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Offre en électricité et en eau potable: le minée scrute les avancées du pôle industriel de Kribi

Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a effectué, le 19 août 2026, une descente dans le chef lieu du département de l’Océan, pour évaluer les solutions mises en place afin de renforcer et sécuriser l’approvisionnement en électricité et en eau potable du complexe industrialo-portuaire. Entre infrastructures achevées et défis persistants sur le corridor de transport, le Gouvernement réaffirme sa volonté de faire de Kribi le fer de lance de la compétitivité économique du Cameroun.

« L’électricité, c’est vraiment l’oxygène pour l’industrie. » Par cette formule imagée, Gaston Eloundou Essomba a rappelé, lors de sa visite de travail, l’enjeu vital de l’énergie pour le développement du Port Autonome de Kribi (PAK). À mesure que de nouvelles unités industrielles s’implantent dans la zone logistique, la pression sur la demande énergétique s’accentue. Pour le Gouvernement, l’objectif est clair : éviter que l’instabilité ou l’insuffisance de l’offre ne vienne freiner la production ou altérer la compétitivité des entreprises locales et internationales.

Le premier point d’étape de cette visite a été le poste électrique 225/30 kV du Port Autonome de Kribi. Véritable poumon de distribution, cette infrastructure est dotée d’une capacité totale de transformation de 120 MVA, répartie sur deux transformateurs de 60 MVA chacun. Sur place, le constat est satisfaisant : la construction du poste est totalement achevée. Les essais électriques individuels ainsi que les essais d’acceptation sur site (Site Acceptance Tests) ont été réalisés avec succès, confirmant que l’infrastructure est prête à injecter de la puissance dans le réseau local.

Accompagné de Félix Nguele Nguele, Gouverneur de la Région du Sud, et de Bouba Haman, Préfet de l’Océan, ainsi que des Directeurs Généraux du PAK, de l’ARSEL et de la CAMWATER, le Ministre a pu observer la qualité des installations qui doivent désormais être reliées au réseau de transport national.

Le cœur du dispositif technique repose sur la ligne 225 kV KPDC–PAK. Conçue en deux circuits distincts, cette ligne offre une flexibilité indispensable. Le premier circuit établit une liaison directe entre la centrale à gaz de Kribi (KPDC) et le poste du PAK, garantissant une source de proximité. Le second circuit, connecté à la ligne en provenance de Mangombé, ouvre la porte au Réseau Interconnecté Sud (RIS).

Cette configuration permet de mobiliser les grandes centrales hydroélectriques du pays, telles que Nachtigal, Songloulou et Memve’ele. En cas de défaillance d’une source, l’autre prend le relais. « C’est une redondance qui permet d’assurer la sécurité de l’approvisionnement à tout moment », a expliqué le Ministre. L’ambition est d’offrir aux industriels une énergie non seulement disponible en volume, mais surtout d’une qualité constante et sans interruption.

Progrès Techniques et Obstacles Sociaux

Si les équipements sont au rendez-vous (100 % du matériel de la ligne est livré et les équipements du poste sont intégralement fabriqués )le chantier de la ligne de transport présente un bilan contrasté. Les travaux de génie civil avancent bien : 109 fondations sur les 121 prévues sont sorties de terre, soit un taux de réalisation de 89 %. Cependant, le montage des pylônes est encore à la traîne avec seulement 32 unités érigées sur 121 (26 %).

Le principal frein identifié reste la libération du corridor. Environ 6 kilomètres de tracé font encore l’objet de préoccupations d’ordre social. Ces blocages, souvent liés aux indemnisations ou aux contestations foncières, retardent la finalisation de la ligne. Le Ministre a instruit ses services et les autorités administratives locales de redoubler d’efforts pour lever ces goulots d’étranglement, car le temps industriel ne saurait s’accommoder des lenteurs administratives.

L’Eau Potable : Le Second Pilier de la Croissance

La mission ministérielle ne s’est pas cantonnée à la seule question électrique. Gaston Eloundou Essomba a également inspecté le projet d’Alimentation en Eau Potable du Port Autonome de Kribi. Pour le MINEE, l’attractivité de la zone repose sur un binôme indissociable : « Il faut de l’eau, il faut de l’électricité. »

Les processus industriels, qu’ils soient chimiques, agroalimentaires ou métallurgiques, sont de gros consommateurs de ressources hydriques. L’extension du réseau d’eau potable, pilotée avec la CAMWATER, vise à anticiper les besoins des futures zones d’habitation et des usines qui fleurissent autour du port.

Vers une Capacité de 620 MW

Face à une demande qui croît « de manière exponentielle », le Gouvernement voit déjà plus loin. Le Ministre a évoqué l’extension prévue de la centrale à gaz de Kribi. L’objectif affiché est de porter sa capacité de production à 620 MW, transformant la cité balnéaire en un hub énergétique majeur pour toute la sous-région.

En conclusion, si les infrastructures de Kribi affichent des avancées technologiques majeures, leur efficacité réelle dépendra de l’achèvement rapide des lignes de transport. Pour le complexe industrialo-portuaire, l’enjeu dépasse largement les chiffres techniques : il s’agit de transformer chaque mégawatt et chaque mètre cube d’eau en emplois, en valeur ajoutée et en croissance pour l’économie camerounaise.

Oscar Abessolo, Source: Cellcom Minée

Written by oscar

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