précédents. La mairie ne se contente plus de parler de développement ; elle le matérialise sur le sol avec une feuille de route claire.

Le calendrier est désormais affiché : un quartier reprofilé chaque semaine, dans la limite des capacités financières de la commune. Les opérations d’assainissement systématique sont programmées les mardis et les jeudis, tandis qu’un effort particulier est mis sur l’éclairage public pour sécuriser les zones les plus denses. Ce plan est réaliste. Il ne promet pas de bitumer l’intégralité des routes de l’arrondissement, car les moyens communaux ne le permettraient pas, mais il garantit une voie praticable, un environnement salubre et une régularité de service qui manquait cruellement.

Il est intéressant de noter que cette approche est avant tout politique. Dans un bastion acquis au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), la mairie a compris que le discours partisan commençait à s’essouffler devant la réalité des besoins des administrés. Pour sauver la fin de ce mandat municipal, il fallait impérativement transformer les attentes en résultats tangibles. En agissant ainsi, le Dr Essomba envoie un message clair : l’institution municipale est redevenue un outil opérationnel.

Le défi qui attend désormais l’équipe est de maintenir ce rythme sur la durée. Désenclaver physiquement les quartiers à la topographie difficile de Yaoundé IV demande une constance à toute épreuve, notamment lors de la saison des pluies. L’assainissement doit également devenir un réflexe citoyen, et non seulement une intervention ponctuelle de la mairie. Pourtant, l’enthousiasme visible lors des récentes opérations montre que la population est prête à suivre cette dynamique.

La prochaine démonstration est déjà annoncée à Nkolndongo, un quartier qui fait face à des problématiques de drainage similaires. Les riverains attendent de voir si la méthode Essomba produira les mêmes résultats. Le compte à rebours est lancé. Pour le Maire par intérim, chaque semaine passée est une occasion de démontrer que le discours est clos. Désormais, seul l’état des routes et la propreté des rues serviront d’indicateurs de performance. À Yaoundé IV, le RDPC a choisi de se définir non plus par ses promesses, mais par la trace laissée par ses engins de chantier dans la boue des quartiers les plus enclavés.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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