Les élections présidentielles camerounaises du 12 octobre 2025 prennent forme avec l’annonce officielle, le 26 juillet dernier à Yaoundé, par l’organe en charge des élections, Elecam, de la liste des treize (13) candidats définitivement retenus pour le suffrage. Cet événement, scruté de près par l’échiquier politique national, marque une étape cruciale dans le processus électoral, tout en révélant des dynamiques intéressantes par rapport aux scrutins précédents, notamment celui de 2018, et en soulevant des interrogations quant à la participation de figures politiques majeures.

Parmi les personnalités dont les dossiers ont franchi le cap de l’analyse d’Elecam, figure le président sortant Paul Biya, représentant le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), aux côtés de figures établies et de nouveaux prétendants à la magistrature suprême. La liste complète des candidats validés inclut ATEKI SETA CAXTON (Parti de l’Alliance Libérale – PAL), BELLO BOUBA MAIGARI (Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès – UNDP), BIYA PAUL (RDPC), BOUGHA HAGBE JACQUES (Mouvement Citoyen National Camerounais – MCNC), DZIPAN HILAIRE MARCAIRE (Mouvement Progressiste – MP), ISSA TCHIROMA (Front pour le Salut National du Cameroun – FSNC), IYODI HIRAM SAMUEL (Front des Démocrates Camerounais – FDC), KWEMO PIERRE (Union des Mouvements Socialiste – UMS), LIBII LI NGUE NGUE CABRAL (Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale – PCRN), MATOMBA SERGE ESPOIR (Peuple Uni pour la Rénovation Sociale – PURS), MUNA AKERE TABENG (UNIVERS), OSIH JOSHUA NAMBANGI (Social Democratic Front – SDF), et TOMAINO HERMINE PATRICIA, épouse NDAM NJOYA (Union Démocratique du Cameroun – UDC). Cependant, ce qui retient particulièrement l’attention, c’est l’absence notable de Maurice Kamto, précédemment enregistré comme candidat pour le MANIDEM. Cette exclusion, s’il elle est confirmée, pourrait redessiner le paysage de l’opposition et la dynamique de la campagne électorale à venir.

Elecam a profité de cette annonce pour dresser un tableau comparatif complet des statistiques de dépôt des candidatures entre l’élection de 2018 et le scrutin d’octobre 2025. Ces chiffres révèlent une augmentation significative du nombre de candidatures. En 2018, Elecam avait enregistré 28 dossiers, comprenant 22 candidatures de partis politiques et 6 candidatures indépendantes, avec une nette prédominance masculine (26 hommes pour 2 femmes). En 2025, la tendance s’inverse quantitativement : 83 candidatures ont été déposées au total, se subdivisant entre 56 présentées par des partis politiques et 27 candidatures indépendantes. La répartition par genre montre également une évolution, avec 76 hommes (soit 91%) et 7 femmes (soit 9%) ayant soumis leurs dossiers. Cette croissance dans le nombre de candidatures, notamment celles émanant de partis politiques, pourrait témoigner d’une vitalité accrue de la vie politique ou d’une stratégie de diversification des candidatures.

L’analyse géographique des dépôts de candidatures par région dessine une carte des mobilisations politiques moins homogène. La région du Centre se distingue largement avec 56 dépôts, suivie par le Littoral avec 10. D’autres régions comme l’Adamaoua enregistrent 5 dossiers, tandis que les Extrême-Nord, Nord, Nord-Ouest, Ouest, Sud, et Sud-Ouest disposent d’un nombre plus restreint de dépôts, allant de 1 à 3 dossiers par région. Cette disparité régionale peut refléter des dynamiques socio-économiques, politiques et organisationnelles différentes à travers le pays. Concernant la nature des candidatures, 56 proviennent de partis politiques, dont 18 sont représentés dans les instances électives actuelles et 38 ne le sont pas. Les candidatures indépendantes se chiffrent à 27. Cette segmentation met en lumière la diversité des acteurs en lice, allant des formations politiques établies cherchant à consolider ou accroître leur présence, aux formations émergentes ou aux individus indépendants qui tentent de percer dans le paysage politique.

Les candidats recalés disposent désormais de deux jours pour exercer leur droit de recours auprès du Conseil Constitutionnel, une période durant laquelle des ajustements de dernière minute pourraient encore intervenir. L’ensemble de ces données, de la liste finale des compétiteurs aux statistiques de participation, dessine les contours d’une présidentielle 2025 potentiellement intense, où les stratégies politiques devront s’adapter à un contexte national et humain en constante évolution, avec en filigrane les enjeux de représentativité et de débat démocratique.
Oscar Abessolo


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