in

Droits familiaux sous tension face à la violence et aux inégalités croissantes: la CDHC tire la sonnette d’alarme

À l’occasion de la Journée internationale des familles 2026, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a presenté un rapport alarmant, dénonçant l’intensification des violences intrafamiliales et l’aggravation des inégalités qui menacent le tissu social et le bien-être des enfants au Cameroun. Dans une déclaration empreinte d’une profonde inquiétude, le bateau conduit par le Pr. James Mouangue Kobila a lancé un appel urgent à une action concertée pour réduire ces disparités et renforcer les droits fondamentaux au sein de la famille, pilier essentiel du développement national.

C’est en ce 15 mai 2026, date marquant la Journée internationale des familles, que la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a choisi de présenter un état des lieux préoccupant de la situation familiale au Cameroun. S’appuyant sur le thème mondial de cette année, « Familles, inégalités et bien-être des enfants », la Commission se félicite de la pertinence du choix des Nations Unies, qui met joliment en exergue les incidences des inégalités croissantes sur la cohésion des cellules familiales et, par extension, sur les perspectives de développement et d’épanouissement de la jeunesse camerounaise. La CDHC tient à rappeler avec force que la promotion du bien-être des familles ne peut se faire sans l’engagement résolu de tous les acteurs concernés. Cet engagement doit viser spécifiquement à réduire les inégalités fondées sur le genre, mais aussi celles liées à l’origine sociale, au statut migratoire ou à la présence d’un handicap, des facteurs qui continuent de fragiliser de nombreuses familles.

La CDHC a exprimé de vives préoccupations face à la récurrence et à l’extrême gravité des violations des droits fondamentaux liés au mariage et à la parentalité, soulignant l’urgence impérieuse des réponses qu’elles appellent. Elle relève avec une inquiétude notable l’aggravation constante de la nature, de l’intensité et surtout des conséquences délétères des violences intrafamiliales. Ces formes de violence, autrefois plus circonscrites, se manifestent désormais à travers des dynamiques d’une particulière cruauté, englobant des violences physiques, des agressions sexuelles aux traumatismes profonds, des violences psychologiques insidieuses qui minent le moral, et des violences économiques qui plongent des familles entières dans la précarité. Cette escalade pose un défi majeur à la protection des membres les plus vulnérables de la société, notamment les femmes et les enfants.

Au-delà des violences directes, la Commission est également fort préoccupée par la fragmentation croissante des structures familiales. Ce phénomène est largement alimenté par les déplacements forcés de populations, souvent des conséquences de conflits ou de crises environnementales, ainsi que par la migration irrégulière et l’exode rural qui déstructurent les liens communautaires et familiaux traditionnels. Ces mouvements de populations créent de nouvelles vulnérabilités, tant pour les personnes déplacées que pour les familles qu’elles laissent derrière elles ou celles qui les accueillent. La CDHC souligne que, dans ce contexte, la corruption constitue un frein systémique insidieux à la réalisation effective des droits de la famille. Elle agit comme un multiplicateur de difficultés, détournant des ressources essentielles destinées aux services sociaux de base et aux programmes de soutien aux familles. Face à cette situation, la Commission recommande instamment à la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) de déployer un mécanisme de contrôle citoyen de proximité. Ce mécanisme serait particulièrement utile pour assurer une meilleure transparence et efficacité dans la gestion des services sociaux de base, garantissant que les aides parviennent aux plus démunis.

La CDHC tient à rappeler les actions qu’elle a déjà menées dans le cadre de sa mission de promotion et de protection des droits liés au mariage et à la parentalité au Cameroun. Ces initiatives ont inclus des programmes de renforcement des capacités destinés aux professionnels du droit et du social, ainsi que des campagnes de sensibilisation approfondies auprès des populations. L’objectif de ces actions a toujours été d’informer, de responsabiliser et de outiller les citoyens et les institutions pour mieux faire face aux défis rencontrés. Ces efforts passés, bien qu’importants, ne sauraient suffire face à l’ampleur des défis actuels. La Commission réitère donc son appel à un engagement collectif et soutenu de toutes les parties prenantes (gouvernement, société civile, communautés locales et citoyens) pour construire des familles plus résilientes, plus égalitaires et plus épanouies, garantes d’un avenir meilleur pour le Cameroun.

Oscar Abessolo

Written by oscar

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GIPHY App Key not set. Please check settings

What do you think?

Réseau de fraude à l’eau potable démantelé à Yaoundé : Nkolndongo et Cradat-Obili sous le feu des projecteurs