in

Journée mondiale des réfugiés:Voici la déclaration de la CDHC

Célébrée le 20 juin 2026, la 25é édition se tient sous le thème: “Jusqu’à ce que tout le monde soit en sécurité”

“La Commission se remémore que c’est par la résolution A/RES/55/76 du 4 décembre 2000, relative au 50e anniversaire du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), que l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) a décidé qu’à compter de 2001, le 20 juin marquera la Journée mondiale des réfugiés (JMR). Ce faisant, elle a universalisé les termes de la résolution n° 398, adoptée par le Conseil des ministres de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) à laquelle a succédé l’Union africaine (UA) qui, lors de sa 24e session ordinaire qui s’est tenue à Addis-Abeba du 13 au 21 février 1975, avait décidé que « la Journée des réfugiés africains [italiques ajoutés] sera célébrée par les États membres le 20 juin de chaque année », après avoir pris acte – avec satisfaction – de l’entrée en vigueur, le 20 juin 1974, de la Convention de l’OUA régissant les aspects propres au problème des réfugiés en Afrique.

La Commission accueille avec satisfaction le thème retenu par les Nations Unies pour l’édition 2026 de la Journée mondiale des réfugiés, à savoir Jusqu’à ce que chacun soit en sécurité. Un thème qui exhorte chaque Gouvernement à garantir des systèmes d’asile justes et accessibles, les donateurs à maintenir l’aide vitale, la communautés à accueillir les personnes contraintes de fuir et, chacun d’entre nous, à défendre le principe selon lequel la sécurité ne doit jamais dépendre de la nationalité, de la richesse, de l’origine ethnique, de la religion, du sexe, des opinions politiques ou du statut migratoire. Un thème qui rappelle que la protection n’est pleinement réalisée que lorsque les personnes contraintes à l’exil peuvent vivre sans crainte, reconstruire leur vie, contribuer à leur communauté et, lorsque les conditions le permettent, rentrer volontairement chez elles, en toute sécurité et dans la dignité.

La Commission rappelle que la Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples (CnADHP) a constamment affirmé dans sa jurisprudence et ses résolutions, notamment dans sa résolution 333 sur la situation des réfugiés, des demandeurs d’asile et des personnes déplacées internes en Afrique, que « nul ne peut être soumis par un État membre à des mesures telles que le refus d’admission à la frontière, le refoulement ou l’expulsion qui l’obligeraient à retourner ou à demeurer dans un territoire où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté seraient menacées ».

La Commission se réjouit de la reconnaissance, par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, des actions remarquables de certains leaders communautaires en faveur des réfugiés, à l’instar de l’attribution à Sa Majesté Martin AZIA SODEA, Chef du village Gado Badzere dans le Département du Lom et Djerem, Région de l’Est, du Prix Nansen, à Genève le 16 décembre 2025, pour son engagement exemplaire en faveur de l’accueil et de l’accompagnement de plus de 36 000 réfugiés. Cette distinction, qui récompense le courage, l’empathie et la détermination à protéger les personnes contraintes de fuir leur foyer met en lumière des initiatives de solidarité particulièrement inspirantes.

La Commission reste préoccupée par la réduction drastique des financements alloués à l’assistance humanitaire, ce qui est susceptible d’affecter la qualité et la continuité des services essentiels destinés aux réfugiés, aux demandeurs d’asile et aux personnes déplacées internes, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la protection et de l’alimentation, ce qui a conduit au spectacle désolant de hordes de volontaires arpentant les rues de certaines grandes villes, y compris Genève, pour tendre la sébile aux passants, afin de recueillir des fonds pour les réfugiés.

La Commission reste préoccupée par la persistance des cas de fraude documentaire et d’usurpation d’identité qui permettent à certains réfugiés d’obtenir irrégulièrement des documents administratifs nationaux et de bénéficier indûment des Droits et avantages réservés aux citoyens camerounais.

La Commission souligne que la corruption constitue un facteur aggravant de la vulnérabilité des réfugiés, des demandeurs d’asile et des personnes déplacées, dans la mesure où elle compromet l’accès équitable aux services de base, à la protection humanitaire, aux documents administratifs, à la justice ainsi qu’aux mécanismes d’assistance ; elle rappelle également que la corruption affaiblit l’efficacité des politiques publiques, compromet la transparence et la redevabilité dans la gestion de l’aide humanitaire, fragilise la confiance des populations concernées envers les institutions et constitue un obstacle à la pleine réalisation des Droits de l’homme.

La Commission relève que sur les 220 recommandations acceptées par l’État à l’occasion de l’adoption du Rapport du passage du Cameroun au 4e cycle de l’Examen périodique universel (EPU) le 26 mars 2024, neuf sont en consonance avec la thématique de l’édition 2026 de la Journée mondiale des réfugiés, elles sont reproduites dans la Déclaration de la CDHC de ce jour, après avoir été ventilées par l’institution nationale des Droits de l’homme du pays aux structures pertinentes de l’État et aux OSC, chacune en ce qui la concerne.

La Commission réitère ses recommandations formulées dans sa Déclaration du 20 juin 2025 à l’occasion de la célébration de la 24e édition de la Journée mondiale des réfugiés, notamment aux Forces de défense et de sécurité de continuer à améliorer les dispositifs sécuritaires dans les zones en proie à l’insécurité y compris en renforçant leur présence dans les camps de réfugiés, ce qui implique également l’investissement dans des équipements de sécurité plus performants, une meilleure coordination entre les différentes forces et le renforcement continu et obligatoire de la formation des membres de leur personnel aux exigences du Droit international des Droits de l’homme, du Droit international humanitaire et du Droit des réfugiés, notamment en matière de protection des civils, de traitement digne des personnes déplacées et réfugiées, de protection des enfants et des femmes, de prévention des violences sexuelles et sexistes, autant que sur l’usage strictement nécessaire et proportionné de la force.

La Commission recommande spécifiquement à la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN), au BUNEC et au MINAT de renforcer les mécanismes de contrôle, de sécurisation biométrique et de vérification des documents d’identité, ainsi que les sanctions contre les auteurs de fraudes documentaires et d’usurpation de nationalité.

Source: CDHC

Written by oscar

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GIPHY App Key not set. Please check settings

What do you think?

Projet « Un Million de Branchements »: la Camwater booste la contractualisation directe des consommateurs via compteurs divisionnaires