Dans un engagement marquant pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, le Cameroun a présenté aujourd’hui sa stratégie ambitieuse pour la mise en œuvre d’une Budgétisation Sensible au Genre (BSG). L’initiative, détaillée lors du Sommet Mondial des Femmes à Istanbul, vise à refondre les politiques publiques et les allocations budgétaires pour qu’elles tiennent compte des besoins diversifiés de tous, avec un principe directeur clair : « ne laisser personne derrière ».

L’exposé, prononcé par Madame Marie Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, portait sur le thème « L’ÉGALITÉ DES GENRES ET AUTONOMISATION DES FEMMES AU CAMEROUN : MISE EN ŒUVRE D’UNE BUDGÉTISATION SENSIBLE AU GENRE DANS LE CONTEXTE DE RÉFORME BUDGÉTAIRE ». Cette présentation s’inscrit dans le cadre plus large de la Stratégie Nationale de Développement 30 (SND30), le document de référence adopté par le Cameroun en juillet 2020, qui a pour objectif central d’« améliorer la gouvernance pour renforcer la performance de l’action publique ». Parmi les défis majeurs identifiés par cette stratégie figure la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes, les filles et les garçons.
« Notre vision est de faire de la budgétisation un outil puissant de transformation sociale, un levier pour atteindre une véritable égalité des genres et garantir que chaque citoyen, indépendamment de son sexe ou de sa catégorie sociale, bénéficie du développement », a déclaré la Ministre Abena Ondoa. Le Cameroun dispose ainsi d’un environnement politique, économique et social perçu comme favorable à la promotion de l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes, un terreau fertile pour l’implémentation de politiques novatrices.
Constat des inégalités persistantes, malgré les progrès
Malgré les efforts déployés et certains progrès notables, la réalité sur le terrain révèle que les inégalités de genre demeurent un frein significatif à la croissance inclusive et à la lutte contre la pauvreté dans plusieurs secteurs du développement national. Les statistiques partagées soulignent cette dichotomie : seulement 10,8 % des maires sont des femmes (39 sur 360), 4,5 % des partis politiques sont dirigés par des femmes (13 sur 291), le taux de femmes sous-préfètes s’élève à 4,2 % (15 sur 360), et les femmes ne représentent que 15,4 % des ministres (6 sur 39) dans le gouvernement actuel.

Ces chiffres illustrent le chemin encore à parcourir pour assurer une représentation équitable et un accès égal aux postes de décision et aux responsabilités publiques. La Budgétisation Sensible au Genre est ainsi présentée non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen stratégique essentiel pour démanteler ces barrières structurelles.
Un engagement présidentiel et gouvernemental fort
L’initiative prend appui sur une volonté politique claire et soutenue. La Ministre Abena Ondoa a rappelé que « les circulaires du Chef de l’État depuis 2010 édictent des directives sur la prise en compte de la dimension de genre dans les documents budgétaires des administrations publiques ». Cet ancrage institutionnel est un témoignage de la reconnaissance du rôle central du budget comme instrument de mise en œuvre des politiques d’égalité.
La BSG au Cameroun est donc conçue comme un levier stratégique pour réduire les inégalités de genre et promouvoir une croissance qui profite à tous. Elle s’inscrit dans le cadre des engagements nationaux, notamment ceux contenus dans la SND30, et des obligations internationales du pays en matière de droits humains et d’égalité des sexes.
Vers une transformation durable des politiques publiques
L’expérience camerounaise, telle que décrite par la Ministre, montre une évolution progressive mais déterminée vers une meilleure intégration des enjeux de genre dans les stratégies et les finances publiques. Cette dynamique est soutenue par des réformes budgétaires continues, un engagement institutionnel fort, et l’apport d’un soutien technique et financier.
« La BSG au Cameroun représente un engagement durable à transformer les politiques publiques en levier pour l’autonomisation des femmes et des filles », a affirmé la ministre qui renchéri :« l’expérience camerounaise témoigne d’une évolution progressive vers une meilleure intégration des inégalités de genre dans les politiques publiques et les finances, portée par des réformes budgétaires, un engagement institutionnel, et le soutien technique et financier ». Cette approche holistique vise à garantir que les ressources publiques contribuent activement à l’édification d’une société plus juste, équitable et prospère pour toutes et tous.
Oscar Abessolo

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