Devant un parterre de journalistes nationaux et internationaux réunis à Yaoundé le 28 août 2025, le candidat investi à l’élection présidentielle d’octobre prochain, par le parti Univers a dévoilé les contours de son programme politique, mettant un accent particulier sur les 100 premiers jours de son éventuel mandat, ainsi que sur une vision à plus long terme destinée à transformer le Cameroun. Le bâtonnier a également saisi l’occasion pour expliquer les raisons de son recours auprès du Conseil Constitutionnel et dénoncer frontalement les maux qui, selon lui, gangrènent la gestion du pays par le pouvoir sortant , citant nommément la mal gouvernance, la corruption endémique et l’opacité dans la gestion des ressources nationales, illustrées notamment par l’affaire Glencore.

Implanter un tout nouveau paradigme à l’aune de son mandat, telle l’ambition première du candidat Akere Muna, s’il accède à la magistrature suprême. Au cœur de cette période initiale de 100 jours, Muna s’engage à instaurer un climat social apaisé, marquant ainsi une rupture avec les tensions actuelles. Au volet sécuritaire, il promet la fin des conflits armés, un objectif ambitieux mais essentiel pour la cohésion nationale. La réduction du coût de la vie chère figure également en bonne place, une préoccupation majeure pour la majorité des Camerounais. Sur le plan de la citoyenneté et de la gouvernance, le programme met en avant la reconnaissance de la plurinationalité et l’implication institutionnelle des Camerounais vivant à l’étranger, considérés comme de précieux atouts pour le développement. La simplification des procédures administratives et la création d’établissements scolaires décents pour tous viennent compléter cette première salve d’engagements, visant des changements immédiats et tangibles.
Au-delà de ces 100 premiers jours, Akere MUNA a esquissé les grandes lignes de son mandat de transition, qu’il projette d’une durée de cinq ans. Sa feuille de route inclut une politique de tolérance zéro face à la corruption et à la délinquance, le développement économique axé sur la création d’emplois durables, et la mise en place d’un système de santé accessible à tous. Il s’est également engagé à réformer les institutions pour qu’elles soient plus proches des populations et à améliorer la voirie, la gestion des ordures et à garantir une justice véritablement inclusive. Ces promesses dessinent les contours d’une refondation de l’État camerounais, portée par une volonté de rupture et de progrès.

Concernant la stratégie de campagne, MUNA et son équipe ont clairement indiqué leur approche, qui contraste avec les méthodes traditionnelles de mobilisation de masse. « Nous savons comment les autres font pour rassembler 50 000 ou 100 000 personnes. Nous avons opté pour une campagne de proximité », a précisé un membre du panel. Cette stratégie repose sur des descentes sur le terrain, des visites dans les communes et un travail de porte-à-porte, un choix délibéré de privilégier l’échange direct avec les Camerounais plutôt que de « faire le buzz ». Le candidat se targue d’avoir déjà visité plus de 143 arrondissements depuis janvier 2024, consolidant ainsi une base électorale qu’il considère comme l’ensemble du territoire camerounais. « Notre idée, c’est pas de faire le buzz mais d’échanger avec les camerounais », ont-ils souligné, exprimant la conviction que la véritable force électorale ne se mesure pas au nombre de foules rassemblées, mais à la profondeur du lien tissé avec les citoyens.
Oscar Abessolo


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