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Violences faites aux femmes et aux filles: ces chiffres alarmants présentés à l’Assemblée Nationale

Les violences perpétrées à l’encontre des femmes et des filles au Cameroun atteignent des proportions préoccupantes, révélant une crise profonde qui continue de toucher de nombreuses vies. Ces constats douloureux ont été mis en lumière par le ministre de la promotion de la femme et de la famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, lors d’une séance plénière, le 19 juin 2026. La rencontre, présidée par Théodore DATOUO, président de l’institution législative, a servi de plateforme pour dévoiler des données choquantes issues d’enquêtes nationales et des enregistrements du ministère.

Les statistiques présentées dressent un tableau sombre de la réalité pour une part significative de la population féminine camerounaise. Selon les informations issues de l’Enquête Démographique et de Santé (EDSC) réalisée en 2018, près de quatre femmes sur dix âgées de 15 à 49 ans ont rapporté avoir subi des actes de violence physique au cours de leur vie depuis l’âge de 15 ans, quelle que soit la nature de l’agresseur. Cet indicateur, à 39%, souligne une exposition généralisée à des formes de violence physique qui marquent durablement les individus.

La violence sexuelle, quant à elle, ne semble pas en reste. Les données de la même enquête révèlent que 13% des femmes dans la tranche d’âge de 15 à 49 ans ont déclaré avoir été victimes d’actes de violence sexuelle à un moment de leur existence. Cette statistique, bien que potentiellement sous-estimée, met en évidence une menace constante et omniprésente.

Plus spécifiquement, le cadre de la vie conjugale se révèle être un lieu de vulnérabilité critique. L’EDSC de 2018 indique que plus de quatre femmes sur dix (44%), vivant en couple ou ayant connu une séparation, ont relaté avoir subi des violences (qu’elles soient émotionnelles, physiques et/ou sexuelles) de la part de leur mari ou partenaire actuel ou le plus récent. Ces chiffres dressent un portrait inquiétant de la sécurité et du respect au sein des foyers camerounais.

Le rapport met également en lumière la vulnérabilité pendant la grossesse. Parmi les femmes âgées de 15 à 49 ans, actuellement enceintes ou ayant déjà été enceintes, 7% ont déclaré avoir subi des violences physiques durant une grossesse, indépendamment de l’auteur de ces actes. Cette réalité ajoute une couche de préoccupation face à la protection des femmes dans des moments de fragilité physique accrue.

En marge de ces enquêtes exhaustives, le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) a compilé des données plus récentes, couvrant la période de janvier à avril 2026. Durant ces quatre mois seulement, 1599 cas de violence ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire national. Ce chiffre global englobe des actes d’une gravité extrême tels que 166 cas de viol, 50 cas de féminicide, 13 cas d’infanticide, ainsi que 3 enlèvements et 3 cas de sévices corporels sur des enfants. Ces données démontrent une urgence d’action face à une violence quotidienne et systémique.

Le féminicide, forme ultime de violence sexospécifique, bien qu’encore insuffisamment documenté dans sa globalité, montre une tendance à la hausse alarmante au Cameroun. Les chiffres enregistrés par les services compétents illustrent cette progression inquiétante : 56 cas en 2023, 77 cas en 2025, et déjà 50 cas rapportés entre janvier et avril 2026. Cette augmentation est un signal d’alarme majeur, nécessitant une analyse approfondie et des mesures ciblées.

Face à cette accumulation de données dramatiques, Marie Thérèse Abena Ondoa a souligné avec gravité : « Comme nous pouvons tous le constater, la situation est préoccupante au regard des données ci-dessus évoquées. Ces chiffres représentent la face visible de l’iceberg, car l’on déplore encore la faible dénonciation de cas de violence due à la peur des représailles et à la stigmatisation de l’entourage ». Cette déclaration met en exergue le défi majeur de la sous-déclaration, alimenté par un climat de peur et une pression sociale qui empêchent de nombreuses victimes de chercher aide et justice. La lutte contre ces violences exige donc non seulement des sanctions plus strictes et une meilleure application des lois, mais aussi un travail de fond sur la sensibilisation, le soutien aux victimes et la déconstruction des stéréotypesGender dans la société camerounaise.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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