La capitale camerounaise est sur le point de connaître une transformation majeure de son infrastructure hydraulique, avec la signature des conventions scellant le financement et le lancement des marchés pour le Projet. Sous la présidence du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), Alamine OUSMANE MEY, et en présence de son homologue, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), Gaston ELOUNDOU ESSOMBA, cet événement tenu le 13 février 2026, a vu la participation active du Directeur Général de la CAMWATER, le Dr Blaise MOUSSA, ainsi que de nombreux partenaires techniques et financiers qui s’engagent désormais aux côtés des autorités camerounaises dans la concrétisation de ce projet stratégique, une promesse majeure du Chef de l’État pour le bien-être des populations.

Ce projet d’envergure, dont la nécessité a été soulignée à maintes reprises par les plus hautes autorités de l’État, vise en priorité à garantir un accès fiable et continu à l’eau potable pour les populations de Yaoundé, mais également des localités environnantes stratégiques telles que Soa, Akak, Mfou, Bikok et Mbankomo. L’initiative répond à une préoccupation majeure : la desserte insuffisante ou les interruptions de service que subissent encore trop de ménages, mais aussi l’approvisionnement des abonnés non domestiques essentiels tels que les industries, les établissements scolaires et les hôpitaux, dont le bon fonctionnement dépend grandement d’un approvisionnement en eau adéquat. La démarche proactive du Chef de l’État, ayant habilité le MINEPAT dès avril 2025 à entamer les procédures de signature des accords de financement, témoigne de l’urgence et de la priorité accordée à ce dossier. Aujourd’hui, avec la signature effective des contrats de marché entre les différents intervenants, le démarrage imminent des travaux laisse présager une transformation radicale du paysage hydraulique de la capitale dans les années à venir.
Les objectifs fixés pour ce projet sont ambitieux et visent à remodeler profondément le système actuel pour répondre aux défis croissants de la démographie et de la demande. En premier lieu, il est question d’accroître significativement la capacité d’approvisionnement, en portant l’absorption journalière des stations de traitement à 480 000 m³, un bond considérable par rapport aux 300 000 m³ actuels, grâce aux apports des stations de Batchenga (PAEPYS), Akomnyada et Mefou. Parallèlement, une amélioration qualitative majeure est attendue, avec l’éradication des rationnements et la garantie d’une pression minimale constante de 1,5 bar en tout point du réseau, assurant ainsi une prestation de service digne des standards modernes. L’extension du réseau fait également partie intégrante des visées du projet, avec la réalisation de 30 000 nouveaux branchements destinés à atteindre les zones encore mal desservies ou non connectées, élargissant ainsi la portée de l’infrastructure. Sur le plan de la performance, le rendement global du réseau est projeté pour passer de son taux actuel de 52 % à un objectif de 75 %, signifiant une nette réduction des pertes d’eau et une optimisation des ressources disponibles. Enfin, sur le plan économique, ce projet est attendu pour stimuler la croissance en augmentant la consommation spécifique des abonnés et en contribuant à une augmentation substantielle de 60 % du chiffre d’affaires de la CAMWATER pour la zone de Yaoundé, renforçant ainsi la viabilité financière de l’opérateur.

La mise en œuvre de ce projet d’envergure s’étalera sur une durée globale de 36 mois et les travaux ont été judicieusement répartis entre trois partenaires internationaux reconnus pour leur expertise. Le Groupement PUTMAN / PHONIX ENVIRONNEMENT, d’origine belge, se chargera des Lots 1 et 2.1. Ses missions incluent la création de trois zones de distribution périphériques essentielles. La zone Sud verra la construction d’une station de pompage capable de fournir 1150 m³/h et d’un réservoir de 5000 m³ pour alimenter les quartiers de Minkan, Odza, Abomé et le corridor de Nsimalen. Pour le Sud-Ouest, la zone de Zibi Antenne bénéficiera d’une station de pompage de 1450 m³/h et d’un réservoir de 4500 m³ pour desservir Mendong, Simbock, Nomayos et Mbankomo. Dans la zone Ouest, le site de Minkoameyos recevra un réservoir de 3750 m³ pour servir Oyomabang, Nkolbisson et Mbalgong. Ce groupement sera également responsable de la pose de 85 km de réseau primaire et secondaire dans des zones jugées critiques telles qu’Etoudi, Mimboman, et Nkomo, ainsi que du remplacement des conduites vétustes en fonte grise et acier, une mesure indispensable pour stopper les pertes d’eau et améliorer la qualité du service. L’entreprise belge ASPAC TECHNICS prendra en charge le Lot 2.2, qui se concentrera sur le renforcement et l’extension du réseau. Cela inclut la pose de 62 km de conduites diverses (PVC, PEHD, Fonte) dans les zones d’Atemengue, Etoug-Ebe, Minkoameyos et Zibi Antenne. Une composante clé de ce lot sera la sécurisation du transfert d’eau provenant du PAEPYS via la pose de canalisations de grand diamètre : une ligne de 11,5 km d’un diamètre de 1000 mm entre Etoudi et Nkoayos, et une ligne de 1,5 km d’un diamètre de 800 mm entre la Grande Mosquée et Messa. Enfin, l’entreprise italienne GRUPPO ATURIA sera responsable du Lot 3, axé sur l’extension du réseau tertiaire, en posant 300 km de conduites en PEHD sur l’ensemble du périmètre du projet, et surtout, sur la fourniture de 30 000 kits complets de branchement qui marqueront la concrétisation de l’accès à l’eau potable pour de nombreux foyers et unités économiques. Cette collaboration internationale, soutenue par un financement désormais acquis, augure d’une ère nouvelle pour l’alimentation en eau potable de Yaoundé et de ses environs, plaçant le confort et la santé des populations au premier plan.


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