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Démonétisation BEAC : le calendrier est clair, la cacophonie vient de l’ignorance

À partir du 1er novembre 2026, les pièces de 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985 n’auront plus cours légal dans la zone CEMAC. La BEAC a pourtant publié un calendrier officiel d’échange très précis qui s’étale jusqu’au 31 octobre 2027. Mais faute de recherche d’information, une confusion s’est installée dans les marchés et les commerces, où certains vendeurs refusent par excès de zèle des pièces de 2006 et 2024 qui restent parfaitement valables.

C’est l’illustration parfaite que l’information existe, mais que personne ne va la chercher. La Banque des Etats de l’Afrique Centrale a été on ne peut plus claire. Par décision officielle, seules cinq anciennes gammes de pièces de monnaie sont concernées par la démonétisation : celles mises en circulation en 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985.

Le calendrier est public, officiel et progressif. Première étape : le 1er novembre 2026, ces cinq séries ont perdu définitivement leur cours légal et leur pouvoir libératoire. Elles ne peuvent plus servir pour les transactions quotidiennes. Deuxième étape : du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, leurs détenteurs peuvent les échanger gratuitement et sans frais dans les banques commerciales, les établissements de microfinance et aux guichets de la BEAC. Troisième étape : du 1er août au 31 octobre 2027, l’échange devient restreint exclusivement aux guichets de la BEAC. Dernière étape : à compter du 1er novembre 2027, clôture définitive. Plus aucun échange ne sera possible.

La BEAC a pris le soin de préciser en gras : seules les séries de 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985 sont concernées. Les pièces des gammes 2006 et 2024 restent pleinement en circulation et conservent leur valeur légale.

Et c’est là que le bât blesse. Par manque de lecture, par absence de vérification et par la propagation du bouche-à-oreille, une véritable cacophonie s’est emparée de Yaoundé, Douala, Libreville et N’Djamena. Dans les taxis, les boutiques de quartier, les supermarchés et même dans certains services commerciaux formels, des caissiers et des commerçants refusent désormais toutes les anciennes pièces, y compris celles de 2006 qui n’ont rien à voir avec la mesure.

Par peur de se retrouver avec de la monnaie invalide, ils pénalisent le consommateur et créent une pénurie artificielle de petite monnaie, alors que l’information était disponible en deux clics sur le site de la BEAC ou affichée dans les agences. Cette situation révèle un double enjeu. Pour la population, il est urgent de s’informer à la source avant de refuser une pièce. Vérifier la date gravée sur la pièce suffit. Pour les commerçants, refuser une pièce de 2006 ou 2024 est illégal, car elle a toujours cours légal et pouvoir libératoire.

La BEAC a fait sa part en donnant près d’un an pour échanger sans stress. Il appartient désormais à chaque citoyen de faire sa part : lire le calendrier, regarder ses pièces, et ne pas transformer une opération de modernisation monétaire en crise de confiance.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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