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Union Économique de l’Afrique Centrale: le Budget 2026 et ses défis

Face à un contexte économique mondial marqué par une conjoncture internationale complexe, l’Union Économique de l’Afrique Centrale (UEAC) trace les contours de son budget pour l’exercice 2026. Estimée à une enveloppe substantielle de 85 923 690 256 FCFA, cette projection représente une hausse de 2,42% par rapport au budget de 2025 et témoigne d’une ambition renouvelée de développement. Ces chiffres ont été présentés lors des travaux de la 44ème session ordinaire du Conseil des ministres, qui s’est tenue le 31 octobre 2025 à Brazzaville sous la présidence de Ludovic Ngatse, président du Conseil des ministres de I’UEAC. Des assuses qui ont également révélé les prévisions pour le Fonds de Développement de la Communauté (FODDEC) en 2026, qui s’élèveraient à 18 456 365 885 FCFA. Au-delà des chiffres, la réunion a mis en lumière les défis persistants et les obstacles structurels qui entravent la pleine réalisation des ambitions régionales, appelant à une prise de conscience et à des actions concertées pour assurer la prospérité et la stabilité de la sous- région.

Les discussions au sein du Conseil des ministres ont clairement souligné que la route vers la réalisation des objectifs de l’UEAC est semée d’embûches. Ludovic Ngatse n’a pas manqué de le rappeler avec lucidité: << des obstacles persistent: les retards dans le paiement des contributions communautaires, les difficultés d’exécution de certains programmes, et surtout le décalage entre nos ambitions et les moyens effectivement mobilisés pour les réaliser », a t-il indiqué. Ces défis internes sont exacerbés par un environnement économique mondial particulièrement difficile, largement influencé par les répercussions persistantes des conflits russo-ukrainien et moyen-oriental, ainsi que par l’instabilité engendrée par les politiques douanières fluctuantes de grandes puissances économiques. Une conjoncture qui projette une ombre significative sur les perspectives de croissance économique à l’échelle planétaire, alimentant une incertitude qui ne présage rien de bon pour le commerce international et les investissements.

Les projections des institutions financières internationales corroborent d’ailleurs ce diagnostic préoccupant. Selon le Fonds Monétaire International (FMI), dans ses publications d’avril 2025, l’économie mondiale ne devrait connaître qu’un ralentissement modéré, avec une croissance estimée à 2,8% en 2025 et 3,0% en 2026, contre 3,3% enregistrés en 2024. L’Afrique subsaharienne, bien que souvent résiliente, n’échappe pas à cette tendance baissière. Les prévisions annoncent une croissance de 3,8% en 2025 et de 4,2% en 2026, une légère érosion par rapport aux 4% de 2024. Ce recul s’explique par une combinaison de facteurs, notamment la contraction de la demande extérieure, la faiblesse persistante des cours des matières premières, qui constituent souvent l’épine dorsale des économies de la région, et le durcissement des conditions financières internationales qui rend l’accès au financement plus coûteux et plus difficile.

Face à cette toile de fond mondiale complexe, la sous-région d’Afrique centrale est confrontée à des défis majeurs et interdépendants, auxquels le budget 2026 devra apporter des solitions. En effet, la nécessité de diversifier les économies, encore trop dépendantes des ressources naturelles et sujettes à la volatilité des marchés mondiaux, est un impératif

stratégique. Parallèlement, le renforcement du marché commun sous-régional devra ehalement occupé une place prioritaire afin de créer un espace économique intégré et plus résilient. L’urgence de développer les infrastructures de transport et de communication est également criante; sans elles, l’intégration physique et économique reste un vœu pieux. Tout comme la création d’opportunités d’emploi et de développement pour une jeunesse nombreuse et dynamique qui restent une attente pressante des populations. A en croire le President de la Commission des Ministres, ces enjeux appellent un réalignement des moyens alloués aux institutions communautaires pour qu’elles soient mieux à même de mener à bien leurs missions.

D’un autre coté, il sera necessaire de booster le processus d’intégration régionale qui n’est désormais plus une simple option, mais une nécessité stratégique incontournable pour positionner l’Afrique centrale dans la compétition de l’économie mondiale du 21ème siècle. Les populations attendent des résultats tangibles: davantage d’emplois, de meilleures opportunités économiques, et une prospérité partagée qui améliore concrètement leur quotidien. Le constat est clair: aucun pays de la région, pris isolément, ne dispose des ressources ou de la puissance nécessaire pour relever seul les défis monumentaux auxquels la sous-région est confrontée. C’est collectivement, dans un esprit de solidarité, de complémentarité et de coopération renforcée, que les États construiront une Afrique centrale prospère, influente et résiliente.

Le budget de l’UEAC pour 2026 est donc appelé à devenir un véritable instrument de transformation. Il doit impérativement traduire cette ambition commune en réalisations concrètes. La réussite de sa mise en œuvre, ainsi que celle des plans d’actions institutionnels, dépendra de manière décisive de l’amélioration substantielle du taux de recouvrement de la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI). Les engagements pris par les autorités politiques lors de sessions antérieures, notamment la quarante-troisième session du Conseil des ministres à Bangui le 9 septembre 2025, conjugués à l’opérationnalisation effective du prélèvement automatique de la TCI dans l’ensemble des États membres, constituent des leviers d’action décisifs, le moment est venu de les actionner avec détermination. D’autres points importants ont été abordés, tels que le rapport sur la surveillance multilatérale pour 2024 et ses perspectives pour 2025-2026, les grandes orientations des politiques économiques des États membres et des institutions pour 2026, l’adoption du projet CAPS, et l’instauration tant attendue du ‘Free Roaming’ dans l’espace UEAC, des avancées concrètes qui, si elles sont menées à bien, renforceront la cohésion et l’efficacité de l’union.

Oscar Abessolo

Written by Tribune de l'info

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