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Football Féminin au Cameroun : un carton rouge contre les féminicides et les violences

Au-delà du spectacle sportif et de l’enjeu du trophée, la finale de la Coupe du Cameroun de football féminin, opposant Louves Minproff à Lekié Football Filles, le 23 aout 2026, au stade Annex omnisports n°1, s’est transformée en une puissante plateforme de plaidoyer social. Sous l’impulsion du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille et en collaboration avec la FECAFOOT, cette rencontre a servi de levier pour sensibiliser le public sur la lutte contre les féminicides, les infanticides et toutes les formes de violences faites aux femmes et aux enfants. Une mobilisation sans précédent qui marque le début d’une ère où le football devient le porte-voix des sans-voix.

Le stade Annex omnisports n°1 de Yaoundé a vibré, non seulement sous les acclamations des supporters, mais aussi sous le poids de messages porteurs d’espoir et de justice. Dès le coup d’envoi à 15h, l’atmosphère était singulière. Si l’affrontement entre Louves Minproff et Lekié Football Filles promettait un spectacle de haute facture technique, c’est le message floqué sur les maillots et les banderoles ceignant la pelouse qui a capté toute l’attention. « Stop aux féminicides », « Protégeons nos enfants » : le football camerounais a choisi son camp, celui de la vie et du respect de la dignité humaine.

Cette initiative, portée par le Minproff, s’inscrit dans une volonté de vulgarisation massive des droits fondamentaux. En utilisant la ferveur populaire du football, le ministère a réussi à toucher un public hétérogène, des familles aux jeunes supporters. Au cœur de cette campagne, une ressource essentielle a été mise en lumière : le 116. Ce numéro vert, gratuit et accessible, est l’outil de dénonciation mis à la disposition de toutes les victimes et témoins de violences. La sensibilisation a rappelé que le silence est le premier complice du crime, et que chaque citoyen détient désormais, au bout des doigts, le pouvoir de briser le cycle de la maltraitance.

L’image la plus marquante de cette journée restera sans doute celle de la tribune d’honneur lors de la remise du trophée. Dans un élan de solidarité institutionnelle, Samuel Eto’o, Président de la Fecafoot s’est affiché aux côtés de Marie-Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille. À leurs côtés, la capitaine emblématique des Lionnes Indomptables, Aboudi Onguéné, et la vice-présidente de la FECAFOOT, Céline Eko, complétaient ce tableau symbolique. Cette « brochette de personnalités » n’est pas qu’un protocole ; elle incarne l’unité sacrée de l’État et des instances sportives autour d’une cause commune.

Pour le patron du football camerounais, qui a fait du développement de la discipline au féminin l’un de ses principaux chevaux de bataille, cette finale confirme que le football féminin n’est plus le « parent pauvre » du sport national. Il est devenu un vecteur de changement social, célébré au sommet de l’État et soutenu par des légendes vivantes. La présence d’Aboudi Onguéné, véritable âme des Lionnes, et de Céline Eko, figure de proue de l’administration sportive, envoie un message clair : la femme camerounaise est au centre du jeu, tant sur le terrain que dans les instances de décision.

Ce moment de communion intervient dans un contexte particulièrement favorable. Quelques jours seulement après le sacre historique des Lionnes Indomptables à la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2026, le football féminin camerounais traverse un véritable âge d’or. Ce succès continental a agi comme un catalyseur, attirant les projecteurs sur les défis que rencontrent encore les femmes et les filles au quotidien. En liant la victoire sportive à la lutte contre les violences, les autorités camerounaises rappellent que la véritable gloire d’une nation se mesure aussi à sa capacité à protéger ses citoyens les plus vulnérables.

En clair, cette finale remportée par Lekie sur le score de 1but à 9, n’a pas seulement été une affaire de buts et de tactiques. Elle a prouvé que le sport le plus populaire au monde possède une âme capable de guérir et de protéger. Entre l’engagement du Minproff et la vision de la Fecafoot , le message est passé : sur le terrain de la vie, les violences n’ont plus leur place, et le carton rouge est définitivement sorti contre ceux qui s’en rendent coupables.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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