La pose de la première pierre pour la reconfiguration du réseau d’alimentation en eau potable de la capitale politique a eu lieu le 25 juin 2026, sous la présidence du ministre de l’eau et de l’énergie Gaston Eloundou Essomba. Ce projet dont la maîtrise d’ouvrage déléguée est assurée par la Cameroun Water Utilities Corporation, entend garantir un accès durable et de qualité à l’eau pour tous. Soit, l’éxécution d’une instruction du Président de la République pour le secteur de l’eau et un alignement direct avec l’Objectif de Développement Durable numéro 6 (ODD 6), piloté au Cameroun par la Stratégie Nationale de Développement (SND30).

Les travaux lancés pour une période d’exécution de 36 mois, s’inscrivent dans une démarche prospective visant à anticiper et accompagner le dynamisme démographique et l’urbanisation rapide de la capitale, tout en modernisant en profondeur les infrastructures existantes.
L’initiative ambitionne de transformer radicalement la performance du réseau de distribution. Parmi ses objectifs phares figurent l’augmentation significative de la capacité d’absorption et de distribution, passant d’environ 300 000 m³ d’eau par jour à 480 000 m³ ; l’optimisation de l’intégration des diverses sources de production, notamment celles issues des stations de Batchenga (Projet d’Alimentation en Eau Potable de Yaoundé et ses environs – PAEPYS), d’Akomnyada et de la Mefou. Il est également attendu l’élimination progressive, puis la fin des rationnements d’eau qui affectent encore de nombreux quartiers, ainsi que la garantie d’une pression minimale de 1,5 bar sur l’ensemble du réseau, assurant ainsi un service plus stable et confortable pour les usagers.

Afin d’étendre la couverture et de répondre aux besoins croissants, le projet prévoit la réalisation de 30 000 nouveaux branchements, tant sociaux qu’ordinaires. Parallèlement, un effort considérable sera déployé pour réduire significativement les pertes physiques et commerciales d’eau, un enjeu majeur pour la pérennité du service. Le rendement technique du réseau, actuellement de 52 %, devrait progresser pour atteindre 75 %. Au-delà des aspects quantitatifs, ce programme vise à renforcer la qualité et la continuité du service public de l’eau potable, tout en améliorant les performances financières et opérationnelles de la Camwater.
La cérémonie de pose de première pierre a rassemblé une pléiade de personnalités, incluant des représentants des partenaires techniques et financiers dont le soutien est crucial pour la réalisation de cette infrastructure d’envergure. Cet événement solennel concrétise une vision présidentielle claire : celle de garantir durablement l’accès des populations à une eau potable de qualité, en quantité suffisante et à un coût socialement acceptable.
Selon le Directeur Général de la Camwater, Dr. Blaise Moussa, les bénéficiaires directs de ce projet majeur seront les populations de Yaoundé ainsi que celles des localités environnantes telles que Soa, Akak, Mfou, Bikok et Mbankomo. Sont particulièrement concernées les communautés qui ne disposent pas encore d’un accès régulier à l’eau potable ou qui subissent encore des perturbations de service aléatoires.
Une consistance technique ambitieuse divisée en trois lots
Les travaux de reconfiguration, répartis stratégiquement en 3 lots distincts, ont été confiés à des entreprises internationales de référence, gage de qualité et d’expertise technique.

Le Lot A confié au groupement PUTMAN – PHOENIX ENVIRONNEMENT (Belgique), couvre les lots 1 et 2.1. Il s’articule autour de la création de trois grandes zones de distribution périphériques qui redessineront le paysage hydrique de la capitale. La zone d’Abomé (Sud) bénéficiera d’une nouvelle station de pompage d’une capacité de 1 150 m³/h et d’un réservoir de 5 000 m³, desservant Minkan, Odza, Abomé et le corridor de Nsimalen. La zone de Zibi Antenne (Sud-Ouest) sera équipée d’une station de pompage de 1 450 m³/h et d’un réservoir de 4 500 m³, assurant la desserte de Mendong, Simbock, Nomayos et Mbankomo. Enfin, la zone de Minkoameyos (Ouest) verra la construction d’un réservoir de 3 750 m³, venant renforcer la desserte d’Oyomabang, Nkolbisson, Mbalgong et des quartiers adjacents. Ce lot inclut également des travaux complémentaires essentiels : la pose de 85 kilomètres de conduites primaires et secondaires, le renouvellement de canalisations vétustes en fonte grise et acier, et des mesures actives pour la réduction substantielle des pertes d’eau.
Le Lot B, sous la responsabilité d’ASPAC TECHNICS (Belgique), se concentre sur le lot 2.2. Il prévoit la pose de 62 kilomètres de conduites en PVC, PEHD et fonte, visant le renforcement et l’extension des réseaux existants dans les zones d’Atemengue, Etoug-Ébé, Minkoameyos et Zibi Antenne. Un volet crucial de ce lot concerne la sécurisation du transfert des eaux issues du PAEPYS, avec la mise en place de deux conduites stratégiques : une de 11,5 km (Ø 1 000 mm) entre Etoudi et Nkoayos, et une autre de 1,5 km (Ø 800 mm) reliant la Grande Mosquée à Messa.
Enfin, le Lot C, attribué à GRUPPO ATURIA (Italie), s’attaque à la dernière maille du réseau. Il comprend la pose de 300 kilomètres de conduites tertiaires en PEHD, matériaux modernes garantissant durabilité et flexibilité, et la fourniture de 3 000 000 de kits complets de branchements. L’objectif est ici de renforcer l’accès à l’eau potable dans les quartiers les plus densément peuplés et les zones en pleine expansion, assurant ainsi une distribution fine et efficace.
Des impacts majeurs attendus pour le quotidien des habitants
Les retombées de ce projet d’envergure sont multiples et sont appelées à améliorer significativement le cadre de vie des populations. Une amélioration notable de la disponibilité de l’eau potable pour tous est le premier bénéfice attendu. La meilleure répartition des volumes produits sur l’ensemble de l’agglomération contribuera à réduire la fréquence et la durée des interruptions de service. Les quartiers situés en altitude, souvent confrontés à des problèmes de pression, verront leur approvisionnement stabilisé et amélioré. La réduction des pertes d’eau n’est pas seulement un enjeu technique et financier, mais aussi une garantie de meilleure gestion de cette ressource précieuse.
En clair, ce projet de reconfiguration du réseau d’eau potable de Yaoundé représente un investissement stratégique pour l’avenir, plaçant le Cameroun plus résolument sur la voie de l’atteinte de ses objectifs de développement durable et renforçant la confiance des citoyens dans la capacité de leurs institutions à leur fournir des services essentiels de qualité.
Oscar Abessolo


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