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Journée mondiale du braille 2026 : La CDHC plaide pour plus de braille et plus d’autonomie

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À l’occasion de l’édition 2026 de la Journée mondiale du braille, la Commission des droits de l’homme (CDHC) a tenu à saluer le thème retenu pour cette édition : « Plus de braille, plus d’autonomie ». Une initiative, conjointe de l’Union Mondiale des Aveugles (UMA) et du Conseil International de l’Éducation des Personnes Malvoyantes (ICEVI), qui s’inscrit parfaitement dans la continuité de la Campagne mondiale visant à promouvoir l’alphabétisation en braille et l’éducation inclusive, des piliers essentiels pour l’émancipation des personnes aveugles et malvoyantes.

Dans la déclaration rendue publique, la CDHC a accueilli avec une entière satisfaction ce thème, qui met en lumière le rôle fondamental du braille non seulement comme outil d’alphabétisation, mais surtout comme levier d’autonomie et d’indépendance. Ce plaidoyer pour une autonomie accrue résonne fortement avec les aspirations des personnes vivant avec un handicap visuel à participer pleinement à tous les aspects de la vie sociale, professionnelle et civique. Le braille, en permettant l’accès à l’information, à la culture et à l’éducation, est une condition sine qua non pour l’exercice effectif des droits fondamentaux et pour une intégration réussie au sein de la société.

Cependant, elle exprime des préoccupations majeures quant à la réalité de cette autonomie dans le contexte camerounais. Les données récentes, notamment celles présentées par le Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC) lors d’un plaidoyer en décembre 2025, révèlent une situation alarmante. Sur environ 360 000 agents de l’État en 2025, seulement 5,8 % seraient des personnes vivant avec un handicap. Ce chiffre, tiré de statistiques du ministère des Finances et du ministère de la Fonction publique, est particulièrement éloquent lorsqu’on le compare à l’estimation du ministère des Affaires sociales qui évalue la population nationale des personnes handicapées à 3 400 000 individus. Cette disparity flagrante témoigne d’une sous-représentation structurelle des personnes handicapées dans la fonction publique, illustrant les obstacles persistants qu’elles rencontrent : manque d’accessibilité des infrastructures, lacunes dans la formation adaptée, difficultés d’obtention de qualifications reconnues et obstacles à l’emploi formel.

Au-delà de l’emploi public, la CDHC souligne un autre point critique : l’insuffisance de formation des personnels affectés aux services sociaux et d’état civil. Leur manque de préparation à l’accueil et à l’accompagnement des personnes aveugles ou malvoyantes constitue une barrière majeure à la réalisation de leurs droits les plus élémentaires, y compris leur droit-racine à l’identité. L’accès aux documents civils, aux démarches administratives et à une reconnaissance digne de leur existence passe nécessairement par un personnel sensibilisé et outillé.

Dans ce contexte, la Commission note que parmi les 220 recommandations acceptées par l’État du Cameroun lors de l’adoption de son Rapport du passage au 4ème cycle de l’Examen Périodique Universel (EPU) le 26 mars 2024, cinq concernent directement la thématique de la Journée mondiale du braille. Ces recommandations ont été transmises par la CDHC aux structures étatiques compétentes, aux institutions spécialisées ainsi qu’aux Organisations de la Société Civile (OSC) pour leur mise en œuvre.

En guise de rappel et afin d’accentuer la pression pour une action concrète, la CDHC réitère ses recommandations adressées au ministère des Affaires sociales (MINAS) lors de la précédente Journée mondiale du braille. Il est impératif de mettre en place de nouveaux programmes d’insertion sociale et professionnelle spécifiquement conçus pour les personnes aveugles ou malvoyantes, en ciblant des secteurs porteurs tels que l’artisanat, la culture et le commerce. Parallèlement, un accroissement significatif du soutien financier aux familles d’enfants aveugles ou malvoyants est nécessaire, notamment par des bourses d’études et des aides à l’acquisition d’équipements essentiels comme les cannes blanches, afin de faciliter leur scolarisation et leur avenir socio-professionnel.

La Commission formule des recommandations spécifiques à destination des Services du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, du Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, ainsi que du Ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières. Il s’agit de mettre en œuvre une politique nationale de recrutement véritablement inclusif dans la fonction publique. Cette politique devrait impérativement comporter la fixation d’un quota légal minimal et évolutif de recrutement des personnes handicapées, en phase avec leur poids démographique réel dans la nation. Il est également crucial d’entamer une adaptation progressive, mais rapide, des concours administratifs, des postes de travail et des bâtiments publics pour qu’ils soient accessibles aux différents types de handicap. Enfin, la mise en place de programmes de formation ciblés, de mise à niveau et d’accompagnement professionnel est une étape indispensable pour garantir une égalité des chances tant attendue.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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