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Droits de l’enfant au Cameroun : la CDHC tire la sonnette d’alarme sur l’accès à l’eau, l’hygiène et la persistance des violences

À l’occasion de la Journée de l’enfant africain, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a publié une déclaration solennelle appelant à une action accrue pour garantir des conditions de vie dignes et sûres à chaque enfant du pays. Si des avancées notables sont reconnues dans l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, l’institution dénonce avec fermeté la persistance de violences extrêmes et les inégalités criantes, particulièrement dans les zones rurales, compromettant ainsi le développement et la sécurité des plus jeunes.

Chaque 16 juin, le continent africain commémore les victimes de Soweto et réaffirme son engagement inaliénable envers la protection et la promotion des droits des enfants. Pour l’édition 2026, le thème « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique » a été retenu, un choix pertinent et salué par la CDHC. Cette thématique fait directement écho à l’Article 14 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, qui stipule le droit à un environnement propice à leur développement. Au Cameroun, ce droit fondamental trouve également ancrage dans la Constitution du 18 janvier 1996, qui consacre le droit à un environnement sain.

La Commission félicite les efforts déployés par l’État camerounais, notamment l’adoption de la Politique nationale de l’eau en 2019 et son lancement officiel le 11 avril 2025 à Yaoundé, avec le soutien technique et financier de l’UNICEF. Les engagements pris lors de la table ronde stratégique du Compact national Eau, tenue les 1er et 2 avril 2026 en présence d’acteurs majeurs tels que la Banque Mondiale, l’Union Européenne et la SFI, visent à atteindre l’accès universel à l’eau d’ici 2030. Ces initiatives, bien que louables, peinent cependant à masquer une réalité plus sombre sur le terrain.

Les chiffres concernant l’accès aux services essentiels restent préoccupants et révèlent un fossé numérique important. Actuellement, seuls 70% des Camerounais bénéficient d’un accès à l’eau potable, un taux qui s’élève à 82% en milieu urbain mais chute drastiquement à 52% en zone rurale. Les statistiques relatives à l’assainissement de base sont encore plus alarmantes : le taux national n’atteint que 43%, avec seulement 58% en ville contre un dérisoire 22% en campagne. Ces disparités posent un risque sanitaire majeur et entravent le bien-être quotidien de millions d’enfants.

Au-delà des enjeux d’accès à l’eau et à l’assainissement, la CDHC condamne avec la plus grande vigueur la recrudescence d’actes d’une extrême gravité qui bafouent la dignité et la vie des enfants. La Commission dénonce des infanticides, des filicides, des mutilations génitales féminines et divers drames intrafamiliaux. Ces atteintes, qui heurtent profondément la conscience collective, constituent de graves violations des droits humains et compromettent irrémédiablement le développement physique, psychologique et social des enfants victimes et de leurs communautés.

Face à cette situation alarmante, le Gouvernement camerounais manifeste une volonté de réaction. Une conférence de presse conjointe des ministres de la Communication, de la Promotion de la Femme et des Affaires Sociales, tenue le 1er juin 2026, a annoncé une riposte coordonnée et le renforcement des mesures de protection judiciaire. Parallèlement, une séance de travail s’est tenue le 10 avril entre la CDHC et le MINPROFF (Ministère de la Promotion de la Femme et de l’Enfant) pour aborder spécifiquement les violences basées sur le genre et les infanticides.

Malgré ces efforts, la CDHC presse les pouvoirs publics à aller plus loin. La Commission exhorte le Gouvernement, le Parlement et le pouvoir judiciaire à renforcer la répression à l’encontre des auteurs de ces crimes odieux. Elle exige des poursuites accélérées et des sanctions exemplaires, axées sur un principe de tolérance zéro. Une demande spécifique est adressée au Ministère des Affaires Sociales (MINAS) : la mise en place d’infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement accessibles aux enfants en situation de handicap dans tous les établissements publics et centres d’accueil.

Pour conclure, la CDHC rappelle que trois des 220 recommandations acceptées par le Cameroun lors du 4e cycle de l’Examen Périodique Universel en mars 2024 portent directement sur le thème de la Journée de l’enfant africain. Ces recommandations soulignent l’urgence à agir. La Commission martèle avec force : l’eau, l’hygiène et la sécurité ne sont pas des luxes pour les enfants ; ce sont, avant tout, des droits fondamentaux qui doivent être garantis sans délai ni discrimination.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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