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Camwater: quand l’interpellation du Président Paul Biya devient le moteur d’une révolution hydraulique et communicationnelle

« Il ne suffit pas de bien faire, encore faut-il le faire savoir ». Cette recommandation du Président de la République, lors d’un de ses récents discours, n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd du côté de la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER). Sous l’impulsion de son Top Management, l’entreprise publique transforme cette orientation présidentielle en un véritable levier de performance. Entre modernisation des infrastructures, révolution digitale et transparence communicationnelle, la Camwater s’engage dans une mutation profonde pour répondre aux attentes des populations camerounaises.

Depuis l’arrivée de Blaise Moussa à la tête de la Camwater, l’entreprise semble avoir opéré une mue spectaculaire. Longtemps critiquée pour son mutisme face aux usagers, la société nationale de l’eau vit aujourd’hui une véritable révolution communicationnelle. L’usager n’est plus un simple matricule, mais un client placé au cœur des réformes. Cette nouvelle approche s’aligne scrupuleusement sur la vision du Chef de l’État : agir efficacement sur le terrain tout en maintenant un dialogue constant et transparent avec la nation. Les Camerounais sont désormais informés, presque en temps réel, des chantiers en cours, des interventions techniques et des éventuelles ruptures de desserte dans leurs quartiers respectifs via des plateformes numériques dynamiques.

L’un des tournants majeurs de cette stratégie se joue actuellement dans la capitale politique. Réunis du 10 au 14 août 2026 à Yaoundé, les responsables, agents et partenaires techniques de la Camwater planchent sur le projet d’interconnexion de huit solutions digitales. Ce chantier numérique vise à éradiquer les lenteurs administratives, limiter les erreurs de facturation, améliorer le traitement des réclamations et, point crucial pour la pérennité de l’entreprise, sécuriser les recettes. En digitalisant sa gestion commerciale, la Camwater fluidifie le parcours client, réduisant les délais pour les nouveaux abonnements et renforçant la proximité entre les agences et les abonnés.

Sur le terrain des infrastructures, les réalisations enregistrées entre 2025 et 2026 sont tout aussi impressionnantes. Le déploiement opérationnel s’appuie sur des investissements massifs et des partenariats stratégiques d’envergure. Le « Projet d’Alimentation en Eau Potable de 13 Villes » (Phases 2 et 3), mené en partenariat avec la société Biwater, en est l’illustration parfaite. Ce programme prévoit l’extension des réseaux de distribution et la fourniture de près de 250 000 kits de branchements et compteurs. Des localités comme Ayos, Eséka ou Bokito voient leur accès à l’or bleu radicalement transformé, réduisant les inégalités territoriales en matière de service public.

À Yaoundé, l’optimisation est le maître-mot. Le Projet d’Optimisation et de Modernisation de l’Eau de Yaoundé (PUMIP) est entré dans sa phase de finalisation. L’enjeu est de reconfigurer et raccorder les réseaux pour intégrer pleinement les volumes d’eau produits par le grand projet PAEPYS. Pour stabiliser la pression dans les zones critiques, le renforcement de l’étage de distribution d’Etoug-Ebe est une priorité. La pose de nouvelles conduites (DN400) permettra d’injecter 10 000 m³ d’eau supplémentaires par jour, apportant un soulagement attendu par des milliers de ménages dans plusieurs quartiers de la capitale.

La capitale économique, Douala, n’est pas en reste. La réhabilitation et la modernisation de la station de Japoma sont au cœur des déploiements pour accroître la capacité de traitement et optimiser le rendement du réseau. En parallèle, la lutte contre le gaspillage et la fraude s’intensifie. Une campagne nationale de maillage et de réduction des pertes a été lancée pour lutter contre les casses de tuyauterie et les branchements illicites qui pèsent lourdement sur l’équilibre financier de la structure.

L’innovation est également au rendez-vous avec la diversification des activités. En 2025, la Camwater a lancé le processus de pré-qualification internationale pour son projet d’eau embouteillée. Sept entreprises avaient été mises en lice pour la mise en place de lignes d’ultrafiltration et d’embouteillage d’eau de table. Ce projet ne vise pas seulement la rentabilité commerciale, mais assure également la disponibilité d’une eau de qualité contrôlée par l’État pour tous les citoyens.

L’aspect social demeure un pilier central de cette feuille de route. Le programme des 200 Bornes-Fontaines Publiques prévu pour 2026 entend implanter des points d’eau communautaires dans toutes les régions, rapprochant ainsi l’eau potable des populations les plus vulnérables. Cette approche inclusive démontre que la modernisation ne se fait pas au détriment de l’équité sociale.

Pour soutenir cette transformation, la rigueur budgétaire est de mise. Pour l’exercice 2026, la Camwater a opéré un choix stratégique fort : allouer près de 39 % de son budget opérationnel exclusivement à l’exploitation et à la maintenance préventive des stations de pompage. Ce virage vers la maintenance préventive, plutôt que curative, est le gage d’une continuité du service public et d’une plus grande longévité des ouvrages d’adduction d’eau.

En clair, en s’appropriant l’interpellation du Président Paul Biya, la Camwater ne se contente plus de « bien faire » dans l’ombre des stations de traitement. Elle communique, innove et bâtit. La sécurisation des grands axes de canalisation et la modernisation digitale ne sont pas de simples termes techniques, mais les fondations d’un nouveau contrat de confiance entre la Camwater et le peuple camerounais. Le défi de l’eau potable au Cameroun est immense, mais avec cette stratégie mêlant audace technologique et transparence médiatique, l’entreprise publique montre qu’elle est désormais sur la bonne trajectoire.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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