in

« Le Règlement Intérieur de l’École Primaire Camerounaise » : Louise Minfoumou présente les spécificités

Lors d’un atelier de dissémination tenu le 4 mars 2026, Yaoundé, la Directrice de l’Enseignement Primaire et Maternel au Ministère de l’Éducation de Base (MINEDUB), a brillamment présenté les innovations majeures du nouveau Règlement Intérieur de l’École Primaire Camerounaise. Cet outil, élaboré dans un contexte de volonté gouvernementale d’améliorer durablement l’accès équitable à une éducation de qualité, a été conçu avec l’appui de la Banque Mondiale dans le cadre du Programme d’Appui à la Réforme de l’Éducation au Cameroun (PAREC). Il vise à aligner les pratiques scolaires avec les exigences stratégiques de la Stratégie Nationale de Développement 30 (SND 30) et les Objectifs de Développement Durable (ODD).

La nécessité de cette actualisation est impérieuse, comme l’a souligné Mme Minfoumou. L’ancien règlement intérieur, datant de 1998, avait une antériorité de 28 ans, une période durant laquelle le paysage éducatif et ses exigences ont considérablement évolué. « Nous actualisons ce règlement parce que l’ancien règlement intérieur date de 1998 après les états généraux de l’éducation soit 28 ans d’ancienneté et on peut bien comprendre que toutes les exigences d’enseignement de qualité que nous avons aujourd’hui n’y figuraient pas », a-t-elle expliqué. L’ancien document, succinct et ne tenant que sur une seule page, était un règlement général pour l’école. Le nouveau règlement, baptisé « Règlement Intérieur de l’École Primaire Camerounaise », se veut plus exhaustif et structuré, reflétant les ambitions actuelles du pays pour une éducation transformatrice. Les assises, présidées par Vivian Asheri Kilo, Secrétaire d’État auprès du MINEDUB, ont marqué le lancement officiel de la dissémination de ce document crucial, destiné à insuffler une nouvelle dynamique dans les établissements du préscolaire et du primaire à travers le territoire national.

Au cœur de cette refonte, quatre innovations majeures transforment la perception et la mise en œuvre du cadre normatif au sein des écoles primaires. La première innovation majeure réside dans l’intégration des principes fondamentaux d’inclusion, d’équité, de qualité et de l’école entrepreneuriale. Ces éléments constituent de nouvelles orientations directives du gouvernement en matière d’éducation de base, visant à garantir que chaque enfant, quelles que soient ses aptitudes ou son origine, bénéficie d’une éducation de qualité, tout en développant des compétences pertinentes pour l’avenir. L’école entrepreneuriale, en particulier, encourage un esprit d’initiative et d’innovation dès le plus jeune âge.

La deuxième innovation, d’une importance capitale, concerne la protection de l’enfant et la promotion de son bien-être. Le nouveau règlement dépasse une approche purement répressive en définissant clairement non seulement ce qui est proscrit, mais aussi ce qui est prescrit. Les enfants sont ainsi informés de leurs droits et devoirs, de ce qu’ils doivent faire, de ce qu’ils peuvent faire et de ce qu’il leur est interdit de faire. L’accent est mis sur la concientisation et la responsabilisation plutôt que sur la punition pure et simple, expliquant les conséquences des actions pour que l’enfant comprenne la portée de ses choix et adopte un comportement respectueux et adapté au sein de l’environnement scolaire. Cette approche éducative vise à construire une citoyenneté responsable dès le plus jeune âge.

La troisième innovation introduit le principe de laïcité pour les écoles publiques camerounaises et le principe de neutralité pour l’ensemble des écoles primaires, qu’elles soient publiques ou privées. Cette disposition garantit un espace d’apprentissage respectueux de la diversité des convictions de chacun, favorisant une cohésion sociale et une éducation axée sur des valeurs universelles, tout en préservant l’intégrité du processus éducatif des influences partisanes ou dogmatiques non conformes aux missions de l’école.

Enfin, la quatrième innovation cruciale concerne la responsabilisation de tous les acteurs de l’écosystème éducatif. Le nouveau règlement reconnaît que l’amélioration de la qualité et du fonctionnement de l’école n’est pas l’apanage des seuls enseignants ou de l’administration. Il engage et implique activement les enfants, les parents, les maîtres et l’ensemble des partenaires de l’éducation. Cette approche collaborative est essentielle pour créer un environnement propice à l’apprentissage et au développement harmonieux de chaque enfant. En clarifiant les rôles et responsabilités de chacun, le règlement vise à bâtir une communauté éducative solidaire et proactive.

Au-delà de ces quatre piliers fondamentaux, le nouveau Règlement Intérieur de l’École Primaire Camerounaise est structuré en 26 articles, répartis en 4 chapitres et organisés sous 9 titres. Cette architecture détaillée reflète l’ambition d’offrir un cadre clair et complet pour le bon fonctionnement de toutes les écoles primaires, publiques comme privées. Le lancement de sa dissémination amorcé au niveau central par sa présentation se poursuivra à travers les services déconcentrés et sera ensuite vulgarisé dans toutes les régions du pays, assurant ainsi que chaque acteur de l’éducation camerounaise puisse s’en approprier les contenus et les mettre en œuvre pour une école plus inclusive, plus protectrice, plus laïque et plus responsable.

Oscar Abessolo

Written by oscar

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GIPHY App Key not set. Please check settings

What do you think?

Règlement intérieur de l’école primaire camerounaise : un outil national pour l’amélioration durable de l’éducation

JIF 2026 au MINTP : les femmes plaident pour plus de représentativité à des postes de responsabilités.