Le comité de coordination pour la protection et l’encadrement psychologique des femmes et personnes vulnérables a lancé ses activités, le 3 septemvre 2026, dans la commune dirigée par Augustin Tamba. Sous l’impulsion de la Première Dame Chantal Biya, l’initiative presidée par Marie Thérèse Abena Ondoa, associe le ministère de la promotion de la femme et de la Famille, celui de l’enseignement supérieur et les 11 universités d’État. Elle vise à briser la loi du silence, accompagner les victimes et prévenir les féminicides par le dialogue et la proximité.

La réponse à la montée des violences faites aux femmes et aux personnes vulnérables passe désormais par l’écoute et l’accompagnement de proximité. C’est le sens de la journée de sensibilisation sur le dialogue au sein des communautés et la gestion pacifique des conflits organisée à Yaoundé 7 par le comité de coordination pour la protection et l’encadrement psychologique des femmes et personnes vulnérables au Cameroun.
L’initiative prend racine dans l’émotion nationale suscitée par des drames récents, dont celui d’une jeune mère qui a ôté la vie à ses enfants avant de se donner la mort à Nkolbisson. Face à l’horreur, la Première Dame du Cameroun, Chantal Biya, a décidé de prendre le fléau à bras le corps. Elle a impulsé la création d’un cadre de synergie entre le ministère de l’enseignement supérieur, le Minproff et les onze universités d’État du Cameroun, sanctionné par la signature d’un mémorandum d’entente. Objectif : mutualiser les ressources pour accompagner les victimes de violences ainsi que les personnes vulnérables, avec en ligne de mire l’éradication des féminicides et de toutes les formes de violences.

Pour la ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa, il ne suffit plus de condamner. « Il s’agit ici d’une rencontre pour assurer un encadrement psychosocial aux victimes des violences. Ça intéresse essentiellement les femmes, les jeunes et les personnes vulnérables. Lors de la dernière commémoration de la journée internationale de la femme, le 8 mars, la Première Dame s’est insurgée contre les violences faites aux femmes et les féminicides. Leur nombre ne fait qu’augmenter. Et elle ne s’est pas arrêtée là. Elle s’est dit : il ne suffit pas seulement de condamner, il faut mener des actions concrètes », a-t-elle indiqué. Le comité créé à cet effet démarre donc son travail de terrain à Yaoundé 7, avec l’implication des communautés, des autorités traditionnelles et de la société civile. Le dispositif prévoit un travail de recherche, des campagnes de sensibilisation, et surtout la mise en place progressive de centres d’écoute, y compris en milieu universitaire où les violences sont également présentes. L’accompagnement ne concernera pas seulement les victimes. « Les bourreaux aussi, lorsqu’ils sortiront, même le temps en détention. Parce que si on n’encadre pas psychologiquement, le bourreau va continuer son travail », précise la Ministre. Elle insiste sur la nécessité de briser la loi du silence : « Il faut encourager les victimes à dénoncer, à éviter le pire. On dit souvent : “Oui tu es partie, il faut supporter”. Non, il ne faut pas supporter pour laisser des orphelins ».

Au-delà du volet psychosocial, l’approche intègre la dimension économique. La précarité est identifiée comme un facteur aggravant des conflits au sein des ménages. « Si nous réussissons à autonomiser économiquement nos filles, nos jeunes, je pense que nous allons leur permettre de participer au fonctionnement des ménages et à se sentir utiles ». Et au cœur de tout, le dialogue. « Il faut que les gens se parlent, partagent leurs soucis ».
Le maire de Yaoundé 7, Augustin Tamba, également président des Communes et Villes Unies du Cameroun, s’est dit disposé à accompagner l’État dans cette démarche. « La Première Dame du Cameroun, Madame Chantal Biya, est à l’initiative de ces organisations. Nous voulons également remercier le gouvernement. Mais nous voulons dire que nous allons garantir la puissance des relais locaux, parce que la commune doit avoir un rôle contributif. C’est ça qui donne aussi un sens à la décentralisation. Les personnes vulnérables doivent être protégées. Les féminicides sont inacceptables. Et Yaoundé 7 qui a été choisi est un exemple ». Il a réaffirmé l’engagement des communes à véhiculer le message via les comités de quartier et les chefferies, en s’appuyant sur les dispositifs d’accompagnement social déjà existants.

À travers ce lancement à Yaoundé 7, le CCPEP pose les premières pierres d’un maillage national. L’ambition est claire : que chaque communauté dispose bientôt d’un espace d’écoute, que chaque victime trouve une oreille, et que la prévention devienne une responsabilité collective.
Oscar Abessolo

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