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Conseil National des Femmes: le processus de création officiellement lancé

Visant à structurer et à renforcer l’efficacité des femmes dans leur dialogue avec l’État, tout en catalysant la mise en œuvre des engagements nationaux et internationaux en matière d’égalité de genre, cet outil vient de voir les bases de son fondement posées au cours d’un atelier présidé par la ministre de la promotion de la femme et de la famille Marie Thérèse Abena Ondoa. L’activité qui se tient sur 2 jours à Yaoundé est organisée par l’ONG ACAHIJEC Centre AFIRI, avec le soutien majeur de l’UNFPA et le CNUDHD-AC.

L’atelier de lancement, qui s’est tenu au Bureau Régional du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, témoigne d’une volonté politique affirmée de transcender les structures actuelles pour bâtir un instrument véritablement capable de représenter et de défendre les intérêts des plus de la moitié de la population camerounaise que constituent les femmes. Il avait pour mission principale de susciter une concertation élargie autour du projet.

Les participants ont été immergés dans la compréhension du cadre juridique et des instrumentations internationales qui encadrent et légitiment la création de tels mécanismes nationaux. L’objectif était de démontrer les avantages tangibles que procure une structure nationale structurée pour les femmes, capable de parler d’une seule voix et d’influencer positivement les politiques publiques. Les discussions ont également mis un accent particulier sur les recommandations formulées lors du 4ème cycle de l’Examen Périodique Universel (EPU), un mécanisme crucial des Nations Unies, en ce qui concerne la promotion et la protection des droits humains des femmes sur le territoire camerounais. Au-delà de ces aspects normatifs, l’atelier a permis de présenter en détail les grandes lignes et les contours du projet, ainsi que d’esquisser la feuille de route qui définira les prochaines étapes cruciales, notamment l’élaboration et l’adoption des statuts et du règlement intérieur qui régiront le fonctionnement du futur Conseil.

La vision portée par les initiateurs est celle d’un Cameroun où l’égalité de genre n’est pas seulement un idéal, mais une réalité tangible et partagée. Yvonne Flore Belema, présidente de l’ONG ACAHIJEC, a articulé cette vision avec force, qualifiant l’atelier d’« acte fondateur » et soulignant que cette initiative vise à « poser les jalons du projet ». Elle a martelé un message fort, résumant la philosophie qui anime cette démarche : « l’égalité ne se mendie pas, elle se construit ». Selon elle, le Conseil National de la Femme Camerounaise doit être plus qu’une simple structure administrative ; il est conçu pour incarner une « force de proposition, un espace de vigilance, un moteur de transformation sociale et un partenariat stratégique ». Cette conception ambitieuse découle d’une conviction profonde : « sans une voix forte et organisée, les engagements resteront des promesses ». Le futur Conseil s’annonce ainsi comme un organe profondément représentatif, conçu pour intégrer la diversité du tissu social camerounais. La présidente de l’ONG a précisé que ce Conseil sera ouvert à toutes les catégories de femmes, en tenant compte des différentes composantes ethniques du pays. Pour garantir une inclusion pleine et entière, des quotas sont envisagés pour assurer une représentation adéquate des femmes rurales, des jeunes, des femmes vivant avec un handicap, des entrepreneures, des leaders communautaires, ainsi que des représentantes des divers groupes socioculturels. Cette richesse de perspectives est identifiée comme la clé de la force et de la légitimité du Conseil.

L’engagement des partenaires internationaux, à l’instar de l’UNFPA, confirme la pertinence et l’importance de cette initiative à une échelle plus globale. Aymar Some, représentant du Représentant Résident de l’UNFPA au Cameroun, a exprimé la fierté de l’organisation de soutenir une démarche qui « vise à promouvoir les droits des femmes et des jeunes filles au Cameroun ». Pour l’UNFPA, l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes sont intrinsèquement liées au développement durable et à la paix dans la région. Par conséquent, le Conseil National de la Femme est perçu comme un « outil important pour renforcer la participation des femmes dans la prise de décision et pour promouvoir leurs droits ». L’UNFPA est convaincu que cet atelier sera couronné de succès et que les recommandations qui en émergeront contribueront significativement à améliorer la condition de la femme et de la famille au Cameroun, réaffirmant ainsi leur engagement à soutenir les efforts du gouvernement camerounais pour l’atteinte des objectifs de développement durable, en particulier l’Objectif 5 qui met l’accent sur l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et filles.

Du côté gouvernemental, la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, a souligné la pertinence de l’initiative dans un contexte africain où de nombreux pays ont déjà opté pour des structures similaires. Pour elle, ces conseils nationaux sont des « espaces de discussion, d’échange et de partage d’expériences pour toutes les femmes de tout bord sans discrimination ». Ils offrent une plateforme essentielle qui « donne la possibilité de changer, de s’exprimer et de parler des problèmes des femmes », ouvrant ainsi la voie à des solutions concrètes. L’objectif sous-jacent est de mener le Cameroun vers une implémentation complète de l’Objectif de Développement Durable 5, à travers la création d’un environnement propice où chaque femme peut faire entendre sa voix et contribuer pleinement au développement de sa nation. L’atelier de Yaoundé, en posant les bases de ce Conseil, réaffirme donc l’engagement du Cameroun à construire une société plus juste, plus équitable et plus inclusive pour toutes ses citoyennes.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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