Le Réseau des Institutions Nationales Africaines des Droits de l’Homme (RINADH) se prépare à accueillir sa 15ª Conférence biennale, un événement qui se tiendra les 5 et 6 février 2025 dans la capitale politique camerounaise, au sein du Conseil économique et social.Cette rencontre de haut niveau, organisée en étroite collaboration avec la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC), promet d’être une plateforme essentielle pour la réflexion et l’action collective face aux défis contemporains des droits humains sur le continent africain. Elle rassemblera une diversité d’acteurs clés, incluant des membres éminents du Gouvernement, les présidents des mécanismes africains des Droits de l’homme, les dirigeants et responsables des 46 Institutions Nationales Africaines des Droits de l’homme (INDH), ainsi que des représentants d’organisations internationales et régionales de premier plan telles que la Global Alliance of National Human Rights Institutions (GANHRI) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’homme (HCDH). Le corps diplomatique, les partenaires techniques et financiers, les autorités traditionnelles, le monde académique, la société civile et d’autres experts et praticiens des droits humains, venus d’Afrique et du monde entier, seront également présents pour échanger et débattre.

Au cœur des discussions de cette 15ª édition se trouve le thème ambitieux : « Les aspects originaux des instruments et de la jurisprudence africaine en matière de Droits de l’homme. Tirer parti des instruments et de la jurisprudence en matière de Droits de l’homme en Afrique pour renforcer la réalisation des Droits de l’homme : le rôle stratégique des institutions nationales africaines des Droits de l’homme. » Cette thématique souligne l’importance de valoriser et d’exploiter pleinement les spécificités et les forces intrinsèques du système africain des droits de l’homme. La conférence vise à explorer comment les traités, les protocoles et la jurisprudence développés spécifiquement pour le contexte africain peuvent servir de leviers plus efficaces pour la promotion et la protection des droits fondamentaux sur le continent. L’objectif est de tirer pleinement parti de ces outils uniques pour renforcer leur application concrète dans chaque pays africain, en reconnaissant la richesse et la pertinence des approches africaines.

Conformément aux dispositions de l’article 56 de son texte fondateur, la Conférence biennale du RINADH se positionne comme un carrefour continental indispensable pour le dialogue, l’approfondissement de la réflexion et la coordination des actions relatives aux enjeux prioritaires des droits humains et des peuples. L’édition de 2025, en particulier, s’attellera à mettre en lumière les caractéristiques distinctives du système africain, qu’il s’agisse des droits collectifs, de la justiciabilité des droits économiques, sociaux et culturels, des responsabilités communautaires, ou encore des approches juridiques teintées de spécificités culturelles. Il s’agit de comprendre et de capitaliser sur ces éléments pour les intégrer de manière plus systémique et innovante dans la protection des individus et des communautés.

Les participants s’engageront dans une analyse approfondie de la manière dont les instruments juridiques africains, qu’ils soient contraignants ou non, et la jurisprudence produite par les mécanismes régionaux et nationaux, peuvent être exploités de manière optimale. Des textes fondateurs comme la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, mais aussi des instruments plus spécifiques tels que la Charte africaine des droits de la femme en Afrique, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, et la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique, seront au centre des réflexions. L’idée maîtresse est de catalyser l’utilisation de ces ressources pour améliorer la promotion et la protection des droits humains de manière tangible dans tous les États africains. La conférence offre ainsi un cadre idéal pour explorer les dynamiques entre les droits universels et leur appropriation locale, menant à une application plus pertinente et plus efficace sur le terrain.
Dans un contexte mondial et continental marqué par une complexité croissante, caractérisée par des conflits persistants, des inégalités socio-économiques tenaces, les menaces environnementales grandissantes, la révolution numérique et des mutations dans les modes de gouvernance, la conférence se propose d’examiner comment les cadres normatifs et jurisprudentiels africains offrent des réponses particulièrement adaptées, légitimes et opérationnelles aux défis contemporains. L’Afrique dispose d’une richesse intellectuelle et juridique propre qui mérite d’être davantage reconnue et appliquée. Cette rencontre sera donc l’occasion de cartographier et de discuter des solutions innovantes issues du continent pour répondre aux problématiques locales et globales.
Au cours de ces deux journées de travaux intensifs, les échanges prendront plusieurs formes interactives pour maximiser l’engagement et l’apprentissage. Les participants suivront des présentations d’experts reconnus, prendront part à des tables rondes animées, participeront à des séances plénières stratégiques et s’investiront dans des groupes de travail ciblés. Ces activités visent à renforcer les capacités des Institutions Nationales des Droits de l’homme (INDH), à encourager le partage d’expériences et l’apprentissage mutuel entre pairs, et à consolider la collaboration avec les mécanismes africains de protection des droits de l’homme ainsi qu’avec le Parlement panafricain. L’accent sera mis sur le renforcement des compétences et la création de synergies pour une action plus coordonnée.
Les résultats attendus de cette 15ª Conférence biennale sont multiples et ambitieux. Ils incluent l’adoption d’une Déclaration de Yaoundé, qui reflétera les consensus et les nouvelles orientations issues des débats. Parallèlement, un Plan d’action stratégique sera élaboré, visant une meilleure application des principes originaux africains des droits de l’homme et des peuples. Des Lignes directrices pratiques seront également conçues pour appuyer concrètement les INDH dans leur mission d’application effective des droits humains. Ces documents de référence sont appelés à guider les actions futures du RINADH et de ses membres, renforçant ainsi leur rôle stratégique dans la promotion et la protection des droits humains sur le continent africain. L’ensemble de ces travaux contribuera à consolider un système africain des droits de l’homme plus résilient, plus pertinent et plus efficace face aux réalités du 21e siècle.
Oscar Abessolo


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