Combler le vide persistant dans la concrétisation des droits fondamentaux, tel est le fil d’Ariane du partenariat stratégique scellé entre le Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique (MINJEC) et la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC). Parachevé le 19 mars 2026, à Yaoundé, ce protocole d’accord novateur, matérialise une collaboration étendue sur trois années. Fruit d’une volonté commune de renforcer le tissu social et civique, il entend armer la jeunesse camerounaise des connaissances et des outils nécessaires pour une pleine jouissance de ses droits et une contribution active à la nation.

Le document, fruit de négociations approfondies, vise à instaurer un cadre de coopération structuré et pérenne entre les deux institutions. L’initiative prend racine dans le constat partagé d’un décalage significatif entre les droits reconnus aux jeunes et leur application pratique au quotidien. En particulier, dans un contexte africain où le retard dans la concrétisation de ces droits se fait encore davantage sentir, la nécessité de sensibiliser et d’outiller la jeunesse sur ses prérogatives( telles que le droit à l’information, la protection contre la violence, un environnement sain, ou encore le droit à un repos effectif) est devenue une priorité nationale. L’objectif sous-jacent est de permettre à chaque jeune de connaître ses droits, d’assumer ses responsabilités et de devenir un acteur engagé et éclairé du développement.
Le mémorandum d’entente, d’une durée initiale de trois ans renouvelable par consentement mutuel, est méticuleusement articulé en trois chapitres principaux. Le premier chapitre pose les dispositions générales et définit le périmètre des actions conjointes. Il met l’accent sur des domaines cruciaux tels que la promotion et la protection des droits et libertés fondamentaux de la jeunesse, le renforcement du réarmement moral, civique et entrepreneurial des jeunes, ainsi que la diffusion et la consolidation de l’éducation civique. Cette première section jette les bases d’une synergie institutionnelle, orientée vers le développement intégral de la nouvelle génération.

Le chapitre 2, quant à lui, détaille les obligations réciproques des deux parties, engageant le MINJEC et la CDHC à mutualiser leurs ressources humaines, matérielles et structurelles. Pour le MINJEC, les engagements sont multiples et orientés vers la mobilisation et l’accompagnement des jeunes. Il s’agit notamment de connecter les jeunes bénéficiaires aux projets et programmes de développement portés par la CDHC, d’assurer le réarmement moral, civique et entrepreneurial des jeunes impliqués dans les activités du mémorandum, et d’apporter un soutien technique précieux à la CDHC dans la mise en œuvre des actions de promotion et de protection des droits. De plus, le ministère s’engage à associer activement la commission à ses propres activités visant la promotion et la défense des droits des jeunes, consolidant ainsi une approche intégrée et participative.
Parallèlement, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun s’engage, de son côté, à accompagner le MINJEC d’un point de vue technique. Ses missions incluent la mobilisation et la sensibilisation des jeunes sur les questions sociales, les valeurs républicaines, la cohésion nationale et le vivre-ensemble harmonieux. La CDHC s’activera également à soutenir le MINJEC dans le développement d’initiatives novatrices en matière de promotion et de protection des droits des jeunes, et dans la mobilisation potentielle de ses partenaires nationaux et internationaux pour un soutien accru aux jeunes. Un axe majeur de son engagement concerne également le développement d’initiatives de prévention des violences en milieu jeune, un fléau qui affecte souvent la jeunesse dans son épanouissement.

Le chapitre 3 quant à lui, rassemble les dispositions générales, diverses et finales du mémorandum. Il stipule que les parties agissent de bonne foi et prendront toutes les mesures nécessaires pour garantir la réalisation effective des objectifs fixés. Une disposition clé concerne la coordination et le suivi-évaluation : chaque institution désignera deux points focaux chargés d’élaborer et de communiquer un rapport semestriel sur l’état de mise en œuvre du mémorandum. L’objectif global de cette collaboration est clair et ambitieux : promouvoir collectivement et améliorer la protection des droits des jeunes sur tout le territoire, grâce à la mise en commun des ressources. C’est la reconnaissance que la concrétisation effective des droits des jeunes passe d’abord et avant tout par leur pleine connaissance et leur promotion active. Ce partenariat marque ainsi une étape décisive vers une jeunesse camerounaise plus informée, plus consciente de ses droits, et donc mieux à même de contribuer à l’édifice national.
Oscar Abessolo


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