Engagés dans la souveraineté administrative et la protection des droits humains au Cameroun, deux cadres de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) ont officiellement intégré les instances de gestion des réfugiés. Madame Shu Nyamboli Mabel et monsieur Tchoutat Armany ont prêté serment le 13 août 2026 devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi à Yaoundé, marquant ainsi le début de leur mandat au sein de la Commission d’éligibilité au statut de réfugié. Cette cérémonie, empreinte de solennité, symbolise l’aboutissement d’un processus législatif et institutionnel visant à transférer la responsabilité de la Détermination du Statut de Réfugié (DSR) du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) vers le gouvernement camerounais.

L’ascension de ces deux experts au sein de cet organe stratégique ne relève pas du hasard, mais s’inscrit dans une architecture juridique rigoureuse. Leur nomination découle directement de la Décision N° 0002/DIPL/CAB du 23 janvier 2026, elle-même ancrée dans les dispositions du Décret N° 2011/389 du 28 novembre 2011. Ce décret, qui définit l’organisation et le fonctionnement des organes de gestion du statut des réfugiés au Cameroun, trouve aujourd’hui sa pleine application opérationnelle. En prêtant serment, les nouveaux membres de la Commission nationale d’éligibilité et de la Commission nationale des recours s’engagent à exercer leurs fonctions avec intégrité, impartialité et un respect scrupuleux des engagements internationaux du pays. Ce moment fort devant les magistrats du Mfoundi témoigne de la volonté du Cameroun d’assumer pleinement ses responsabilités régaliennes en matière d’asile, tout en garantissant un cadre légal solide aux populations vulnérables franchissant ses frontières.
L’enjeu majeur de cette transition réside dans le transfert effectif de la compétence de la Détermination du Statut de Réfugié. Jusqu’à présent, le HCR jouait un rôle prépondérant dans l’examen des demandes d’asile sur le territoire national. Désormais, c’est l’État du Cameroun, à travers ses propres institutions, qui dirigera l’évaluation des dossiers. La présence de la CDHC au cœur de ce mécanisme est une garantie supplémentaire pour la communauté internationale et les demandeurs d’asile. En tant qu’institution indépendante de promotion et de protection des droits de l’homme, la CDHC apporte une expertise indispensable pour veiller à ce que chaque procédure soit menée dans le respect de l’équité et de la dignité humaine. Madame Shu Nyamboli Mabel et monsieur Tchoutat Armany auront pour mission de veiller à ce que les critères d’éligibilité soient appliqués avec discernement, en tenant compte des réalités géopolitiques et des vulnérabilités spécifiques de chaque individu.

Par cette implication directe, la CDHC contribue activement à la construction d’un système d’asile robuste et transparent. Le Cameroun, souvent qualifié d’« Afrique en miniature », est depuis des décennies une terre d’accueil pour des milliers de personnes fuyant les conflits et les persécutions dans la sous-région. L’institutionnalisation de la gestion des réfugiés par des cadres nationaux formés aux standards des droits de l’homme permet de pérenniser la protection offerte aux réfugiés tout en renforçant les capacités administratives de l’État. En fin de compte, cette prestation de serment du 13 août 2026 n’est pas seulement un acte administratif ; c’est une promesse de justice et de protection envers ceux qui cherchent un refuge sécurisé sous le drapeau camerounais, assurant que les processus de détermination restent justes, humains et conformes aux standards universels.
Oscar Abessolo, source: CDHC


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