Déjà soumis à diverses interprétations, ce projet pilote dont le démarrage est annoncé pour le second trimestre de l’année de en cours, consiste en la construction de 50 bornes fontaines à Yaoundé, 50 autres à Douala et 10 dans chacune des délégations régionales de la Camwater. Dans un entretien accordé au Poste Nationale de la CRTV, le 18 janvier 2026, Dr. Blaise Moussa, Directeur Général de la Cameroon Water Utilities a éclairé les objectifs profonds et les atouts considérables de cette initiative, intrinsèquement liée à la vision présidentielle.

Face au défi de d’accès à l’eau potable pour une partie de sa population, le Cameroun, sous l’impulsion du Président de la République, S.E. Paul Biya, engage un projet pilote novateur visant à construire 200 bornes fontaines publiques. Cette initiative gérée par la Cameroun Water Utilities (CAMWATER), se veut un retour aux sources d’une solidarité nationale, garantissant que cette denrée essentielle touche jusqu’aux foyers les plus modestes et les zones les plus reculées. Le projet qui promet de transformer la dynamique d’accès à l’eau potable, s’inscrit dans la droite ligne de la décentralisation et de la démocratie d’accès à la ressource.
D’un point de vue stratégique, la répartition géographique de la construction de ces 200 bornes fontaines témoigne d’une volonté d’impacter aussi bien les grands centres urbains que les territoires plus étendus, adressant ainsi des besoins variés et souvent urgents. « Ce projet est le fruit de la solidarité recherchée par le Président de la République entre toutes les populations du Cameroun, des plus nanties jusqu’aux plus fragiles couches, les plus démunies et diminuées dans l’accès à l’eau potable », a expliqué Dr. Moussa. Il a souligné un paradoxe frappant : malgré des capacités de production d’eau considérables (1 250 000 m³ par jour, surpassant celles de la Côte d’Ivoire (800 000 m³/jour) ) le taux d’accès à l’eau potable au Cameroun reste à rattraper. Alors que seulement 600 000 ménages camerounais bénéficient de cette ressource, la Côte d’Ivoire en compte 2 millions. Ce fossé, Dr. Moussa l’a affirmé, ne saurait être comblé uniquement par les raccordements individuels aux robinets, une solution souvent inaccessible pour une partie de la population.

C’est dans cette optique que le concept de bornes fontaines publiques prend tout son sens. Il s’agit, selon le Directeur Général, de répondre à un appel du Président Paul Biya pour une véritable « démocratie d’accès à l’eau potable ». L’objectif est de permettre à ceux qui ne peuvent subvenir aux coûts des branchements privés de s’approvisionner auprès de ces points d’eau, évoquant ainsi un retour nostalgique et pragmatique à une « modalité solidaire » familière à bien des Camerounais durant leur enfance. Cet aménagement vise à assurer que l’eau, production nationale abondante et de qualité, devienne une réalité accessible pour tous, sans exception.
L’initiative s’aligne également avec les lois sur la Décentralisation de 2018 et suivantes, qui réaffirment le Cameroun comme un État unitaire décentralisé. La décentralisation se manifeste ici par une collaboration étroite avec les communes. CAMWATER ne décidera pas seule de l’emplacement des infrastructures ; cette tâche incombera aux municipalités, renforçant ainsi la gouvernance locale. CAMWATER se chargera de la construction selon les normes techniques les plus exigeantes, en remettant ensuite les ouvrages aux communes pour leur exploitation. L’objectif est un coût d’accès réduit pour les usagers et des facilités optimales, garantissant que le retour sur investissement ne soit pas uniquement financier, mais surtout social. L’eau potable publique devient ainsi une application concrète de la volonté du chef de l’État de rendre cette substance vitale disponible, y compris dans les zones les plus difficiles d’accès du pays.
Il est essentiel de préciser que la maintenance de ces bornes fontaines publiques est conçu de manière rigoureuse et distincte des forages artisanaux, qui manquent souvent d’expertise et de pérennité. Ces nouvelles infrastructures ne sont pas de simples robinets posés au hasard ; elles sont le prolongement direct des réseaux de production et de distribution de CAMWATER. Chaque borne fontaine sera équipée non pas d’un, mais de multiples points d’eau (jusqu’à six robinets), conçus avec une ingénierie solide, sécurisés et intégrés dans un aménagement paysager soigné. Pour leur entretien courant, des comités de développement locaux seront mis en place, impliquant activement les communautés dans la gestion de cette ressource précieuse. Cette approche est considérée comme une avancée majeure, complétant les efforts d’extension et de réhabilitation du réseau d’eau potable déjà en cours, faisant de ce projet un pilier de la politique nationale de l’eau.
Oscar Abessolo


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