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Yaoundé IV : Le Maire Essomba rouvre à la pelleteuse les voies que les populations avaient fini par pleurer

Le maire par intérim de cette la municipalité a récemment ngagé une vaste opération de désenclavement visant à réhabiliter des voies de circulation tertiaires délaissées depuis plusieurs décennies. Cette initiative de terrain, pensée comme une réponse directe aux difficultés quotidiennes des habitants, mobilise des ressources propres et une ingénierie de proximité pour rétablir une mobilité durable dans des quartiers où le bitume n’était plus qu’un souvenir, voire une impossibilité logistique.

Le constat dressé sur le terrain est sans appel. Dans de nombreuses zones de l’arrondissement, la dégradation des voies était devenue telle que la circulation automobile était purement et simplement suspendue. Les habitants, contraints par la force des choses, devaient abandonner leurs véhicules aux portes du quartier pour poursuivre leur trajet à pied, naviguant sur des sentiers terreux, encombrés par des dépôts de déchets et les stigmates de décennies d’érosion. Pour le Dr Alexandre Thomas Essomba, cette mission dépasse le simple cadre administratif. Ayant grandi dans ces mêmes secteurs, il observe une dégradation qu’il qualifie de progressive et systématique, une lente agonie des infrastructures que son administration a décidé d’interrompre par une action immédiate.

L’intervention, qualifiée d’opération « coup de poing », ne se contente pas d’un simple nettoyage de surface. Il s’agit d’un réaménagement technique complet destiné à rendre ces servitudes accessibles aux véhicules de secours, aux services de ramassage et au quotidien des familles. Le dispositif déployé témoigne de cette ambition : une pelle chargeuse, une niveleuse et trois camions, alimentés par un site de prélèvement de latérite, forment l’ossature de ce chantier municipal. Ce qui frappe, au-delà de la logistique, c’est l’absence de partenaires extérieurs. La mairie agit en fonds propres, une démarche qui souligne une volonté d’autonomie financière et opérationnelle dans la gestion des priorités communales.

Le calendrier est structuré par zone, une cartographie précise ayant été établie pour identifier les axes les plus critiques. Le quartier de Kondengui sert de point de départ, avant que le ballet des engins ne se déplace vers Nkolndongo et d’autres secteurs identifiés comme prioritaires. Ekobena Onguini Claude Cédric, ingénieur en aménagement urbain responsable de ce projet, souligne la dimension historique de cette intervention. Sur certains tronçons, aucun engin de chantier n’avait été aperçu depuis 1970. Cette carence structurelle, propre aux voiries tertiaires souvent négligées dans les grands schémas de développement national, trouve ici une forme de réparation. Le travail est planifié sur trois mois, avec une échéance fixée en décembre pour une première évaluation d’étape.

Cette évaluation ne sera pas seulement technique ; elle intégrera le retour d’expérience des populations riveraines. L’objectif du maire est de construire une méthode pérenne, capable de s’adapter aux moyens de la commune tout en garantissant une présence constante sur le terrain. La démarche montre une volonté de rupture avec l’inertie. En ciblant l’insalubrité et le désenclavement, l’administration municipale espère transformer durablement le cadre de vie. La mairie ne promet pas de miracles soudains, mais s’engage dans un programme méthodique, zone par zone, pour rendre la mobilité aux citoyens. L’enjeu est de prouver que, même avec des ressources limitées, une gestion rigoureuse et une connaissance précise du terrain permettent de débloquer des situations considérées comme irrémédiables par les résidents.

Written by oscar

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