Dans le but de porter la capacité de traitement à plus de 3,5 millions de tonnes en réduisant de 80% les importations, la future Société Nationale de Rafinerie mettra une emphase sur la modernité, la compétivité, la performance et l’intégration des standards internationaux. Un ensemble de valeurs qui ont été présentées le 29 juin 2026 à Yaoundé, au cours de la cérémonie de lancement du Market Sounding, pour la réhabilitation de cette entreprise publique. Les travaux étaient présidés par le ministre des Finances Louis Paul Motaze et en présence de plusieurs personnalités.

La Société Nationale de Raffinage (Sonara) est plus que jamais engagée dans son processus de réhabilitation et de modernisation, destiné à accroître drastiquement sa capacité de traitement et à aligner ses produits sur les standards internationaux les plus exigeants, a été officialisé. Cette transformation signe l’acte de naissance d’une entreprise futuriste, dotée des atouts nécessaires pour relever les défis économiques et industriels du XXIe siècle.
En substance, le projet traduit une volonté affirmée d’atteindre de nouveaux horizons et constitue un acte d’une importance stratégique capitale. La raffinerie, à l’arrêt depuis 2019 suite à un sinistre majeur, voit aujourd’hui sa reconstruction politique et opérationnelle se concrétiser.

L’arrêt prolongé de l’activité de raffinage a eu des répercussions directes et considérables sur l’économie camerounaise. La conséquence la plus prégnante est la dépendance accrue aux importations de produits raffinés. Cette situation exerce une pression constante sur la balance commerciale et expose le pays aux fluctuations des cours internationaux des hydrocarbures. Dans le contexte actuel de crises géopolitiques, telles que les tensions irano-américaines, le coût de ces importations s’enflamme, augmentant la charge sur les finances publiques et le pouvoir d’achat des ménages. Sans une remise en état et une modernisation adéquates, le Cameroun demeure ainsi prisonnier de cette dépendance structurelle. L’enjeu est donc double : réduire cette vulnérabilité, limiter la pression sur les réserves de devises et, simultanément, valoriser les produits camerounais en se comparant favorablement avec des raffineries à conversion profonde plus modernes et compétitives.
La réhabilitation vise ainsi la remise en état des unités opérationnelles directement ou indirectement affectées par le sinistre. Ceci inclut la réfection de l’unité de stockage logistique, la stabilisation, les unités de production d’essences, celles de conditionnement du Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL), ainsi que le traitement des zones de procédés et de régénération.

La modernisation, quant à elle, est la clé de la performance future. Elle passera par l’installation d’une unité de conversion, incluant des boots de capacité, permettant d’accroître le potentiel de transformation. Surtout, elle introduira des unités dédiées à l’alignement des produits aux standards environnementaux internationaux les plus stricts. Une unité de désulfuration sera notamment mise en place pour réduire drastiquement les teneurs en soufre des carburants, assurant ainsi leur conformité aux normes Euro 5 et Euro 6. L’ensemble de l’outil industriel sera ainsi modernisé pour répondre aux exigences contemporaines.
Ce chantier d’envergure est planifié sur un délai de réalisation de 36 mois, une période durant laquelle l’expertise technique et la volonté politique convergeront pour redonner à Sonara son lustre d’antan.
Des objectifs stratégiques multiples pour la croissance nationale
Comme l’a souligné le ministre Louis Paul Motaze, ce projet de réhabilitation poursuit pas moins de cinq objectifs majeurs, reflets de la vision gouvernementale.
D’abord, la souveraineté énergétique à travers la migration vers une indépendance accrue en réduisant notre dépendance aux importations. Ensuite la capacité nationale où il faudra accroître significativement les capacités de raffinage locales pour satisfaire la demande intérieure croissante et les besoins des marchés sous-régionaux. La compétitivité et normes environnementales, qui permettra à la Sonara de produire des carburants conformes aux normes environnementales internationales les plus récentes, tout en améliorant sa compétitivité. L’amélioration des balances macroéconomiques devra permettre de renforcer les balances commerciales et des paiements par la réduction des importations et la limitation des sorties de devises. Pour ce qui est de la transformation économique, il s’agira de stimuler la transformation économique de la ville de Limbé et, plus largement, le développement industriel national, par la création d’emplois directs et indirects, le développement de la sous-traitance et le renforcement des chaînes de valeur.

Au-delà de ces cinq axes, la réhabilitation de la Sonara constitue un pilier essentiel pour renforcer la résilience de l’économie camerounaise face aux chocs pétroliers externes et pour atténuer leurs effets sur les ménages et les entreprises.
Ce projet incarne la vision stratégique du Chef de l’État en faveur de l’industrialisation du pays, du renforcement de la souveraineté économique et de l’accélération de la transformation structurelle de l’économie nationale. Il s’agit d’un enjeu fondamental pour le Cameroun, qui aspire, à travers Sonara, à se repositionner comme un acteur majeur de la souveraineté énergétique et du développement industriel en Afrique Centrale.
Oscar Abessolo

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