À l’occasion de la 11e Journée internationale de l’accès universel à l’information, célébrée le 28 septembre, la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC) a rendu publique une déclaration forte. Sous le thème “Préserver l’intégrité de l’information à l’ère numérique”, l’institution de James Mouangue Kobila salue les efforts du Gouvernement tout en pointant les blocages persistants et en exhortant à l’adoption urgente d’une loi-cadre sur l’accès à l’information.

L’accès à une information fiable n’est plus un privilège, c’est un rempart contre le désordre informationnel. C’est le message central de la Déclaration de la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC) publiée ce 28 septembre à l’occasion de la Journée internationale de l’accès universel à l’information. Pour cette 11e édition, placée par l’UNESCO sous le thème : « Préserver l’intégrité de l’information à l’ère numérique : le rôle de l’accès à l’information face au désordre informationnel », la CDHC a voulu inscrire son propos dans une perspective à la fois historique et d’urgence actuelle.

Dans sa déclaration, la Commission se remémore que l’idée de dédier une journée à l’accès universel à l’information a émergé de façon décisive sur le continent africain. Dès 2002, la société civile plaidait pour une reconnaissance officielle du droit à l’information, un mouvement fédérateur qui a conduit à l’adoption de la Déclaration de la Plateforme africaine sur l’accès à l’information (Déclaration APAI), le 19 septembre 2011 au Cap, en Afrique du Sud.
La Commission accueille avec satisfaction le thème retenu par l’UNESCO cette année, qui met en évidence, souligne-t-elle, l’importance d’un accès rapide et fiable à l’information pour prévenir la désinformation et les autres formes de désordre informationnel qui prospèrent à l’ère numérique.
Les avancées saluées, mais des failles persistantes
La CDHC salue les efforts des pouvoirs publics et de leurs partenaires visant à favoriser l’accès à une information fiable. Elle cite notamment la poursuite du Programme national d’extension des radios de proximité, mis en œuvre avec l’appui de l’UNESCO, qui prévoit le déploiement de 40 nouvelles radios communautaires à l’horizon 2030, en plus des 40 déjà opérationnelles, afin d’améliorer l’accès à l’information dans les zones insuffisamment desservies et auprès des populations autochtones à travers des émissions en langue maternelle.
Elle salue également les actions des administrations compétentes qui œuvrent à l’encadrement de l’espace numérique, à l’instar du ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL) qui promeut activement l’accessibilité numérique, illustrée en 2026 par l’organisation de la 5e Semaine de l’innovation numérique, à l’issue de laquelle le projet InReach, destiné à rendre les contenus Internet accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, a reçu le Prix spécial du Président de la République le 31 juillet 2026 à Yaoundé.
La Commission rappelle par ailleurs que ses bibliothèques spécialisées en Droits de l’homme et des peuples, implantées au Siège et dans ses Antennes régionales, sont ouvertes au public, y compris aux chercheurs.
Mais au-delà de ce satisfecit, la CDHC constate que des difficultés subsistent dans l’accès universel, équitable et effectif à l’information. Des difficultés qui, combinées à la circulation croissante d’informations fausses ou manipulées, peuvent affecter la capacité des citoyens à accéder à une information fiable et à participer de manière éclairée à la vie publique.
L’institution se dit demeurée préoccupée par “les réticences ou les lenteurs persistantes de plusieurs administrations à diffuser sans demande préalable, des informations officielles d’intérêt public. Cela crée un vide informationnel qui alimente rapidement les spéculations et la propagation de rumeurs en ligne.”
L’urgence d’une loi-cadre
La CDHC relève que parmi les 220 recommandations acceptées par l’État lors de l’adoption du Rapport du passage du Cameroun au 4e cycle de l’Examen périodique universel (EPU) le 26 mars 2024, deux sont relatives au droit d’accès à l’information. Dès lors, sa recommandation est claire et s’adresse directement au ministère de la Communication (MINCOM) : poursuivre la finalisation du cadre législatif général relatif à l’accès universel à l’information et soumettre au Parlement le projet de loi y afférent.
Un texte qui, selon la Commission, doit impérativement consacrer la publication proactive des informations d’intérêt public sans demande préalable, prévoir des procédures d’accès claires, des exceptions strictement encadrées ainsi que des voies de recours effectives.
Un appel salvateur qui, s’il est entendu, pourrait faire du Cameroun un modèle en matière de transparence et de lutte contre la désinformation sur le continent.
Oscar Abessolo


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