La revue des projets routiers lancée le 5 mai 2026 par le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a mis en lumière des défis majeurs d’ores et déjà perceptibles dans la seconde phase de l’autoroute Yaoundé-Douala. La libération des emprises nécessaires à la construction et l’indemnisation des populations affectées par le tracé figurent parmi les principales difficultés évoquées lors de cette séance de travail, qui visait à dresser un état des lieux complet, d’identifier les goulots d’étranglement et d’envisager des stratégies pour accélérer les travaux. Ces obstacles, bien que connus, nécessitent une attention particulière pour assurer la pérennité et l’efficacité du projet d’envergure.

Le projet de cette autoroute, dont la phase 2 s’étend sur 141 km de route principale, complétée par 30,9 km de bretelles de raccordement, mobilise des ressources financières considérables. L’entreprise China First Highway Engineering Company est en charge de l’exécution de ces travaux, sous la supervision technique de la mission du Labogenie. Le financement global, hors taxes, s’élève à 899 milliards 321 millions de francs CFA, témoignant de l’ambition et de l’ampleur de l’infrastructure envisagée. Le calendrier contractuel prévoit une durée de 36 mois pour la réalisation de ce tronçon, avec une livraison prévisionnelle du chantier projetée au cours du premier semestre de l’année 2029. La contractualisation de l’entreprise pour cette phase cruciale est attendue au terme du premier semestre 2026, ouvrant la voie à la poursuite des opérations et à la consolidation des engagements.
Actuellement, les travaux sur le terrain entrent dans leur phase active avec le débroussaillement et le déforestage des zones concernées. Ces opérations préliminaires sont essentielles pour préparer le terrain avant le démarrage effectif des terrassements et la construction. Cependant, les contraintes liées à la libération des emprises sont déjà tangibles, représentant un coût indemnitaire estimé à 2 milliards 400 millions de francs CFA. Cette charge financière, bien que significative, est nécessaire pour permettre aux équipes techniques de déployer leurs activités dans des conditions optimales et de respecter les exigences relatives à la gestion des populations riveraines. La séance de travail a particulièrement souligné l’importance de la promptitude dans le processus d’indemnisation pour fluidifier la libération des terrains.

Sur le plan des avancées, les travaux connaissent une évolution progressive, notamment avec le démarrage des interventions dans la région du Littoral. Les premières opérations ont été facilitées par des mécanismes d’indemnisation anticipée des personnes affectées par le projet, une approche qui a permis une libération accélérée des terrains requis par le chantier. Le Ministre a d’ailleurs précisé que les ressources financières destinées au paiement de ces indemnisations ont d’ores et déjà été mises à disposition, assurant la continuité de ces opérations cruciales pour la bonne marche du projet.
Les équipes techniques sont activement mobilisées sur plusieurs fronts simultanément. Elles poursuivent les travaux de déforestage, de débroussaillage, ainsi que les études d’exécution, dans une dynamique coordonnée. Dans le département de la Sanaga Maritime, les progrès enregistrés sont particulièrement notables. À cet effet, le Ministre des Travaux Publics a prescrit une approche pragmatique pour la validation progressive des études d’exécution, préconisant des validations par sections de 10 km. Cette méthodologie vise à garantir la qualité technique irréprochable du projet et à assurer une meilleure maîtrise des délais contractuels, tout en permettant une flexibilité dans la gestion des phases de conception.

D’un point de vue technique, il a été formellement réitéré que le tracé de l’autoroute Yaoundé-Douala est définitif et ne fera l’objet d’aucune modification. La vitesse de référence a été maintenue à 110 km/h, conformément aux standards internationaux les plus rigoureux pour ce type d’infrastructure de transport. Le Ministre a également insisté sur la nécessité d’actualiser certains instruments contractuels, notamment le contrat commercial, et de consolider les conventions liant le projet à LABOGENIE, organisme chargé des missions essentielles de contrôle technique et géotechnique sur le terrain.
Le Ministre Emmanuel Nganou Djoumessi a par ailleurs tenu à saluer la performance manifestée par l’entreprise en charge des travaux ainsi que l’efficacité de la commission d’évaluation des indemnisations dans le département de la Sanaga Maritime. Leur travail a permis de maîtriser les coûts liés aux mesures compensatoires, démontrant une gestion rigoureuse et une coordination appréciable. En conclusion de cette importante séance de travail, le Ministre a adressé des instructions claires à l’ensemble des parties prenantes. Il a exhorté à maintenir la cadence des travaux, à intensifier les interventions dans les zones désormais libérées, et à veiller scrupuleusement au strict respect des normes techniques, environnementales et sociales en vigueur. L’objectif ultime est la livraison de cette infrastructure vitale dans les meilleurs délais possibles, contribuant ainsi au désenclavement et au développement économique des régions concernées.
Oscar Abessolo


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