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Projet de gestion des risques climatiques dans l’Extrême-Nord: la FAO et la DG ECHO lancent la 3é phase

Centré sur l’anticipation de la protection de plus de 366 000 personnes, l’acte 3 de cette initiative est au centre d’un atelier qui se tient du 21 au 23 juillet 2026, à Maroua. Porté par la FAO avec le soutien financier de la DG ECHO, ce nouveau cap vise à consolider les acquis depuis 2021 et à étendre l’intervention à 14 communes, dont Vélé et Kai-Kai. L’objectif est d’ institutionnaliser l’anticipation et faire des communautés les premiers acteurs de leur résilience.

La région de l’Extrême-Nord, déjà fragilisée par un taux de pauvreté de 69,2% et des chocs récurrents, entre dans une nouvelle étape. Après 5 ans d’actions concrètes, la 3ᵉ phase du projet « Renforcement des systèmes de gestion des risques coordonnés pour une préparation, une anticipation et une réponse rapide et efficace aux chocs climatiques »a été officiellement lancée à Maroua.

Financé par la Direction Générale de la Protection Civile et des Opérations d’Aide Humanitaire Européennes DG ECHO et mis en œuvre par la FAO en consortium avec Action contre la Faim, la Croix-Rouge française, la Croix-Rouge camerounaise, CODAS Caritas, CADEPI et l’ONACC, ce projet marque le passage d’une logique d’expérimentation à une logique d’institutionnalisation.

Un atelier pour arrimer l’action aux priorités locales

L’atelier de lancement de Maroua a pour ambition d’assurer une compréhension commune du projet, clarifier les rôles de chaque acteur et valider un cadre opérationnel partagé pour les 14 communes ciblées.

Cette 3ᵉ phase ne se contente pas de poursuivre. Elle étend le dispositif à deux nouvelles communes, Vélé et Kai-Kai, pour atteindre un total de 14 communes particulièrement exposées aux inondations, sécheresses et conflits. Plus de 366 000 personnes devraient bénéficier directement du renforcement des systèmes d’alerte précoce, de préparation et d’action anticipatoire.

Concrètement, les parties prenantes réunies à Maroua se sont engagées sur plusieurs livrables : un plan d’action consolidé avec chronogramme, une matrice RACI pour clarifier les responsabilités, un cadre de gouvernance du consortium, un dispositif de suivi-évaluation redevabilité et apprentissage, ainsi qu’une cartographie actualisée des acteurs. L’enjeu est de faire en sorte que les mécanismes ne dépendent plus uniquement des partenaires humanitaires, mais soient portés durablement par la Direction de la Protection Civile, l’ONACC et les collectivités territoriales décentralisées.

Capitaliser sur ce qui marche : l’anticipation au cœur de la réponse

Depuis 2021, l’approche a fait ses preuves. Le projet a mis en place 150 comités communautaires actifs, 12 plans communaux multirisques et un dispositif d’alerte décadaire avec l’ONACC. Grâce au prépositionnement des stocks, la réponse est plus rapide.

L’exemple de Blangoua en 2025 est emblématique : 5 400 personnes ont reçu une aide avant la survenue des inondations, ce qui a permis d’éviter une dégradation de leurs moyens de subsistance. « Nous ne répondons plus seulement après la catastrophe. Nous agissons en amont pour protéger les vies et les revenus », a rappelé Gérald Tchatchoua, Chargé des programmes à la FAO Cameroun lors du lancement à Maroua.

Cette 3ᵉ phase vise à aller plus loin en utilisant davantage les données climatiques, hydrologiques et communautaires pour agir avant le choc : protéger les champs avant les inondations, organiser des évacuations préventives.

Pour le Cameroun, un pari sur la durabilité et la souveraineté

« La DG ECHO est fière d’accompagner cette initiative. L’ambition commune est que les résultats obtenus s’inscrivent dans la durée et continuent à produire leurs effets au bénéfice des populations les plus vulnérables », a déclaré Muhameda TULUMOVIC, Représentant de la DG ECHO.

Au-delà de l’urgence, cette phase mise sur trois atouts majeurs pour le Cameroun. Premièrement, une gouvernance renforcée avec un leadership accru des institutions nationales et locales. Deuxièmement, une approche centrée sur les communautés où les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec un handicap et les autorités locales sont au cœur des comités de gestion des risques. Troisièmement, des partenariats solides qui mutualisent l’expertise technique et la connaissance du terrain pour transformer les politiques en actions concrètes.

En arrimant la feuille de route régionale à la Plateforme RRC/ABC et en mobilisant des financements dédiés à la préparation, le Cameroun réduit progressivement sa dépendance à l’urgence.

À Maroua, le message était clair : pour l’Extrême-Nord, l’avenir ne se subit plus. Il s’anticipe.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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