Dans le cadre de cette campagne qui se veut mondiale, l’association présidée par Caroline Megang Kamdem, a réaffirmé son engagement indéfectible en organisant une journée de sensibilisation visant à ancrer durablement son action dans le tissu social et à instaurer des mécanismes de protection et d’accompagnement continus des femmes et des jeunes filles camerounaises.

L’édition 2025 des 16 Jours d’activisme contre les VBG a offert une plateforme opportune à l’Union pour la Recherche et le Leadership au Féminin (URLF) pour braquer les projecteurs sur son combat de longue date contre les violences faites aux femmes. L’association, fondée en 2013, a saisi cette occasion pour renforcer son engagement, notamment par l’organisation d’une journée d’activités riche en enseignements le 8 décembre 2025, au Centre de Promotion de la Femme et de la Famille de Yaoundé 2. L’objectif premier, selon Caroline Megang Kamdem, présidente de l’URLF, était de s’adresser directement aux femmes, piliers de la famille et de la société : « C’était pour nous l’occasion de sensibiliser une fois de plus les femmes qui sont au cœur de la famille, qui sont au cœur de la société, et les femmes autour desquelles il faut organiser toutes les actions de sensibilisation ».

Cette année, l’URLF a mis un accent particulier sur le travail de prévention auprès des plus jeunes : « Et aujourd’hui, on s’est dit qu’il fallait davantage travailler à la base, c’est-à-dire la jeune fille qui sera future mère de famille, future femme au foyer, et ce sont elles qui sont le centre dans toutes les grandes communautés. » L’activité visait ainsi à les interpeller et à les informer, de façon générale, sur les enjeux liés aux VBG, leurs manifestations et leurs conséquences dévastatrices. Cette approche proactive témoigne d’une vision stratégique visant à former une génération consciente et résiliente face aux violences d’ici et d’ailleurs.
L’engagement de l’URLF dans la lutte contre les VBG ne date pas d’hier. Depuis sa création, l’association œuvre inlassablement à sensibiliser le public, hommes et femmes confondus, sur les violences basées sur le genre et sur les mécanismes de protection existants. Plus qu’une simple sensibilisation, l’URLF s’est engagée dans l’accompagnement concret des victimes. En partenariat avec le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff) et le Ministère de la Justice (Minjustice) depuis 2015, l’organisation a mis en place un programme tripartite d’accompagnement gratuit des femmes victimes de violence et de maltraitance. Ce programme, qui fait l’objet de rapports annuels soumis aux institutions partenaires, atteste de l’efficacité et de la pérennité des actions menées.

Fort de ces collaborations, l’URLF bénéficie d’un numéro vert mis à disposition par le Minproff. Ce canal de communication précieux permet aux femmes victimes ou à toute personne témoin de violences de contacter l’association pour une prise en charge rapide. L’URLF peut ainsi agir, dénoncer, ou guider les victimes dans les processus de réparation et de reconstruction.
Au terme de plus d’une décennie d’activités, les résultats sont palpables. De nombreuses femmes et jeunes filles ont été accompagnées, retrouvant espoir et dignité. L’association dispose d’une équipe pluridisciplinaire comprenant des psychologues, des juristes et des médecins, offrant un soutien complet et adapté aux besoins de chaque femme. Ce réseau d’experts garantit une prise en charge holistique, qui contribue à la réinsertion et au bien-être des bénéficiaires.
Au-delà de l’accompagnement, l’URLF mène des actions de formation essentielles, notamment sur les dangers de l’excision. Ces sessions, organisées au moins deux fois par an, ciblent particulièrement les communautés les plus concernées, dont la communauté musulmane, reconnue pour son engagement auprès de l’association. Ces formations visent à éradiquer des pratiques néfastes et à promouvoir la santé et les droits des femmes et des jeunes filles.
Envisageant l’avenir, l’ambition de l’URLF est d’étendre leur portée au-delà de Yaoundé et toucher d’autres régions du Cameroun. L’organisation aspire à multiplier les formations et les causeries éducatives, notamment dans les zones reculées et les régions du grand Nord, où les besoins sont criants. « Notre objectif est de pouvoir faire ces formations un peu partout au Cameroun, surtout dans les zones cibles », explique Caroline Megang Kamdem. Cependant, cette expansion nécessite des ressources financières considérables, souvent difficiles à mobiliser de manière constante. Bien que le soutien du Minproff soit apprécié, il n’est pas toujours régulier. L’association lance donc un appel pressant aux organisations internationales pour un accompagnement accru et durable, seule garantie d’un impact national pérennisé et d’une lutte efficace et continue contre les violences basées sur le genre sur l’ensemble du territoire camerounais.
Oscar Abessolo


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