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Amplifier la répression face aux Violences Basées sur le Genre: la CDHC incite le gouvernement

Dans un contexte national marqué par une recrudescence alarmante des féminicides, infanticides et autres formes de violences basées sur le genre (VBG), la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a réitéré son plaidoyer pour un renforcement significatif des mesures gouvernementales. Au cours d’une audience accordée le 10 avril 2026 par la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff), Marie Thérèse Abena Ondoa, au Président de la CDHC, le Pr. James Mouangue Kobila, des propositions concrètes ont été soumises au ministère.

En effectuant cette visite au ministère de la promotion de la femme et de la Famille, la CDHC avait pour objectif de consolider la synergie entre les deux institutions pour mieux protéger les droits des femmes et des enfants, catégories particulièrement vulnérables face à une criminalité qui tend à s’institutionnaliser et à se banaliser aux yeux de certains. Les échanges visaient également à préparer le terrain pour une meilleure représentativité des femmes dans les sphères de décision, notamment à l’approche des échéances électorales.

Prenant la parole lors de cette importante rencontre, le Pr. James Mouangue Kobila a souligné l’engagement de la Commission des Droits de l’Homme à s’allier au Minproff dans la lutte contre la prolifération des meurtres visant particulièrement les femmes et les enfants. Il a précisé que, dans cette optique, un ensemble de solutions pratiques et innovantes a été présenté afin de renforcer la protection des plus vulnérables au sein de la famille et de la société. « La Commission des Droits de l’Homme du Cameroun a sollicité cette audience auprès de Madame le Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, pour renforcer la synergie qui existe déjà entre les deux structures afin de mieux protéger les droits de la femme et de l’enfant et de mieux promouvoir les droits de ces deux catégories vulnérables », a déclaré le président de la CDHC. Il a insisté sur le fait que ces efforts conjoints visent l’adoption de « mesures gouvernementales qui sont en préparation ». La prise de conscience collective face à la sauvagerie et la barbarie qui menacent de devenir monnaie courante contre les femmes et les enfants est palpable, engendrant une profonde inquiétude au sein de la population. Face à cette pression sociale, le gouvernement est appelé à apporter des réponses fermes et rapides.

Au-delà d’une simple sensibilisation, la CDHC propose une réorientation stratégique de ses outils d’intervention. Dans le cadre de la lutte contre les violences conjugales et familiales, et plus largement contre toutes les formes de violence faites aux femmes, la Commission entend transformer ses procédures de conciliation. Désormais, les procès-verbaux émis suite à des tentatives de conciliation infructueuses ne se limiteront plus à constater l’échec. Ils contiendront une analyse détaillée des droits violés, une quantification des violations subséquentes et une identification claire des responsabilités des parties impliquées. Cette démarche vise à conférer une valeur probatoire renforcée à ces documents, permettant ainsi aux victimes de s’en prévaloir devant toute instance, y compris judiciaire. L’assermentation des membres et du personnel de la CDHC confère une légitimité accrue à cette nouvelle approche, garantissant le sérieux et la rigueur des constats établis. Ce travail de documentation précis facilitera grandement les démarches des victimes et le travail des juridictions saisies.

Mais la portée des propositions ne s’arrête pas là. Dans une volonté d’exercer une pression dissuasive plus directe, la CDHC envisage d’adresser des copies de ces procès-verbaux aux employeurs des personnes reconnues fautives. Cette mesure nouvelle vise à informer les employeurs des comportements illicites de leurs employés, leur permettant de prendre, le cas échéant, des mesures disciplinaires appropriées, et d’assurer un suivi rigoureux des cas signalés. Le président Kobila a rappelé que le démantèlement des violences verbales, physiques, économiques et psychologiques au sein des couples et des familles est un impératif. Il s’agit d’amener chacun à respecter scrupuleusement les droits fondamentaux de son partenaire et de ses enfants. Les procès-verbaux serviront ainsi de levier pour un changement de comportement durable, en rendant les auteurs de violences directement redevables de leurs actes, y compris sur le plan professionnel.

Visiblement réceptive aux préoccupations soulevées, la Ministre Marie Thérèse Abena Ondoa a abondé dans le sens des propositions de la CDHC, promettant un engagement ferme de la part de son département ministériel et du gouvernement. Elle a confirmé l’avancement significatif d’un projet de loi spécifiquement dédié à la sanction des violences commises à l’encontre des femmes et des filles. Cette loi, « en cours de finalisation », est attendue comme un outil législatif majeur pour lutter contre les exactions et juguler les dégâts causés par ces comportements inacceptables. La Ministre a assuré que le gouvernement préparait activement d’autres actions concrètes et multiformes pour répondre aux attentes légitimes des citoyens, manifestement émus et indignés par la barbarie ambiante. La préoccupation des citoyens face à la banalisation de ces atteintes aux droits humains fondamentaux est une dynamique qui ne peut être ignorée et qui pousse les pouvoirs publics à redoubler d’efforts.

Parallèlement aux questions sécuritaires et judiciaires portant sur la répression des violences, la discussion a également abordé un aspect crucial pour l’émancipation et la protection future des femmes : leur participation politique. À l’approche des élections législatives et municipales, la question de la représentativité féminine s’est imposée comme un sujet de discussion incontournable. La ministre Abena Ondoa a exprimé le souhait ardent que le Cameroun parvienne, à l’issue de ces échéances, à une meilleure féminisation de ses instances décisionnelles. Dans cette perspective, un projet de loi visant à introduire des quotas sur les listes électorales a été évoqué. Cette mesure, si elle est adoptée, pourrait constituer un dispositif significatif pour garantir une présence plus équilibrée des femmes en politique, renforçant ainsi leur capacité à influencer les politiques publiques et à défendre leurs intérêts et ceux de leurs communautés. Le chemin vers l’égalité réelle et la protection effective des droits exige, en effet, des actions coordonnées sur tous les fronts, qu’ils soient juridiques, sécuritaires, sociaux ou politiques.

Oscar Abessolo

Written by oscar

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