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Lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants: le Minproff dévoile ses 9 clés pour une réplique renforcée

Lors de sa conférence annuelle, le ministère de la promotion de la femme et de la famille (MINPROFF) a dressé un bilan et défini une feuille de route ambitieuse pour renforcer l’autonomisation des femmes et des familles face aux défis sociaux contemporains. Au cœur des discussions : la lutte acharnée contre les violences faites aux femmes et aux enfants et les vulnérabilités sociales émergentes. Les travaux ont abouti à la formulation de d’un ensemble de recommandations stratégiques et opérationnelles clés articulées autour du renforcement des capacités, de la modernisation de la gouvernance, de la protection sociale et de l’autonomisation économique, constituent le socle d’une action ministérielle renouvelée et renforcée.

Les fléaux tels que les violences basées sur le genre, les féminicides et les infanticides sont devenus monnaie courante dans la société camerounaise, nécessitant des réponses multifacettes et une approche coordonnée. Le MINPROFF, conscient de ces enjeux critiques, a orienté sa conférence annuelle 2026 vers la thématique centrale : “Renforcer l’autonomisation des femmes et des familles dans un contexte marqué par des fléaux sociaux émergents”. Cette rencontre cloturée par Marie Thérèse Abena Ondoa, ministre de la promotion de la femme et de la Famille, a servi de plateforme pour l’évaluation des actions passées, l’identification des obstacles et, surtout, la définition de pistes d’action concrètes pour les années à venir. Le résultat n’est pas seulement une série de constats, mais un corpus de 9 recommandations qui visent à transformer la manière dont le ministère et ses partenaires abordent la promotion de la femme, la protection de la famille et la lutte contre les vulnérabilités sociales. Ces recommandations sont conçues pour être à la fois stratégiques, en fixant des orientations claires, et opérationnelles, en proposant des actions tangibles et mesurables.

La première clef mise en avant par le ministère est le renforcement des capacités et la professionnalisation des acteurs. Il ne suffit pas de constater les problèmes ; il faut des équipes formées et compétentes pour y répondre efficacement. L’idée est d’organiser régulièrement des sessions de formation ciblées, conçues pour doter les agents du ministère et les partenaires sur le terrain de compétences pointues, adaptées spécifiquement aux nouveaux défis et aux métiers émergents de l’action sociale. Cette démarche de professionnalisation est fondamentale pour améliorer la qualité intrinsèque des services rendus aux populations vulnérables, car elle garantit que ceux qui interviennent possèdent les connaissances, les outils et les méthodologies les plus à jour pour diagnostiquer, accompagner et résoudre les problématiques rencontrées.

La deuxième recommandation porte sur la production des données et la planification stratégique. L’action publique efficace repose sur une connaissance fine et actualisée des réalités. Il est donc essentiel de renforcer le dispositif de production de données fiables, ce qui passe par la réalisation d’études approfondies sur les différentes problématiques sociales. Ces données, une fois collectées et analysées, permettent de définir des valeurs de référence solides, d’élaborer des indicateurs pertinents pour mesurer l’impact des programmes, et surtout, de concevoir des politiques et des programmes mieux adaptés aux contextes spécifiques et aux besoins réels des populations sur le terrain, évitant ainsi les interventions génériques et souvent moins efficaces.

La troisième clef concerne la **gouvernance, le cadre juridique et les réformes institutionnelles. Pour mener à bien sa mission, le ministère doit pouvoir s’appuyer sur des structures solides et un cadre légal clair. Il est notamment suggéré de poursuivre la réflexion sur la détermination du statut juridique précis des institutions spécialisées. Cela inclut des structures vitales comme les centres d’accueil pour les femmes en détresse ou d’autres structures d’intervention sociale. Un cadre juridique bien défini assure la pérennité, la légitimité et l’efficacité de ces entités, clarifie leurs missions et leurs modes de fonctionnement, et facilite leur intégration dans l’écosystème d’aide sociale.

L’amélioration de la coopération et la mobilisation des ressources constituent la quatrième recommandation. L’ampleur des défis sociaux dépasse souvent les capacités d’une seule institution. Il est donc impératif d’améliorer les mécanismes de coordination et de coopération entre les différentes entités impliquées, qu’elles soient publiques, privées ou associatives. Parallèlement, un état des lieux précis des appuis financiers et matériels reçus au cours des dernières années est nécessaire, afin de mieux identifier les opportunités, d’optimiser leur utilisation et d’explorer de nouvelles voies de mobilisation de ressources pour soutenir les actions du ministère.

La cinquième recommandation est centrée sur la protection sociale et la prise en charge des personnes vulnérables. La protection des femmes en situation de détresse et des victimes de violences basées sur le genre est érigée en priorité absolue. Il est recommandé de renforcer les mécanismes de prise en charge existants et d’en créer de nouveaux, notamment par la mise en place et l’équipement d’espaces sûrs et de centres d’accueil dédiés. Ces structures offrent un refuge, un soutien psychologique, juridique et social indispensable aux personnes qui ont subi des violences, leur permettant de retrouver sécurité et dignité.

La sixième clef aborde la sensibilisation communautaire et l’état civil. L’enregistrement des naissances dans les délais légaux est un droit fondamental et une étape cruciale pour l’identification et la protection des enfants. Pour pallier les faibles taux d’enregistrement dans certaines communautés, il est recommandé d’intensifier les campagnes de sensibilisation. Ces campagnes visent à informer les populations sur l’importance de l’acte de naissance, à lever les freins culturels ou administratifs et à faciliter les démarches d’enregistrement, garantissant ainsi que chaque enfant est légalement reconnu.

L’autonomisation économique des femmes représente la septième recommandation stratégique. Il est estimé qu’un développement durable et inclusif passe nécessairement par une participation accrue et significative des femmes à la vie économique. Le ministère préconise ainsi d’engager une réflexion approfondie pour la mise en place de projets structurants. Ces projets devraient avoir un fort impact économique et viser à créer des opportunités durables pour les femmes, qu’il s’agisse d’accès au financement, de formation professionnelle, d’entrepreneuriat ou d’emploi, renforçant ainsi leur indépendance financière et leur pouvoir de décision.

La huitième recommandation souligne l’importance de la coordination interinstitutionnelle et de la gestion administrative. La complexité des problématiques sociales nécessite une synergie d’actions entre les différentes administrations et institutions publiques. Une véritable coordination interinstitutionnelle est indispensable pour assurer une prise en charge efficace et cohérente des cas individuels et pour mettre en œuvre des politiques sociales cohérentes et durables. La modernisation de la gestion administrative au sein du ministère est également un levier d’optimisation de l’action.

La dernière clef concerne la gestion des ressources publiques et la redevabilité. La conférence met un accent particulier sur la nécessité de renforcer les compétences des responsables en matière de gestion de la fortune publique. Une meilleure maîtrise des règles de gestion financière, de la planification budgétaire et d’exécution des dépenses est essentielle. Cela contribuera à garantir la transparence, la redevabilité et l’efficacité dans l’utilisation des ressources allouées aux programmes de promotion de la femme et de protection de la famille, assurant ainsi que chaque centime investi serve au mieux l’intérêt général et les objectifs ministériels.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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