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Projet AVTR : le Cameroun a la solution contre l’hécatombe routière, pourquoi l’État la laisse dormir au Parlement ?

Pendant que les routes camerounaises continuent de tuer chaque semaine, un projet concret d’assistance médicale d’urgence aux victimes d’accidents de la route est en étude au Parlement depuis des années. Porté par l’Hôpital de la Paix de Maroua et son promoteur Emmanuel Bisong Egbe , présenté explicitement au Ministère des Transports et au Ministère de la Santé Publique, le projet AVTR ( Assistance aux Voyageurs du Transport Routier) propose de prendre en charge immédiatement les accidentés et de fournir des données en temps réel. Pourquoi reste-t-il dans les tiroirs ?

Combien de morts faudra-t-il encore compter ? Combien de communiqués de condoléances ? La question n’est plus technique, elle est politique. Le Cameroun détient pourtant une réponse opérationnelle à l’hécatombe qui endeuille ses axes routiers. Elle a un nom : AVTR, pour Assistance aux Voyageurs du Transport Routier. Une idée simple, redoutablement efficace, et 100% camerounaise.

AVTR, c’est quoi ? Le bon sens qui sauve des vies

Imaginé et porté par l’Hôpital de la Paix de Maroua, sous la conduite de son promoteur Emmanuel Bisong Egbe, le projet AVTR est officiellement parrainé et piloté par le Ministère des Transports (MINT). Il s’attaque au maillon le plus faible de la sécurité routière au Cameroun : l’après-accident. Aujourd’hui, une victime d’accident de bus sur l’axe Yaoundé-Bafoussam ou Ngaoundéré-Garoua meurt souvent faute de prise en charge dans la première heure. AVTR veut briser ce fatalisme avec des actions concrètes : L’assistance médicale d’urgence immédiate sur les lieux de l’accident pour les passagers des transports en commun affiliés. La prise en charge financière initiale des soins, évitant le scandale bien connu du “pas d’argent, pas de soins” à l’entrée des urgences. La collecte de données en temps réel sur les accidents, pour offrir enfin au MINT un outil d’aide à la décision fiable, au lieu des statistiques parcellaires actuelles.

Le projet s’inscrit parfaitement dans le 5e pilier des Nations Unies pour la sécurité routière et dans la Stratégie nationale de lutte contre les accidents. Sur le papier, tout est coché.

Un projet qui a tout vu, sauf le feu vert

Et c’est là que le scandale commence. L’AVTR n’est pas une idée jetée sur Facebook. Il a été présenté explicitement au Ministère des Transports et au Ministère de la Santé Publique. Il a fait l’objet de procédures de souscription auprès des agences de voyages, avec un guichet de liaison opérationnel à l’Hôpital de la Paix de Maroua. Les dossiers juridiques, licences de transport, fiches techniques des flottes : tout le circuit administratif a été pensé.

Mieux encore, le projet est en étude au Parlement depuis des années. Des années pendant lesquelles les rapports de la gendarmerie et les bilans du MINT n’ont cessé d’aligner les morts par dizaines.

Alors, question simple aux pouvoirs publics : à quoi sert une représentation nationale qui laisse dormir un projet qui sauve des vies ? À quoi servent deux ministères (Transports et Santé) qui ont le projet sur leur table et qui laissent les hôpitaux continuer à gérer l’urgence avec les moyens du bord ? Pourquoi une initiative privée, venue du Septentrion et qui propose de désengorger les urgences et de sécuriser les voyageurs, ne bénéficie-t-elle pas d’un décret d’application d’urgence ?

Le coût de l’inaction

Chaque mois sans AVTR, c’est un coût humain que personne ne chiffre : des familles brisées, des travailleurs perdus pour l’économie, des hôpitaux débordés. C’est aussi un coût financier : l’État continue de payer la facture des accidents sans jamais investir dans la prévention de la mortalité post-accident.

Le promoteur, Emmanuel Bisong Egbe et son équipe à Maroua, ont fait leur part : penser, structurer, proposer. Les agences de transport, elles, sont prêtes à s’affilier. Il appartient désormais au Gouvernement et aux Parlementaires de sortir de l’attentisme. Dans un pays où l’on meurt plus sur la route qu’on ne devrait, maintenir le projet AVTR en étude parlementaire indéfiniment n’est plus de la prudence administrative. C’est une faute politique.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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