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Campagne nationale « Je protège l’enfant partout. Fais de même »: Marie Thérèse Abena Ondoa présente les spécificités

Face à une conjoncture sociale préoccupante, le miinistère de la promotion de la femme et de la famille (Minproff) a officiellement lancé le mardi 30 juin 2026, à Yaoundé, une initiative nationale d’envergure baptisée « Je protège l’enfant partout. Fais de même ». Cette campagne d’envergure vise à sensibiliser et mobiliser l’ensemble des citoyens pour assurer une protection renforcée des enfants, particulièrement vulnérables durant la période des vacances scolaires. Les principaux enjeux ont été présentés au cours d’un point de presse que donnait le chef de ce departement ministériel en présence de personnalités clés, dont le Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Éducation de Base (Minedub) et le Vice-président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun, soulignant l’urgence d’une action collective face aux multiples dangers guettant la jeunesse camerounaise.

La ministre de la promotion de la femme et de la famille a dressé un tableau sombre mais réaliste de la situation actuelle, pointant du doigt une « atmosphère sociale lourde » où les faits observés « donnent des sueurs froides ». Les dérives signalées sont plurielles et alarmantes : violences de toutes formes, abus divers, exploitation sous toutes ses manifestations (y compris le travail des enfants), assassinats, mariages précoces non consentis, accès non contrôlé aux réseaux sociaux et à des contenus inappropriés générant cybercriminalité, ainsi que le fléau du petit commerce sur la voie publique. Ces réalités exposent constamment nos enfants à un danger permanent à travers le pays. Abena Ondoa a particulièrement insister sur la recrudescence de ces risques durant les périodes où les enfants sont censés se reposer et se divertir.

Les vacances scolaires, traditionnellement synonymes de joie, de détente et de retrouvailles familiales, se transforment malheureusement, selon le constat du ministère, en une période de vulnérabilité accrue pour les mineurs. Loin de la structure et de la supervision de l’école, les enfants se retrouvent plus exposés aux tentatives d’exploitation, aux violences physiques et psychologiques, aux abus sexuels, et parfois même à des pratiques qui hypothèquent gravement leur avenir. « Notre devoir collectif est de veiller à ce que ces vacances soient synonymes de sécurité, de bien-être et d’épanouissement », a martelé la ministre, expliquant ainsi la genèse de cette initiative nationale.

Les objectifs définis pour cette campagne sont multiples et ambitieux, reflétant la complexité du défi à relever. Premièrement, elle ambitionne de sensibiliser les parents et l’ensemble des structures familiales sur leur rôle primordial et irremplaçable dans la protection des enfants, en les outillant sur les risques et les stratégies de prévention. Deuxièmement, l’initiative vise à mobiliser activement les communautés dans leur globalité, ainsi que leurs leaders sociaux et traditionnels, afin de tisser un réseau de vigilance et de créer un environnement sociétal intrinsèquement protecteur. Troisièmement, la campagne entend impliquer les médias de toutes sortes (presse écrite, audiovisuelle et numérique) comme vecteurs essentiels pour relayer largement les messages de prévention, d’alerte et de vigilance sur l’ensemble du territoire. Enfin, et c’est peut-être le point le plus crucial, elle cherche à encourager chaque citoyen, quel que soit son statut ou sa profession, à adopter des comportements responsables, solidaires et proactifs envers tous les enfants, qu’ils soient les siens ou ceux de son entourage.

« Vous l’aurez compris, pas de vacances pour la vigilance ! », a déclaré la ministre, soulignant le caractère permanent et impératif de cette démarche. Elle a réaffirmé un postulat fondamental, souvent répété mais toujours essentiel : « Protéger un enfant, c’est protéger l’avenir de notre nation. C’est investir dans une société plus juste, plus humaine et plus prospère. » Cette conviction, ancrée dans les mécanismes juridiques internationaux qui placent le « meilleur intérêt de l’enfant » au centre des préoccupations, interpelle l’ensemble de la communauté. Elle a rappelé la pertinence des propos de l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies, feu Kofi Annan, qui, lors de la Journée Mondiale de l’Enfance en 2005, avait affirmé : « Rien n’est plus important que de bâtir un monde dans lequel TOUS NOS ENFANTS auront la possibilité de réaliser pleinement leur potentiel et de grandir en bonne santé, dans la paix et dans la dignité ». Cet idéal, a-t-elle souligné, ne peut être atteint sans un cadre juridique, socioculturel, économique et politique inclusif et propice à l’épanouissement de chaque enfant.

Dans un appel solennel, la ministre a lancé un vibrant appel à l’action : « que chacun de nous devienne un acteur vigilant et engagé dans la protection des enfants ». Elle a insisté sur la notion de responsabilité élargie, allant bien au-delà du cercle familial immédiat. « Il ne suffit pas de protéger son propre enfant, il faut aussi veiller sur celui du voisin, de la communauté, et finalement, de la nation». La protection de l’enfant n’est donc pas une simple option morale, mais un devoir civique et humain fondamental. L’initiative « Je protège l’enfant partout. Fais de même » est ainsi le symbole d’un engagement renouvelé, un appel à la conscience collective pour bâtir un Cameroun où chaque enfant peut grandir en sécurité et s’épanouir pleinement, à l’abri des dangers qui menacent sa tendre enfance et son avenir.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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