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Polygraphie Camerounaise : vers un meilleur paradigme

Le ministre du travail et de la sécurité sociale, Grégoire Owona a présidé, le 20 août 2025, à Yaoundé, la cérémonie de signature de la convention collective nationale des industries polygraphiques. Un événement historique, qui vise globalement la modernisation des relations professionnelles et l’amélioration des conditions de travail.

Plus d’une décennie; c’est le laps de temps considérable qui s’est écoulé depuis que les acteurs de l’industrie polygraphique camerounaise n’avaient pas uni leurs expertises et leurs visions autour d’une table pour redéfinir les contours de leur cadre de travail. Une nouvelle page de l’histoire de ce secteur dynamique s’est tournée à Yaoundé, couronnant des négociations acharnées et une volonté commune de progrès. Sous le regard bienveillant du Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale (MINTSS), Grégoire Owona, employeurs et employés, représentés par leurs syndicats, ont officiellement paraphé la nouvelle Convention Collective Nationale. En plus de l’amélioration significative des conditions de travail, cet accord historique, fruit d’un engagement renouvelé pour la modernisation des relations professionnelles, promet de nouvelles bases pour la revalorisation des carrières dans ce secteur vital, qui englobe l’impression de journaux, de livres, l’édition, ainsi que les activités annexes de conception graphique et de reliure. Il incarne un changement d’ère, passant de l’attente à la concrétisation des aspirations.

Dix-sept ans d’attente. Ce fut le délai exact pointé par les différents intervenants pour témoigner de la longue gestation de ce document fondamental. La dernière rencontre officielle remonte en effet à 2008, une période où les réalités économiques et sociales du secteur étaient sensiblement différentes. Les acteurs du monde de la polygraphie –(qu’ils soient imprimeurs, éditeurs, graphistes ou relieurs) attendaient avec impatience un renouveau législatif pour encadrer leurs activités et garantir un environnement de travail plus juste et plus performant. La signature de cette nouvelle convention collective nationale marque donc une étape cruciale, une réponse tangible aux demandes de modernisation du secteur et une reconnaissance des efforts consentis par ceux qui façonnent l’information et la culture camerounaises. Elle vient réglementer les relations entre employeurs et employés, instaurant un cadre clair et équitable pour aborder les défis actuels et futurs.

Au-delà du simple cadre réglementaire, cette convention collective nationale ouvre la voie à des avancées concrètes et à de multiples revalorisations pour le personnel du secteur. Un travail méticuleux a été mené pour adapter les dispositifs existants aux réalités contemporaines et garantir une meilleure reconnaissance de l’ancienneté et de l’engagement. Parmi les points saillants, figurent les primes de reconversion, désormais réaménagées selon des paliers de cinq ans. Cette mesure vise à récompenser plus justement la fidélité et l’expérience du personnel, assurant ainsi une valorisation progressive des carrières. L’indemnité de licenciement a également fait l’objet d’une révision, renforçant le filet de sécurité pour les employés en cas de rupture du contrat de travail. Ces dispositions témoignent d’une volonté de protection accrue du capital humain au sein de l’industrie polygraphique.

Les avancées ne s’arrêtent pas là. La convention prévoit une revalorisation spectaculaire des primes de médaille. Désormais, les médailles d’argent, de vermeil et d’or bénéficieront d’une augmentation de 100%. Cette initiative vise à accorder une reconnaissance accrue aux employés qui se distinguent par leur mérite et leur contribution exceptionnelle au secteur, encourageant ainsi l’excellence et la motivation. Conscient des exigences de la vie quotidienne, notamment en matière de transport et de logement, les négociateurs ont également statué sur une revalorisation des indemnités y afférentes. L’indemnité de transport est désormais fixée à 15 000 FCFA. Parallèlement, l’indemnité de logement est révisée à 5% pour les catégories salariales allant de 3 à 6, distinctement des catégories 7 à 12, offrant ainsi un soutien plus ciblé en fonction des niveaux de rémunération et des besoins réels.

La cérémonie de signature, bien que marquée par quelques absences notables, a vu la participation de figures clés du secteur, dont les représentants de la Société de presse et d’édition du Cameroun (SOPECAM), de l’Imprimerie Nationale, de l’imprimerie Saint Paul et du Centre d’édition et de production pour l’éducation et la recherche (CEPER). Ces entités, piliers de l’économie de l’imprimé, se sont retrouvées face aux représentants de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun (CSTC), scellant ainsi un pacte social renouvelé. Le Ministre Grégoire Owona, soulignant l’aboutissement favorable de ces longues négociations, a qualifié cet accord de « l’expression de la volonté de tous ». Il a rappelé que la voie du dialogue social, bien que longue et parfois semée d’embûches, demeure la solution la plus efficace pour résoudre les problématiques professionnelles. « Je vous invite à promouvoir le dialogue social au sein de vos structures », a-t-il martelé, exhortant à une application diligente et à une culture de la concertation.


Avec une prise d’effet prévue pour le 1er janvier 2026, cette nouvelle Convention Collective Nationale est perçue par les représentants des travailleurs comme un juste équilibre, intégrant les réalités économiques actuelles et les évolutions du secteur polygraphique camerounais. Elle est plus qu’un simple document ; elle est le symbole d’une collaboration constructive et d’une vision partagée pour l’avenir de l’industrie de l’impression et de l’édition au Cameroun, promettant à la fois stabilité, justice sociale et prospérité ».

Oscar Abessolo

Written by Tribune de l'info

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