Dans un contexte économique mondial en mutation et face aux impératifs de consolidation de la stabilité et de la croissance au sein de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), une session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État s’est tenue dans la capitale congolaise. Convoquée sous la haute présidence de Son Excellence Denis SASSOU-NGUESSO, Président de la République du Congo et Président en Exercice de la Conférence, cette réunion de haut niveau a mis un accent particulier sur l’état de la situation économique, financière et monétaire de la région. L’objectif principal de cette rencontre était de réévaluer et de renforcer les orientations stratégiques capables de guider la Communauté vers une trajectoire de développement plus résiliente et durable, en tenant compte des analyses les plus récentes et des recommandations des institutions partenaires.

La session, marquée par la présence des plus hautes autorités des États membres ou de leurs représentants de haut rang, a débuté par la présentation d’un rapport exhaustif du Président de la Commission de la CEMAC. Ce document, fruit d’analyses approfondies menées par le Conseil des Ministres de l’Union Économique de l’Afrique Centrale (UEAC) et une évaluation rigoureuse de l’exécution des mesures adoptées lors des précédentes sessions tenues respectivement le 16 décembre 2024 (Session Extraordinaire) et le 10 septembre 2025 (Session Ordinaire), a dressé un tableau détaillé des avancées, des défis persistants et des perspectives immédiates pour la Communauté.
Pour éclairer davantage les discussions et offrir un regard externe et expert sur le paysage macroéconomique, la Conférence a également entendu une intervention pertinente de l’Administrateur du Groupe Afrique III au Fonds Monétaire International (FMI). L’émissaire du FMI a particulièrement mis en lumière les principales préoccupations soulevées par l’institution de Bretton Woods, analysant la conjoncture et les perspectives macroéconomiques des États membres. Saluant les efforts entrepris et les mesures proposées par les instances communautaires, il a fermement encouragé les États de la CEMAC à poursuivre et à intensifier leurs actions en faveur de la consolidation de la gestion des finances publiques, insistant sur la nécessité d’une approche désormais résolument coordonnée et intégrée.

Fortement inspirée par les éléments soumis à son analyse, notamment ceux émanant des Rapports présentés par le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) ainsi que par le Président de la Commission de la CEMAC, et animée par un dessein profond de renforcer les mesures déjà prescrites, la Conférence des Chefs d’État a, à l’issue de ses travaux, exhorté avec vigueur les États membres à adopter un ensemble de mesures concrètes et immédiates.
À court terme, l’accent est mis sur la nécessité de garantir une cohérence sans faille entre les Lois de Finances nationales et les engagements internationaux des États, particulièrement ceux contractés avec le Fonds Monétaire International. Cette conformité est jugée essentielle pour assurer la soutenabilité de la dette publique et la consolidation de la position extérieure des pays membres à moyen terme. Parallèlement, il est impératif de poursuivre activement les négociations et de conclure, voire de poursuivre, les programmes économiques et financiers en cours avec le FMI, gage de stabilité et de confiance pour les marchés financiers et les investisseurs. Le renforcement de la communication des statistiques, y compris celles relatives à la gestion des finances publiques, à travers notamment la publication mensuelle du Tableau des Opérations Financières de l’État (TOFE), est également une priorité pour accroître la transparence et la bonne gouvernance. L’accélération de la mise en place des Comptes Uniques des Trésors (CUT) et l’achèvement de la digitalisation des finances publiques sont autant de leviers d’efficacité et de modernisation. La préservation de l’indépendance de la BEAC et le renforcement du rôle de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) sont des piliers fondamentaux pour la stabilité du système financier régional. De plus, un appel pressant est lancé pour le rapatriement, au sein de la CEMAC, des avoirs détenus à l’extérieur de la Zone par les États et des recettes d’exportation des entreprises, en particulier celles issues du secteur extractif. Enfin, la finalisation des négociations avec les sociétés des industries extractives, en vue du rapatriement des fonds destinés à la restauration des sites pétroliers, représente une démarche cruciale pour l’assainissement environnemental et la bonne gestion des ressources.
À moyen terme, les orientations visent une transformation structurelle plus profonde. Le renforcement et l’assainissement du secteur bancaire, notamment par la réduction de l’exposition des banques aux risques souverains, constituent une priorité pour assurer sa solidité. Le rôle moteur de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) dans le financement de la transformation structurelle des économies de la CEMAC sera également consolidé. L’accélération de la mise en œuvre de la stratégie communautaire d’import-substitution est également soulignée comme un vecteur déterminant pour réduire la dépendance extérieure et stimuler la production locale.
Enfin, dans un souci constant d’améliorer l’efficacité des mécanismes de suivi et d’évaluation des politiques mises en œuvre, la Conférence a prescrit un renforcement significatif du Secrétariat du Programme des Réformes Économiques et Financières (PREF-CEMAC). Ce dernier sera désormais chargé de mener des évaluations trimestrielles rigoureuses auprès des acteurs en charge de la mise en œuvre des mesures énoncées. À cet égard, le secrétariat technique du PREF-CEMAC a reçu pour instruction de mener l’évaluation du premier trimestre 2026 dans les meilleurs délais et de produire son rapport avant les prochaines Assemblées du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale, assurant ainsi une reddition de comptes opportune et transparente à la communauté internationale et aux citoyens de la CEMAC.
Notons que le Président de la République y était représenté par le ministre des finances, Louis Paul Motaze
Oscar Abessolo


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