Face à la recrudescence des violences, kidnappings et situations de précarité infantile au Cameroun, le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille lance dès demain 30 juin cette campagne dont les contours ont été donnés Jean Baptiste NYEBEL, Sous-Directeur en charge de la Promotion et de la Protection de l’enfant au MINPROFF. Déployée à l’occasion de la 36e Journée de l’Enfant Africain, l’initiative interpelle directement les parents sur leur responsabilité première en matière de protection, à un moment où « l’enfant n’est en sécurité nulle part », alerte le MINPROFF.

Le thermomètre « n’est pas du tout bon » pour les enfants au Cameroun, résume Jean Baptiste NYEBEL, invité ce matin sur Cameroon Feeling, une émission diffusée par la télévision nationale Viols d’enfants, y compris en très bas âge, enlèvements, exploitation dans la rue avec « des plateaux, des bonbons ou des mouchoirs » : les faits divers s’enchaînent. À cela s’ajoute l’insécurité routière. « Dans notre pays, l’usager prioritaire de la voie publique n’est pas le piéton, mais c’est carrément l’inverse », déplore-t-il, pointant du doigt le danger pour les enfants de 7 ou 8 ans envoyés seuls pendant les vacances. « Le soir, l’enfant n’est pas rentré. Tous les jours, on voit des avis de recherche ». Même les espaces jugés sûrs ne le sont plus. « Avant, on pensait qu’il fallait mettre les enfants dans des milieux religieux ou associatifs pour qu’ils soient en sécurité. Sauf que même de ce côté, le danger s’est infiltré », constate le responsable du MINPROFF.
« Je protège mon enfant partout » : responsabiliser les parents en premier
L’objectif de la campagne numérique est ainsi de briser le déni. « Continuer à faire le déni, c’est un peu comme se dire : ‘Ça n’arrivera qu’aux autres’. Or ça peut arriver à tout le monde ». Avec le slogan « Je protège l’enfant partout, faites de même », le MINPROFF veut promouvoir la « parentalité positive ». Le message clé : « Chaque parent doit savoir que son enfant, c’est d’abord lui son protecteur. L’État vient après, les autres structures viennent après ».

La campagne sera diffusée dans les téléphones et les différentes plateformes numériques. « Ce n’est pas du tout un secret pour personne. Nous savons que tout le monde connaît toutes ces atrocités que subissent les enfants. Et au Cameroun aussi, nous en connaissons », précise le Sous-Directeur.
Une mobilisation adaptée aux mutations sociales
Pensée pour l’ère digitale, la campagne prend en compte « les différentes plateformes numériques qui existent ». Un choix assumé par le MINPROFF pour toucher les parents là où ils sont, au cœur des mutations sociales actuelles.
Lancée à l’aune des grandes vacances, période de « repos et de distraction » mais aussi de plus grande exposition aux risques, l’initiative veut enclencher une prise de conscience collective. Car comme le martèle le MINPROFF : « l’enfant n’est en sécurité nulle part aujourd’hui au Cameroun ».
Oscar Abessolo, source: Cellcom Minproff

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