Réuni le 2 juillet dernier sous la présidence de Grégoire Owona, le Comité national de lutte contre le travail des enfants a fait le point sur l’exécution du PANETEC et des recommandations de 2025. Objectif etait accélérer l’éradication du phénomène, en cohérence avec les engagements internationaux du Cameroun et la cible 8.7 des ODD.

Trente représentants d’administrations, de partenaires sociaux, d’ONG et d’organismes techniques se sont retrouvés le 2 juillet 2026 dans la salle de conférences du ministère du Travail et de la Sécurité sociale. À l’initiative du ministre Grégoire Owona, cette session visait à évaluer les avancées enregistrées depuis août 2025 et à mesurer l’impact du Plan d’action national pour l’élimination des pires formes de travail des enfants, le PANETEC.
Les échanges en plénière ont porté sur plusieurs volets : suivi des recommandations de la dernière session, présentation des initiatives des différentes parties prenantes, examen du rapport final d’évaluation du PANETEC, analyse de l’application des conventions n°138 et n°182 de l’OIT, et validation du rapport national sur la question. Y ont pris part le MINTSS, le MINAS, le MINEFOP, le MINPROFF, le MINJUSTICE, le MINADER, le MINEDUB, la SED-GN, la DGSN, l’INS, le GECAM, la CSTC, l’ONG ASSEJA, la CNDHL, le BIT et ICI.
Le constat reste préoccupant. À l’échelle mondiale, l’OIT estime à 160 millions le nombre d’enfants astreints au travail. Le Cameroun n’est pas épargné. D’après l’enquête de l’INS de 2007, 27,9% des enfants de 5 à 17 ans, soit plus de 1,6 million, étaient impliqués dans des travaux à abolir. 71% d’entre eux évoluaient dans l’agriculture, la pêche, la chasse et la sylviculture, essentiellement en zone rurale.
Pour y répondre, l’État a durci son arsenal. Sur Très Hautes Instructions du Président Paul BIYA, le Cameroun a consolidé son engagement multisectoriel avec l’appui de l’OIT. Membre titulaire du Conseil d’administration du BIT, le pays a ratifié les conventions clés : âge minimum n°138, pires formes de travail des enfants n°182, travail forcé n°29 et abolition du travail forcé n°105. Ces engagements internationaux sont relayés par le Code du travail et la loi sur la traite des personnes.
La colonne vertébrale de cette riposte, c’est le PANETEC. Adopté en 2017 puis actualisé en 2020, ce plan repose sur six axes : mise en conformité législative, éducation, protection sociale, emploi et RSE, questions transversales, et pilotage du suivi. Dans la même logique, le Cameroun a rejoint l’Alliance 8.7 le 11 mai 2020 pour contribuer à l’atteinte de l’ODD 8.7 : éradiquer le travail des enfants d’ici 2025. Cette coalition mondiale regroupe le BIT, la FAO, l’OIM, le HCR, l’UNICEF et d’autres acteurs.
L’architecture institutionnelle a été complétée le 23 juin 2020 par arrêté du Premier ministre : création du Comité national de lutte contre le travail des enfants. Organe quadripartite, il est chargé de proposer et coordonner les actions pour faire reculer le fléau sur tout le territoire.
Au terme des travaux de juillet 2026, plusieurs acquis ont été notés : rappel et état d’avancement des recommandations de 2025, inventaire des actions menées, présentation de l’étude sur les conventions de l’OIT et bilan final du PANETEC. Les participants ont formulé de nouvelles recommandations pour intensifier la mise en œuvre du plan et accélérer les progrès. L’ambition demeure : protéger les droits des enfants et leur garantir un avenir conforme à la vision du Chef de l’État et aux engagements pris par le Cameroun sur la scène internationale.
Oscar Abessolo


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