in

20e édition des 16 Jours d’Activisme : le Cameroun met la justice et la fin de l’impunité au cœur de la lutte contre les violences faites aux femmes


Du 25 novembre au 10 décembre 2026, le Cameroun va se joindre au monde pour la 20e édition de la campagne mondiale des 16 Jours d’Activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles. Une édition anniversaire qui ne sera pas une simple commémoration, mais un bilan sans complaisance de deux décennies d’engagement. Sous le thème “Tous UNIS pour éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles : garantir la justice, protéger les survivantes, mettre fin à l’impunité”, le pays entend s’attaquer aux trois maillons les plus faibles de la chaîne de réponse.

Vingt ans après le lancement de cette campagne mondiale, l’heure est au bilan et à la relance. Le contexte justifie cette nouvelle offensive. Au plan mondial, les ODD, notamment l’ODD 5, et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, la CEDEF, le Protocole de Maputo et les Conclusions de la CSW70 rappellent les engagements. Au plan national, la campagne s’inscrit dans la 2e phase de la SND30, la Politique Nationale Genre, la Stratégie Nationale de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre, le Plan d’action de la Résolution 1325 et le Plan d’action pour l’élimination des Mutilations Génitales Féminines.

Et les chiffres rappellent l’urgence. Les Violences Basées sur le Genre ne sont pas des faits isolés, elles traduisent un déséquilibre profond. Selon l’Enquête Démographique et de Santé 2018, 39% des femmes de 15 à 49 ans déclarent avoir subi des violences physiques au cours de leur vie, 13% des violences sexuelles, et 44% des violences émotionnelles, physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire intime. La prévalence des Mutilations Génitales Féminines est de 1,4% au niveau national, mais grimpe à 2,4% dans le Sud-Ouest et 5,4% dans l’Extrême-Nord. Le mariage d’enfants demeure une préoccupation majeure dans les régions septentrionales et les zones en crise. A cela s’ajoute la recrudescence des féminicides.

C’est pour répondre à cette réalité que le Cameroun a contextualisé le thème onusien autour de trois piliers.

Le premier pilier est : garantir la justice. Il s’agit de supprimer les lois discriminatoires, d’adopter et d’appliquer des lois efficaces, de rendre les tribunaux fonctionnels et accessibles aux survivantes, de punir sévèrement les auteurs, de faciliter l’assistance légale et la réparation, et de vulgariser les instruments juridiques ratifiés auprès des juridictions.

Le deuxième pilier est : protéger les survivantes. Au-delà du discours, il s’agit de garantir leur sécurité par la disponibilité de services de protection, une prise en charge holistique, appropriée et de qualité, qui respecte leur dignité et leur liberté de choix. Les femmes qui ont subi des violences doivent avoir accès à des espaces sûrs.

Le troisième pilier, le plus ferme, est : mettre fin à l’impunité. Veiller à ce que toute personne qui commet une violence à l’égard d’une femme ou d’une fille soit jugée et punie, sans exception. C’est l’un des principaux facteurs de perpétuation du phénomène.

Cette 20e édition innove aussi en intégrant pleinement la violence numérique. La campagne reconnaît que la violence en ligne et hors ligne forme un continuum : elles se chevauchent et se renforcent mutuellement. La justice réclamée doit donc profiter à toutes les femmes, à la maison, au travail, dans la sphère publique, privée ou dans l’espace numérique.

L’objectif général reste de mobiliser le public pour prévenir et éliminer la violence. Les objectifs spécifiques sont clairs : renforcer le plaidoyer auprès des institutions judiciaires, faciliter un signalement sécurisé et l’accès aux services d’aide, renforcer la collaboration entre tous les acteurs de la chaîne de lutte contre les VBG, et accentuer la responsabilisation des bourreaux.

Vingt ans après, le Cameroun ne veut plus seulement sensibiliser. Il veut juger, protéger et punir.

Oscar Abessolo

Written by oscar

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GIPHY App Key not set. Please check settings

What do you think?

Journée Mondiale de la Femme Rurale : Abena Ondoa lance l’écosystème d’investissement

Travaux d’entretien en régie de certaines sections de la Nationale N°5 : les équipes du MINTP poursuivent leurs interventions.