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Ministre à la Barre : Comment Fuh Calistus Gentry Pilote la Transformation Minière du Cameroun

Alors que le Cameroun accélère sa transition d’un pays au vaste potentiel minier à un grand producteur minier, tous les regards sont tournés vers le ministre intérimaire des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, le professeur Fuh Calistus Gentry. Sous sa direction technique, le pays franchit des étapes industrielles concrètes tout en mettant en œuvre des réformes visant à formaliser un secteur historiquement complexe et souvent marqué par l’informalité. Ces derniers mois ont été particulièrement féconds, témoignant d’une dynamique nouvelle visant à traduire le potentiel géologique camerounais en richesses tangibles pour le développement national. La vision ambitieuse est claire : transformer le Cameroun en un acteur majeur de l’industrie minière mondiale, en s’appuyant sur une gouvernance renforcée et des projets d’envergure.

Ces derniers mois ont été marqués par des progrès sans précédent sur des projets majeurs qui jettent les bases de l’avenir industriel minier du Cameroun, symbolisant cette nouvelle ère de développement. Deux projets phares d’exploitation de minerai de fer dans la région Sud, inaugurés officiellement par le Premier ministre en présence du ministre Gentry, illustrent parfaitement cette orientation. Le projet de minerai de fer de Bipindi-Grand Zambi, par exemple, a vu son exploitation minière débuter concrètement, comme l’a confirmé le ministre Gentry lors d’une visite de travail en avril 2025.
À ce jour, environ 600 000 tonnes de minerai sont déjà stockées, avec l’ambition d’atteindre rapidement 7 millions de tonnes avant le démarrage du traitement industriel. Pour ce faire, deux usines de traitement sont actuellement en construction, destinées à produire un concentré de fer de haute qualité, spécifiquement conçu pour les marchés d’exportation, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives commerciales au Cameroun. Parallèlement, la construction du terminal minier de Kribi-Lobé, une infrastructure d’exportation d’une importance capitale, a franchi une étape décisive avec la pose de la première pierre. Ce terminal est appelé à devenir un canal dédié, facilitant l’acheminement sécurisé et efficace des minéraux camerounais vers les marchés internationaux. Un autre projet d’envergure, le projet de bauxite de Minim-Martap, présenté comme la première grande mine de bauxite du pays, progresse également à grands pas, avec une première livraison prévue pour mi-2026. Le ministre Gentry a joué un rôle déterminant dans la signature de la convention minière pour ce gisement à haute teneur, un projet stratégique bénéficiant d’un soutien gouvernemental conséquent en tant que priorité nationale.

Au-delà de ces réalisations concrètes, le mandat du ministre Gentry est intrinsèquement lié à la lutte contre des problèmes systémiques de longue date, hérités d’une époque de forte informalité qui a longtemps entravé le plein potentiel du secteur. Une étude menée en 2025 a mis en lumière des défis fondamentaux, notamment un système d’information géologique et minière obsolète, un financement insuffisant pour les activités de cartographie, et le manque flagrant de transparence qui en découlait. En réponse directe à ces constats, la stratégie du ministère s’articule autour d’une approche globale de formalisation, axée sur la modernisation du cadre juridique et le renforcement des institutions étatiques. L’adoption en décembre 2023 du nouveau Code minier constitue une réforme fondamentale. Ce code instaure une réglementation plus claire, impose la participation de l’État dans les sociétés minières nouvellement formées, et, point crucial, octroie à la Société nationale des mines (SONAMINES), une entreprise publique, le droit exclusif d’acheter et de commercialiser l’or et les diamants. Ce renforcement de SONAMINES est essentiel à la lutte contre le commerce illicite et à la maximisation des retombées économiques pour le pays. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2023, SONAMINES a transféré 170,9 kg d’or à l’État, contribuant ainsi à hauteur de 5 milliards de francs CFA aux finances publiques, démontrant la capacité croissante de l’État à percevoir des recettes formelles issues du secteur minier. Parallèlement, la stratégie gouvernementale ne se limite pas à la réglementation ; elle prévoit un développement significatif des capacités industrielles nationales. Cela inclut la construction de la première unité de traitement d’or en circuit fermé du Cameroun, située à Kette, ainsi que la mise en place d’une raffinerie d’or nationale conforme aux normes internationales les plus strictes. Ces initiatives visent à ajouter de la valeur aux ressources avant exportation, favorisant ainsi la création d’emplois et le transfert de technologies.

Le vaste mandat confié au ministre Gentry, tel que défini par le Cabinet du Premier ministre, dépasse largement le cadre de la simple extraction minière. Il englobe la valorisation des ressources naturelles, la promotion active de l’industrie locale et le développement technologique dans un secteur clé pour l’économie. Ces objectifs sont pleinement alignés sur la Stratégie Nationale de Développement du Cameroun, démontrant une synergie gouvernementale forte pour tirer parti de la richesse minière du pays de manière durable et bénéfique pour l’ensemble de la population. Son rôle est donc celui d’un architecte, façonnant les fondations d’une industrie minière moderne, transparente et prospère, porteuse de croissance et d’innovation pour le Cameroun.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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