Le Ministre des Travaux Publics a comparu ce 28 novembre 2025 devant la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, une étape déterminante dans le processus d’élaboration budgétaire annuelle. La rencontre, tenue alors que l’année 2025 touche à sa fin, visait à dépeindre avec une clarté les besoins réels et pressants pour la construction, la réhabilitation et l’entretien du réseau routier national, ainsi qu’à consolider les capacités techniques essentielles à la bonne conduite des projets d’infrastructures d’envergure pour l’exercice 2026. Cette présentation, qui s’est déroulée au sein du Palais de Verre Paul Biya, s’inscrit dans le cadre de la justification des projections financières des administrations publiques, permettant aux élus de la nation de scruter et d’approuver les allocations destinées à un secteur vital pour la mobilité et le développement économique du pays.

L’intervention du ministère s’est articulée autour de la défense des allocations budgétaires projetées, soulignant la contribution intrinsèque de ces fonds à la mise en œuvre des ambitions gouvernementales en matière de mobilité et de développement territorial. Le budget alloué au Ministère des Travaux Publics pour l’année fiscale 2026 s’élève précisément à 651,952 milliards de francs CFA en crédits de paiement. Cette enveloppe globale se décompose en deux masses principales : 539,74 milliards de francs CFA dédiés aux dépenses d’investissement, pierres angulaires de la construction et de l’amélioration des infrastructures, et 112,212 milliards de francs CFA destinés aux dépenses de fonctionnement, assurant la pérennité des opérations, la gestion quotidienne et le soutien aux activités stratégiques. Ces chiffres témoignent d’un effort conséquent pour adresser les défis infrastructurels, tout en tenant compte des contraintes budgétaires et des priorités nationales.
La structure du budget 2026 du MINTP repose sur quatre programmes dits « structurants », conçus pour refléter les orientations stratégiques du gouvernement. Le premier programme met l’accent sur la construction de nouvelles infrastructures routières, essentielles pour désenclaver des régions, faciliter les échanges commerciaux et stimuler la croissance économique. Le second programme est consacré à la réhabilitation et à l’entretien du patrimoine routier existant, un aspect souvent négligé mais fondamental pour garantir la durabilité des investissements passés et optimiser l’utilisation des routes actuelles. La troisième composante se focalise sur la réalisation des études techniques et l’appui à la maîtrise d’œuvre pour une variété de projets d’infrastructures, assurant ainsi une planification rigoureuse et une exécution de qualité. Enfin, le quatrième programme couvre la gouvernance et la gestion des fonctions supports, indispensables pour garantir l’efficacité opérationnelle, la transparence et le bon fonctionnement de l’ensemble des départements du ministère.

Dans le détail des ressources financières allouées à l’exercice budgétaire 2026, il est notable que le budget d’investissement public s’élève à 539,740 milliards de francs CFA. Ces fonds sont alimentés par une combinaison de ressources externes, totalisant 265,900 milliards de francs CFA, et de ressources internes, qui atteignent 273,540 milliards de francs CFA. Cette prépondérance relative des ressources internes dans le financement de l’investissement public signale une stratégie visant à renforcer l’autonomie financière et la maîtrise des projets nationaux. Les ressources internes ordinaires, en particulier, atteignent 135,740 milliards de francs CFA, représentant une part significative du financement. D’autres allocations internes incluent 60,000 milliards au titre du Plan d’Urgence Triennal (PLANUT), 35,000 milliards de contreparties en dépenses réelles, 22,500 milliards de transferts en capital aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), 15,000 milliards pour les études et maîtrises d’œuvre spécifiques, 5,200 milliards de contreparties en taxes et droits de douane, et enfin 0,300 milliard de subventions en investissement aux établissements publics sous-tutelle. Cette diversification des sources de financement internes témoigne d’une volonté d’optimiser l’utilisation des ressources nationales pour des projets d’envergure.

Concernant le budget de fonctionnement, d’une enveloppe de 112,212 milliards de francs CFA, des postes de dépenses significatifs sont clairement identifiés. Le Fonds Routier, d’un montant de 50,000 milliards de francs CFA, constitue la plus importante ligne budgétaire, illustrant l’attention portée au financement de la maintenance et des opérations routières essentielles. Les loyers afférents aux Partenariats Public-Privé (PPP) représentent 43,500 milliards de francs CFA, reflétant l’implication croissante de ces mécanismes dans la réalisation d’infrastructures. Les charges de personnel, incluant les salaires (6,523 milliards) et autres dépenses de personnel (0,644 milliard), sont provisionnées, aux côtés des dépenses de fonctionnement courant telles que l’eau, électricité, téléphone (0,702 milliard) et autres biens et services (10,113 milliards), lesquelles garantissent le bon déroulement des activités administratives et techniques du ministère.
Une observation particulièrement encourageante concerne l’accroissement des ressources internes du Budget d’Investissement Public pour 2026. Celles-ci enregistrent une augmentation notable de 16,588 milliards de francs CFA, soit une hausse de 9,8% en glissement annuel, pour s’établir à 273,540 milliards de francs CFA. Cette dynamique positive vient renforcer la capacité de financement des transferts destinés aux communes, chaque commune recevant une dotation de 100 millions de francs CFA, un levier important pour le développement local. De plus, cette augmentation permettra d’amorcer, sur les ressources internes, des projets d’envergure stratégique, telle que la reconstruction tant attendue de l’axe routier Yaoundé-Douala. Cette initiative, fondamentale pour l’économie nationale, bénéficiera donc d’un soutien accru grâce à cette mobilisation des ressources nationales. Le budget 2026 du MINTP, par ses allocations et ses priorités, vise ainsi à bâtir un réseau routier moderne, un pilier essentiel pour la croissance économique et le bien-être des citoyens.
Oscar Abessolo


GIPHY App Key not set. Please check settings