Alors que la société camerounaise est actuellement traversée par une vague de dépravation des mœurs sans précédent, marquée par la multiplication de contenus numériques compromettants et une montée des addictions, le Maire de la commune d’arrondissement de Yaoundé 5, Augustin Bala, a tenu à adresser un message fort à la nouvelle génération. En marge de la 6e édition des journées de l’Action Sociale, couplée à une vaste campagne de soins de santé gratuits, l’édile a exhorté les jeunes à s’armer de patience et de persévérance. En s’appuyant sur son propre parcours de résilience face à l’échec, il appelle à un sursaut moral pour détourner la jeunesse des « voies tortueuses », de la drogue et du découragement qui minent le développement du pays.

Le paysage socio-culturel camerounais est, ces derniers temps, le théâtre de scènes regrettables qui inondent l’espace cybernétique. Des vidéos mettant en scène des jeunes filles dans des situations d’une extrême indécence ont suscité l’indignation générale, mettant en lumière une crise profonde des valeurs. À ces dérives s’ajoute une réalité plus sombre encore : celle d’une frange de la jeunesse qui, face à la dureté du quotidien, se tourne vers le grand banditisme ou sombre dans les abîmes de la drogue. C’est dans ce contexte de fragilité sociale que le Maire Augustin Bala a choisi de prendre la parole, non pas pour condamner sans appel, mais pour questionner les causes profondes de ces comportements et proposer une voie de sortie salutaire.
Pour Augustin Bala, le cœur du problème réside souvent dans la gestion de l’échec et de l’attente. Lors de son allocution devant une audience attentive, il a souligné que la précipitation et la recherche du succès facile sont les moteurs principaux des déviances actuelles. Pour illustrer son propos, l’élu local a partagé un témoignage personnel poignant, loin de l’image de réussite qu’il projette aujourd’hui. Il a rappelé qu’en 1996, il entamait une longue série de tentatives pour intégrer les grandes écoles du pays. IRIC, École Normale, ENAM : les échecs se sont succédé pendant quatre ans. En l’an 2000, alors qu’il occupait déjà des responsabilités politiques en tant que président de section, il continuait de faire face à des résultats négatifs aux concours.

Cette période fut un véritable test pour son moral. « Comment celui qui commande tous les jeunes du RDPC à Yaoundé 5 peut-il rater le concours ? », se demandait-il à l’époque. Pourtant, plutôt que de sombrer dans l’amertume ou de chercher des raccourcis douteux, il a choisi de voir dans ces épreuves une « école de la vie ». Pour le Maire, il est impératif d’inculquer aux enfants et aux jeunes adultes que le chemin vers la réussite n’est jamais linéaire. La patience n’est pas une attente passive, mais une préparation active et spirituelle aux défis futurs. Il a insisté sur le fait que chaque difficulté rencontrée forge le caractère et prépare à des responsabilités plus grandes.
Le message d’Augustin Bala s’adresse particulièrement à ceux qui, après une ou deux tentatives infructueuses pour trouver un emploi ou réussir un examen, se laissent séduire par l’alcoolisme ou les stupéfiants. Il pointe du doigt ce défaitisme qui transforme un revers temporaire en une tragédie définitive. En affirmant que « la vie est un véritable combat », il rappelle que la réussite est le fruit d’une endurance psychologique qui refuse la démission devant l’obstacle. Selon lui, comprendre que Dieu a un plan pour chaque individu permet de relativiser les retards chronologiques du succès.
En fin de compte, l’histoire personnelle de l’édile de Yaoundé 5 sert de parabole pour toute une génération. Son ascension, d’un jeune candidat maintes fois recalé à la figure de premier magistrat municipal, démontre que la destinée ne se joue pas sur un échec ponctuel. En évoquant même les circonstances de sa naissance comme faisant partie d’un plan divin tracé d’avance, Augustin Bala invite les jeunes à reprendre confiance en leur propre potentiel. Ce plaidoyer pour la persévérance résonne comme un appel à la responsabilité individuelle et collective, rappelant que la construction d’une nation repose avant tout sur une jeunesse capable de résister aux tentations de la facilité pour embrasser durablement les valeurs du travail et de l’intégrité.
Oscar Abessolo


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